Bouddhisme et soft power en Thaïlande

Regards géopolitiques 12(3), 2026

Manuel Litalien et Andréanne Brunet Bélanger

Résumé
Wang Huning (1993), en étudiant les écrits de Nye (1990) ainsi que l’influence de la Chine à l’étranger, avançait que la culture était l’une des principales sources du « soft power ». Dans le cas du pays du sourire, les exemples sont nombreux, notamment le bébé hippopotame Moo Deng, présenté comme ambassadeur culturel de la Thaïlande, ou encore la célèbre chanteuse Lisa Manobal, anciennement membre du groupe Blackpink, désignée comme un modèle du soft power. De plus, le Bureau du Conseil national de développement économique et social valorise ce terme dans son treizième plan national de développement économique et social (2023-2027). La culture est ainsi présentée comme moteur de promotion du pays. L’objectif est ici d’adopter cette approche afin d’aborder le rôle de la religion, particulièrement le bouddhisme, comme l’un des instruments à la disposition des autorités thaïlandaises pour renforcer leur visibilité sur la scène internationale. La récente visite au Bhoutan du roi Maha Vajiralongkorn Phra Vajiraklaochaoyuhua s’inscrit dans cette nouvelle forme de diplomatie dont l’objectif est de renforcer le capital politique et culturel du pays à l’étranger (Chachavalpongpun, 2024).

Mots-clés : soft power, bouddhisme, Thaïlande, diplomatie culturelle, diplomatie religieuse

Abstract
Wang Huning (1993), studying Nye’s (1990) writings and China’s international influence, argued that culture was one of the primary sources of “soft power.” In the case of the Land of Smiles, examples abound—from the baby hippopotamus Moo Deng presented as a cultural ambassador, to renowned singer Lisa Manobal, designated a model of soft power. Furthermore, the National Economic and Social Development Council promotes the concept in its 13th National Economic and Social Development Plan (2023–2027). Culture is thus presented as a driver of national promotion. This article examines the role of religion—particularly Buddhism—as one of the instruments available to Thai authorities for strengthening their visibility on the international stage. The recent visit to Bhutan by King Maha Vajiralongkorn Phra Vajiraklaochaoyuhua is emblematic of this new form of diplomacy aimed at reinforcing the country’s political and cultural capital abroad (Chachavalpongpun, 2024).

Keywords: soft power, Buddhism, Thailand, cultural diplomacy, religious diplomacy

Introduction

Comment aime-t-on se souvenir de la Thaïlande? Quelle est sa marque de commerce? Le pays évoque quelle émotion? La soie (Jim Thompson)? La danse (diplomatie de la danse thaïe) (Praditsilp et Pongsakornrungsilp, 2023)? La nourriture (gastro-diplomatie)? Les plages idylliques? Le sourire? L’accueil chaleureux? Sa vie nocturne? Sa médecine traditionnelle (massage)? Son système de santé moderne et universel? Ses contrastes? La boxe thaïe, par exemple, projette cette image d’une culture forte pouvant être associée à la sécurité nationale; cette image contraste avec celle du bouddhisme qui présente plutôt une culture pacifique et bienveillante, fondée sur des préceptes moraux stricts comme celui de bon karma.

La culture va bien au-delà de la tradition, c’est un pouvoir (Hall, 1997). Partant de cette affirmation, comment ce pouvoir se traduit-il en Asie, plus particulièrement en Thaïlande? La question de la diplomatie culturelle se trouve ainsi bien située au centre de l’analyse du soft power en Asie (Hagelstein, 2014; Winder, 2021). Le cas du pays du sourire reste plutôt dans l’ombre de pays comme la Chine ou encore celui de l’Inde qui sont plus souvent cités (Chachavalpongpun, 2024; Raymond, 2020; Pinyasin et Cheeppensook, 2025). Quels sont toutefois les ressorts de la diplomatie informelle pour des pays comme la Thaïlande?

La Thaïlande se retrouve au carrefour culturel entre ces deux immenses poids lourds du soft power sur la scène internationale, entre les Instituts Confucius et Bollywood. Comment le royaume parvient-il à se démarquer de ces géants? En effet, selon le Lowy Institute et son Asia Power Index (2025)[1], globalement, la Chine obtient un score de 73,7%, en deuxième place, alors que l’Inde est à 40%, en troisième place. La Thaïlande, quant à elle, se place au onzième rang à 20,1%, ce qui la place juste après la Malaisie (20,5%), dixième, ou encore l’Indonésie (22,4%), neuvième, Singapour (26,8%), huitième, ou la Corée du Sud (31,5%), septième. Le Japon, de son côté, obtient un score de 38,8%, le quatrième en importance. En termes de projection et d’influence culturelle, le pays du sourire ne décroche qu’un score de 25,6%, ce qui le positionne en neuvième place (Patton et Sato, 2025).

C’est dans ce contexte que cet article examine le rôle du bouddhisme comme vecteur central du soft power thaïlandais, en analysant ses dimensions politiques, culturelles et diasporiques dans un environnement géopolitique mondialisé.

  1. La dimension politique du soft power thaïlandais : le bouddhisme comme ressource d’influence

Variable souvent négligée voire carrément oubliée, le bouddhisme est indissociable du soft power en Thaïlande. Il est notamment inséparable du nationalisme thaï et il est encore aujourd’hui utilisé par les autorités politiques pour promouvoir le patriotisme (Tonsakulrungruang, 2021). Dans ce contexte, l’antipatriotisme, par exemple, est associé aux personnes qui insultent la religion, soit le bouddhisme, ou encore la monarchie, perçus comme témoignant d’un profond mépris envers la culture nationale et les institutions politiques traditionnelles du royaume. En effet, le bouddhisme est une ressource se situant au centre des produits culturels du pays dont l’objectif est de construire ses relations avec un public étranger (Praditsilp, 2019). Ce dernier point concerne notamment le secteur du tourisme, où l’on met en scène des images de moines bouddhistes thaïs, détenteurs d’une sagesse ancestrale, promoteur d’une sérénité intérieure et contributeur d’une société paisible, pacifique, voire démocratique. Les moines s’offrent comme porteurs du respect des droits et libertés favorisant le développement non seulement intérieur, mais aussi social. Le bouddhisme est également synonyme de vertu civique thaïlandaise, ainsi que de force démocratique (démocratie-dhammique) (Liogier, 2007), constituant un outil aux plusieurs fonctions, comme celui d’effectuer la promotion d’un citoyen spirituellement actif pour communiquer une certaine forme de sérénité politique fondée sur l’autonomie et la dépendance à soi (Niyom et Monboonliang, 2022). Il sert aussi de fondement de base pour l’économie de suffisance bouddhiste dont les valeurs phares sont le développement durable et la protection de l’environnement. Idéologie élaborée par le roi Bhumibol Adulyadej, Rama IX, dès 1974, elle a depuis été adoptée par les Nations Unies comme élément phare des Objectifs de développement durable (ODD) et de l’Agenda 2030.

Plusieurs questions méritent toutefois d’être soulevées dans un contexte du soft power mondialisé où la Chine cherche progressivement à étendre son influence culturelle en Asie du Sud-Est : la compétition est impitoyable. Le bouddhisme thaï devient ici non seulement une façon d’affirmer sa souveraineté territoriale et culturelle, mais aussi un outil pour renforcer le lien entre différentes nations à travers une diplomatie culturelle et religieuse (Zheng et Liu, 2024). Pourquoi alors s’intéresser au rôle du bouddhisme dans un contexte géopolitique et économique mondialisé? Pour attirer davantage de touristes? Ou serait-il question de promouvoir une certaine éthique bouddhique pour lutter contre les grands défis actuels, comme les changements climatiques, le développement durable, le néolibéralisme ou encore les menaces impérialistes grandissantes? La diplomatie bouddhiste thaïe peut-elle faire contrepoids à ces menaces du hard power?

Le pouvoir culturel du bouddhisme, c’est d’être en mesure d’établir des relations culturelles au-delà de ses propres frontières nationales et de soutenir des liens économiques et politiques. Par exemple, la popularité insoupçonnée des téléséries dramatiques thaïlandaises au Cambodge, au Myanmar et au Laos. Certaines comme The Believers apportent une critique du système de don bouddhiste, tout en faisant la promotion du bouddhisme. De plus, dans un contexte régional et mondial marqué par des tensions géopolitiques croissantes, la politique de la diplomatie culturelle bouddhique reste pertinente. Elle dépasse, en effet, largement l’industrie du tourisme en Thaïlande, bien que celle-ci soit importante, entre 14 et 16 milliards de dollars américains en 2022, plus de 35 millions de visiteurs en 2024 (TAT, 2024; Thailand Foundation, 2024). En effet, elle se transforme en une méthode d’influence et d’expression culturelle qui s’oppose à la diplomatie coercitive entre les puissances étatiques, misant sur l’attraction culturelle.

Souvent associée à la culture, la religion est une variable que Max Weber considérait comme prépondérante pour comprendre les phénomènes sociaux. En ce sens, impossible de dissocier efforts diplomatiques, relations internationales et système de valeurs religieuses bouddhiques en Thaïlande. En effet, dans une société où le bouddhisme reste fortement inscrit dans le tissu social, chaque citoyen bouddhiste devient potentiellement porteur du soft power bouddhique (Liogier, 2007). La question des perspectives devient ainsi essentielle, car il existe une diversité d’opinion sur la constitution du soft power thaï qui va bien au-delà du point de vue des autorités politiques ou religieuses, comme celui du clergé bouddhique. Les réponses seront à la fois divergentes et convergentes, dépendamment des contextes, des régions et aussi dépendamment des organisations bouddhiques ou des nouveaux mouvements bouddhistes. Le clergé en Thaïlande, en apparence homogène par sa centralisation et son orthodoxie, est en réalité complexe, et ce, malgré son institutionnalisation. En effet, il ne bénéficie pas d’un monopole sur la question du bouddhisme au royaume où subsistent des groupes bouddhistes marginalisés. La question de la projection, centrale au soft power, souligne aussi l’importance des exportations culturelles religieuses, mais aussi de la marque de commerce du bouddhisme (Thailand Foundation, 2024). Comment la choisir et aussi à travers quelle diversité et quel médium? Force est de constater que la diaspora thaïlandaise reste un important moteur de promotion de l’identité culturelle bouddhiste à l’international qui est également multiple.

Un des nombreux usages du bouddhisme comme instrument de soft power réside dans la manière dont le gouvernement thaïlandais mobilise sa diaspora. Domaine d’étude encore peu exploré et qui se concentre surtout sur la sécurité nationale, l’activisme des dissidents politiques, le flux migratoire temporaire ou encore sur les défis que représente le retour de cette diaspora au pays (Musikawong, 2009; Phongsiri et Thongyou, 2012; Niyomsilpa et al., 2018; Proyrungroj, 2024). Et pourtant, avec l’appui du Sangha Supreme Council et du National Office of Buddhism (NOB), l’État parraine des missions monastiques à l’étranger, incluant la construction et l’entretien de temples destinés aux communautés thaïlandaises (Kitiarsa, 2010; Dubus, 2018; Duangchai, 2018). D’après les données récentes, environ 360 temples bouddhistes thaïlandais sont répartis dans 27 pays (ECOI 2011). Ces initiatives ne se limitent pas à des fonctions religieuses : elles servent également de centres culturels et sociaux, offrant à la diaspora thaïlandaise des espaces de sociabilité, de soutien spirituel et de maintien des liens transnationaux avec la Thaïlande (Fresnoza-Flota, 2022; Härkönen, 2024). Par ailleurs, des programmes de formation pour des moines missionnaires (phra thammathut) sont organisés par le gouvernement et les institutions monastiques, afin d’assurer la transmission et la pérennité des pratiques bouddhistes et de la culture thaïlandaise dans les communautés diasporiques, notamment en Europe, en Amérique et en Asie (Kitiarsa, 2010). La croissance rapide de la diaspora thaïlandaise offre également une réflexion sur la capacité de produire et d’instrumentaliser une image de la Thaïté à divers fins culturels, économiques et politiques, bénéfique à la projection du soft power thaïlandais (Reynolds, 2001).

2. Quand le politique et le religieux se conjuguent : ancrages nationaux et projections internationales

2.1. Échelle nationale

Le soft power Thaïlandais peut compter sur un solide cadre politico-légal, celui de la Constitution. En effet, le chef de l’état, soit le roi, doit être bouddhiste selon la Constitution (Section 7) et protecteur de sa vitalité au royaume. Le Monarque occupe d’autres fonctions vitales, comme celui de défenseur des religions, ou encore commandant des forces de l’Armée thaïlandaises. L’État a également l’obligation de soutenir et de protéger le bouddhisme (Section 67). Le clergé et la monarchie se trouvent ainsi interreliés au royaume, où plus de 94% de la population se définit comme bouddhiste. Historiquement, la question du nationalisme étatique et du bouddhisme sont indissociables (Tonsakulrungruang, 2021). La continuité politico-historique se trouve dans ce contexte valorisé à travers la monarchie bouddhiste et les pratiques communautaires renforcées par le rôle du clergé bouddhique dans la culture politique. Ce cadre politico-légal thaï peut également s’exporter, puisqu’en 2018 le Cambodge s’inspire et adopte un article sur la protection de sa monarchie bouddhiste, semblable à l’Article 112 en Thaïlande. 

Un autre sujet passé sous silence, la contribution des projets royaux comme vecteur de développement économique bouddhiste nationale et internationale. Le marché du café, par exemple, prend sa source dans le soutien du monarque dès 1969, initié à l’époque par le roi Bhumibol Adulyadej et toujours soutenu par le roi actuel, et ce, afin de lutter contre la déforestation, la culture de l’opium, ou encore de la culture sur brûlis ou abattis- brûlis (slash-and-burn). Ce projet royal couvre plus de 22 zones de production de fèves de café dont la production annuelle dépasse les 16 000 tonnes. Le pays en 2023 se situait au 35ième rang des producteurs de café, donc loin derrière le Vietnam près de 2 millions de tonne ou encore de l’Indonésie (plus 700 000 tonnes). Toutefois, la Thaïlande se démarque par la production de produits de luxe, comme la marque de café Black Ivory[2], le seul café au monde raffiné par les éléphants.[3] Ainsi, en dégustant votre café du village Doi Chaang, à Chiang Rai, une initiative du secteur privé, ce dernier projet est malgré tout, issu de l’héritage et de l’influence bénéfique d’une économie de suffisance bouddhiste. Café disponible à North Bay, en Ontario, gage du caractère international de ce soft power de la Thaïlande. Par ailleurs, la Royal Project Foundation a plus de 4700 projets dont certains produits sont reconnus à l’étranger. 

La musique également instrument du soft power thaï est à l’occasion imprégnée du bouddhisme. Notons ici la chanson An Ever Lasting Light, paroles composées par James Flyn et musique par Keithen Carter, chantée par un groupe d’artistes de plus de 8 nations, en hommage au défunt roi Bhumibol (Rama IX). La vidéo refait surface chaque année le 13 octobre, date du décès du Monarque mondialement reconnu, comme en témoignent les plus de 1,5 millions vues sur YouTube. À ceci s’ajoutent aussi les nombreux visionnements sur les documentaires ou reportages de la vie du souverain.[4] Si les chansons sont en mesure de promouvoir des modes de vie, ou encore de socialiser dans différentes hiérarchies de valeurs (Alaminos Fernández, 2023), nous sommes ici en pleine diffusion du soft power culturel bouddhiste.

Le bouddhisme, pilier de l’identité nationale thaïlandaise et instrument de légitimation politique interne depuis l’ère de Vajiravudh, devient un levier transnational, car sa promotion auprès de la diaspora renforce indirectement l’influence culturelle et politique de l’État thaïlandais à l’étranger (Dubus, 2018). Outre le soutien direct aux temples et aux moines, la Thaïlande mobilise ses consulats et ambassades pour organiser des événements religieux et offrir des bourses d’études à des moines étrangers, renforçant ainsi les réseaux transnationaux bouddhistes (Kim, 2025). Ces initiatives permettent à la diaspora thaïlandaise de maintenir un sentiment d’appartenance religieuse et culturelle, tout en favorisant l’influence du bouddhisme et de la culture thaïe à l’échelle internationale. La religion devient ainsi à la fois un ancrage identitaire pour les Thaïlandais à l’étranger et un levier de soft power, consolidant l’image de la Thaïlande comme nation bouddhiste et facilitant l’intégration socioculturelle de sa diaspora (Srichan et al., 2024; Vertovec, 2004).

2.2. Échelle internationale

2.2.1. Les défis de l’image de marque bouddhiste dans un marché des religions mondialisé

Bien que le bouddhisme soit mondialisé et que le royaume n’ait pas de figure de proue comme celle du Dalaï-Lama, il cherche néanmoins à prendre sa place dans le marché des religions. La déterritorialisation des religions grâce à internet et à sa diaspora apporte son lot de défis pour le pays, lorsque celui-ci cherche à définir son image de marque (Nation branding) nationale. Le bouddhisme constitue néanmoins un instrument central du soft power thaïlandais et un outil diplomatique mobilisé à l’échelle internationale. Le gouvernement thaïlandais, en lien avec les institutions religieuses, s’appuie sur ce patrimoine spirituel pour renforcer ses relations internationales et bilatérales, tout en accroissant son influence culturelle. Par exemple, en 2024, le moine britannique Phra Ajahn Chayasaro (Ajahn Jayasaro) a reçu le Thailand’s Public Diplomacy Award pour sa contribution à la diffusion du bouddhisme theravada[5] au-delà des frontières nationales du pays. Celle-ci s’effectue à travers ses enseignements (dhamma talks), la publication d’ouvrages traduits en plusieurs langues et l’utilisation des médias numériques pour toucher un public global (Thailand Foundation, 2024).

2.2.2. La diplomatie bouddhiste bilatérale : ordinations, missions monastiques et coopérations

Par ailleurs, la Thaïlande organise des programmes d’ordination temporaire destinés aux étrangers. L’un des plus récents, d’une durée de trois mois, a accueilli 33 participants sri-lankais à Bangkok, dans le cadre du 70ᵉ anniversaire des relations diplomatiques entre le Sri Lanka et la Thaïlande (MFA Sri Lanka, 2025). Ces initiatives contribuent à la consolidation des liens bouddhistes transnationaux et illustrent le rôle du bouddhisme comme ciment des relations diplomatiques. Un autre exemple est celui du succès de programmes d’ordination temporaire au centre de méditation de la nonne Bhikkhuni Dhammananda (Wat Songdhammakalyani)[6] située à Nakhon Pathom, qui reçoit des candidates de plusieurs pays, comme la Chine, le Laos ou encore des États-Unis, pour n’en citer que quelques-uns, et qui a également récemment ordonné la célèbre actrice thaïe Janie Tienphosuwan. Cette nonne a notamment inspiré d’autres femmes dans les pays limitrophes.

En outre, la Thaïlande mobilise l’envoi de moines missionnaires (Dhammaduta), qui exercent des activités religieuses et sociales dans les pays hôtes, tout en servant de relais culturels et diplomatiques. Ce dispositif est utilisé à la fois pour promouvoir le bouddhisme, renforcer les relations avec d’autres pays bouddhistes et consolider la diplomatie bilatérale avec les États partenaires, comme l’illustre le tableau ci-dessous.

PaysActions du gouvernement thaïlandais / initiatives bouddhistesObjectifs
NépalOrdination de masse, plus de 1 250 novices ordonnés à Maya Devi, Lumbini en 2024 via la fondation Dhammakaya et moines Dhammaduta (Dhammakaya 2024).Honorer le Bouddha, revitaliser la tradition monastique locale, renforcer les liens entre bouddhistes thaïlandais et népalais (Dhammakaya, 2024).
BhoutanOffrande d’une relique sacrée de Bouddha au site de Buddha Dordenma, coopération institutionnelle avec l’International Buddhist Studies College et l’université de Tango, séminaires et bourses (PRD, 2025).Renforcer les liens spirituels et diplomatiques, promouvoir la coopération culturelle et académique (PRD, 2025; IBSC, 2024).
Sri LankaProgramme d’ordination temporaire de 3 mois pour 33 participants sri-lankais à Bangkok (Embassy of Sri Lanka 2025) ; discussions entre le National Office of Buddhism et l’ambassade sri-lankaise ; cérémonies conjointes et ensemencement de reliques (MFA Sri Lanka, 2021, 2025).Consolider la coopération culturelle et religieuse, renforcer l’identité theravada sri-lankaise, promouvoir les liens bilatéraux (MFA Sri Lanka, 2021, 2025).
IndeVisite d’une délégation spirituelle thaïlandaise en Gujarat en 2025 ; envoi et exposition de reliques sacrées ; exploration du patrimoine bouddhiste et développement du circuit de pèlerinage (ToI, 2025).Renforcer la coopération religieuse et culturelle, développer le tourisme et les pèlerinages bouddhistes internationaux (ToI, 2025).

Tableau 1 : Initiatives bouddhistes de la Thaïlande dans le cadre de sa diplomatie internationale par les auteur-es.

Ces initiatives dépassent la seule sphère religieuse : elles favorisent également les échanges interculturels et consolident les liens institutionnels. Des discussions régulières entre le National Office of Buddhism (Bureau national du bouddhisme thaïlandais) et les représentants d’États étrangers visent à formaliser et approfondir ces coopérations religieuses et culturelles (Pinyasin et Cheeppensook, 2025; Mahaveeriyo, 2005; Satasut, 2019).

2.2.3. La Thaïlande comme pôle des réseaux bouddhistes mondiaux : le UN Vesak

À un niveau plus large, la Thaïlande bénéficie d’une visibilité et d’une légitimité accrues au sein des réseaux bouddhistes mondiaux : le président de la World Alliance of Buddhists (2026), Ven. Dr. Pornchai Palawadhammo, est thaïlandais, et une autre organisation importante, l’International Network of Engaged Buddhists (INEB), basée à Bangkok, relie des religieux, activistes et éducateurs autour d’enjeux globaux tels que les droits humains ou la justice environnementale (Ato-Carrera, 2022). Ces instances témoignent du rôle pivot joué par la Thaïlande dans l’internationalisation du bouddhisme et sa capacité à transformer une tradition spirituelle en levier diplomatique.

Toujours dans cette optique de visibilité accrue, en 1999, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution pour reconnaître et célébrer la contribution du Bouddha et des bouddhistes du monde entier. Le Gouvernement royal thaï et l’Université Mahachulalongkornrajavidyalaya ont été les hôtes de cette célébration d’envergure plus de 15 fois en 26 ans. Le rayonnement de cet événement est ainsi indissociable de l’engagement du royaume dans sa promotion. La célébration du Vesak des Nations Unies rassemble des leaders politiques nationaux (chefs d’État; représentants des Nations Unies; des ambassadeurs) et des délégués internationaux. Ces rencontres peuvent rassembler plus de 2000 participants en provenance de 80 pays.

En Thaïlande, l’organisation repose sur la coordination et le soutien d’une multitude d’acteurs, comme le Département des affaires religieuses, le National Office of Buddhism (NOB), l’International Association of Buddhist University (IABU), et le Sangha Supreme Council. Ce succès repose essentiellement sur une étroite collaboration entre le gouvernement thaï et le clergé bouddhiste. La célébration consolide ainsi la diplomatie bouddhiste thaïe comme soft power par sa nature collaborative et par l’alignement des intérêts communs transnationaux. Le pays démontre qu’il a aussi les capacités financières pour effectuer la promotion des idéaux du bouddhisme à l’international.

Le fait d’accueillir un tel événement positionne et améliore le capital diplomatique culturel du pays. Puissance douce et non coercitive, cette célébration d’envergure renforce le réseau mondial du bouddhisme et le concentre à Bangkok. L’intention est d’attirer un public mondial et de devenir un pôle incontournable du soft power culturel religieux bouddhiste. La Thaïlande devient ainsi non seulement un promoteur et un protecteur de la culture thaïlandaise, mais aussi du bouddhisme. Cela permet aussi de constituer un moment clef pour promouvoir des solutions bouddhistes aux problèmes des sociétés contemporaines, mais aussi pour publiciser des sites touristiques bouddhistes.[7] Le royaume a ce qu’il faut pour impressionner, puisqu’il abrite également l’un des temples bouddhistes les plus grands au monde, la Dhammakaya. Les monuments et les lieux comme le temple blanc (Wat Rong Khun) ou encore le temple du Bouddha d’émeraude constituent des instruments de soft power au service de l’État qui sert à renforcer des liens culturels communs à travers les participants à la UN Vesak. C’est une façon d’assurer une présence panasiatique et de favoriser une exportation culturelle.

Le domaine d’étude en soft power cherche à comprendre comment les acteurs étatiques utilisent le « capital religieux » pour garantir leurs besoins, qu’ils soient politiques, sociaux et économiques, afin de garantir leurs intérêts géopolitiques (Laliberté, 2013). Au-delà de la UN Vesak, la Thaïlande abrite d’importants acteurs bouddhistes internationaux comme The World Fellowship of Buddhist (WFB) situé à Bangkok. 

Fig. 1.: Image du Bouddha au sommet du dôme du bâtiment de méditation, 2024.

Source: site de la Dhammakaya Media Network (DMC) / Global Buddhist Network (GBN), https://www.dmc.tv/wallpaper/169

Fig. 2. Jour de la Terre : Cérémonie religieuse de la Dhammakaya, 22 avril 2024.

Source: site de la Dhammakaya Media Network (DMC) / Global Buddhist Network (GBN), https://www.dmc.tv/wallpaper/175

2.2.4. Le bouddhisme thaï et l’ANASE : entre ambition régionale et diversité religieuse

À l’international, la Thaïlande a été un important promoteur de l’héritage bouddhiste en Asie du Sud-Est, mais aussi l’un des instigateurs du Bouddhisme comme pilier religieux et de valeurs identitaires communes au sein de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE). Cette idée reposerait sur le fait que des pays comme le Myanmar, le Laos, le Cambodge, Singapour, et le Vietnam, ont tous le bouddhisme comme majorité religieuse. Même l’Indonésie, à majorité musulmane, possède le temple Borobudur, une des plus imposante construction bouddhiste au monde et lieu de pèlerinage pour les bouddhistes. Il reste à ce jour l’un des monuments les plus visités en Indonésie. Toutefois, au sein de l’Association, plus de 42% de sa population est musulmane, donc dans sa quête identitaire, l’ANASE reconnaît aujourd’hui plutôt l’importance de la diversité religieuse au sein de ses membres.

2.2.5. L’économie de suffisance et la diplomatie royale : le bouddhisme en dehors du religieux

            L’intégration du bouddhisme thaï comme soft power au système international ainsi que sa promotion ne sont pas toujours évidentes. Prenons le système de l’économie de suffisance (ES) : en 2024, le ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Maris Sangiampongsa, a présenté l’importance de cette philosophie et de la lutte contre la criminalité transnationale comme voies vers le développement durable lors du Sommet de l’avenir des Nations Unies. Le cadre de l’ES a été présenté comme un outil permettant de bâtir un avenir commun pour le monde. L’objectif : créer un cadre mondial prenant en compte les intérêts des pays en développement, tout en promouvant l’autonomisation des jeunes afin qu’ils puissent façonner l’avenir auquel ils aspirent. Dans ce contexte, l’économie de suffisance (ES) devient un appel à la promotion d’une économie bouddhiste, formulée par le défunt et vénéré roi de Thaïlande Bhumibol Adulyadej (Mongsawad, 2010). La philosophie de l’ES témoigne de la façon dont le bouddhisme peut être au premier plan des relations internationales, sans se présenter dans un contexte religieux. Elle corrobore également l’idée avancée par certains chercheurs selon laquelle la religion est un élément négligé des relations internationales (Fox, 2001) et de la diplomatie culturelle.

            Le soft power repose aussi sur une autre initiative de la diplomatie bouddhiste, inséparable de la diplomatie royale. Les rencontres entre familles royales au pays, ainsi que la richesse des cérémonies et rituels royaux célébrés au courant de l’année, témoignent d’un héritage durable. Ce sujet touche au tourisme religieux subventionné par les autorités en Thaïlande et s’inscrit dans une volonté d’obtenir une reconnaissance internationale. Bien valorisé auprès des touristes, par exemple la procession des barges royales, confirme la richesse culturelle du royaume auprès du public, tout en éduquant sur le caractère semi-divin du roi bouddhiste, et projette une image de celui-ci comme chef de la nation respecté et vénéré.

2.2.6. La Thailand Foundation et la diplomatie publique bouddhiste

Fondation philanthropique bouddhiste comme lieu du soft power thaï, la Thailand Foundation est un bon exemple (Kittisareekul et YossananKaeokomonman, 2025; Charoenvattananukul, 2023; Thailand Foundation, 2024).[8] L’emblème de la fondation est le temple Arun, lieu historique datant de royaume d’Ayutthya, jadis la plus haute construction de Bangkok. La devise de la Fondation est de « rapprocher les gens par la bonne volonté et l’amitié », et son objectif est la compréhension mutuelle et la coopération entre la Thaïlande et le reste du monde en favorisant la création de synergie et de nouvelles amitiés. Pour y arriver, l’organisation compte sur la promotion de la Thaïté (Thainess), c’est-à-dire le respect, la compassion et l’ouverture. Rappelons que la Fondation est à l’origine une initiative du ministère des Affaires étrangères dès 2007. L’organisation décrit l’un de ses quatre piliers comme étant la promotion de valeurs spirituelles, de la méditation et du Bouddhisme. La méditation est définie comme un outil pour prendre soin de la santé mentale, pour améliorer la concentration au quotidien et pour venir en aide aux personnes souhaitant relever les défis de la vie moderne. La stratégie de diplomatie publique de la Fondation repose sur la constitution progressive d’une base de passionnés de la Thaïlande à l’étranger. L’objectif : susciter l’amour et l’admiration du pays au-delà de ses frontières (Kittisareekul et YossananKaeokomonman, 2025; Charoenvattananukul, 2023). La Fondation attribue au Bouddhisme les traits de personnalité qui ont façonné les Thaïs, soit leur générosité, leur gentillesse (toujours prêts à aider leur prochain), leur hospitalité légendaire, et la priorisation du bien-être de l’autre. Ces comportements seraient, toujours selon la Fondation, le résultat de principes bouddhistes reposant sur les notions de compassion et du système de mérites.

2.2.7. Au-delà du clergé : voix dissidentes et bouddhisme socialement engagé

            Qu’est-ce que le Bouddhisme dans un contexte de soft power en Thaïlande? La question se pose puisque son rayonnement dépasse largement l’orthodoxie du clergé. En 2019, la BBC nomme la nonne bouddhiste thaïe Dhammananda Bhikkhuni comme l’une des 100 femmes les plus inspirantes et influentes au monde. Cette nouvelle crée une onde de choc au royaume, puisqu’elle est la première femme au pays à avoir été ordonnée dans la tradition bouddhiste théravadine au Sri Lanka. Elle complète un tour de force du côté de la Thaïlande également, car elle est la première thaïe à recevoir cette ordination complète, qui est toujours proscrite au pays. Puisque son mouvement d’émancipation milite pour l’égalité des genres dans le bouddhisme theravada, elle attire la sympathie des femmes dans toute l’Asie du Sud-Est et l’admiration des femmes du monde entier. Ses écrits révolutionnent aussi non seulement par sa réinterprétation du canon bouddhique, mais par son engagement à protéger l’environnement. Elle est une figure de proue du Bouddhisme socialement engagé, au même titre que Sulak Sivaraksa (INEB). Co-fondatrice de Sakyadhita International, l’Association internationale de femmes bouddhistes, cette alliance travaille à l’égalité des sexes au sein du Bouddhisme partout sur la planète. Sa communauté à Nakhon Pathom attire des fidèles du monde entier. Conférencière de renom, elle parcourt non seulement le globe pour faire la promotion du Bouddhisme, mais elle répond à chaque année aux nombreuses sollicitations de médias thaïs ou étrangers.

Conclusion

Comme mentionné précédemment, les autorités politiques et religieuses au royaume ont choisi de miser sur un message d’éthique bouddhique, plutôt que sur la promotion de moines en particulier. L’apport est plutôt du côté des centres de méditation et la contribution du Bouddhisme au bien-être psychologique et physique. Stratégie importante puisqu’elle permet de maintenir une solide association entre bouddhisme thaï et soft power qui transcende les scandales qui secouent le clergé à l’occasion (Mme Golf; fermeture du Temple des tigres (Wat Pha Luang Ta Bua Yannasampanno), ou encore celui du temple Wat Phrabatnampu du moine Luang Phor Alongkot).

À long terme, afin de préserver la pertinence de l’approche thaïlandaise du soft power, Moonsarn (2025) suggère d’aller au-delà d’une simple instrumentalisation du secteur culturel. Il formule ainsi plusieurs recommandations, qui consistent notamment à « dépasser une gestion bureaucratique de la culture », à « mettre en place des politiques favorisant les écosystèmes créatifs à partir de la base », à « renforcer la capacité des communautés à créer », et enfin à « s’abstenir d’imposer une définition normative de la culture ».

En contraste, Zheng et Liu (2024) avancent que le bouddhisme occupe une place centrale dans la diplomatie culturelle en contribuant à l’avancement des objectifs nationaux à travers l’engagement culturel. Donc cette idée de la gestion bureaucratique de la culture comporte aussi ses avantages, et pas seulement des inconvénients, contrairement à ce que soutient Moonsarn (2025). La diplomatie culturelle consiste ici à promouvoir les intérêts d’un pays en participant à des échanges culturels (Winder, 2021). Elle favorise le développement d’une diplomatie bouddhique, domaine encore peu étudié, mais appelé à prendre de l’importance alors que de nouveaux agencements géopolitiques se dessinent à l’horizon en Asie du Sud-Est, région prise entre les intérêts grandissant de la Chine, de l’Inde, des États-Unis et de la Russie (Chia, 2026; Pinyasin et Kasira Cheeppensook, 2025).

Dans ce contexte de rivalité d’influence, de tension et de restructuration d’allégeances politiques, les temples agissent à la fois comme un vecteur de diplomatie culturelle et comme catalyseur d’interactions culturelles internationales. Ils occupent ainsi le double rôle de promotion de la paix et de compétition géopolitique. L’instrumentalisation du Bouddhisme permet alors à la fois une reconnaissance institutionnelle et culturelles à l’étranger et une consolidation des réseaux de soutiens transnationaux.

Par conséquent, le bouddhisme thaï se présente comme un instrument diplomatique favorisant non seulement des contacts, mais comme un outil de choix pour convaincre les opinions publiques étrangères. Par sa vitalité en Thaïlande, les multiples facettes du soft power bouddhiste rassemblent la diplomatie publique et culturelle du royaume, lesquelles s’ancrent dans les traditions nationales de promotion culturelle et dans le positionnement du pays sur la scène internationale.

Selon Apinan Thasuthorn, la diplomatie culturel Thaïe se résume essentiellement à l’aide universitaire, aux formations et aux bourses, aux coopérations en matière de bouddhisme et à l’enseignement du thaï (Kietigaroon, 2020). Cependant, comme le démontre cette étude, la réalité semble plus complexe, comme lorsque certaines compagnies chinoises confirment que la raison pour laquelle elles ont choisi de s’établir en Thaïlande était liée à la culture pacifique façonnée par le Bouddhisme. Encore une fois, notre analyse soutient qu’il existe une simplification de la contribution du Bouddhisme au soft power au pays et qu’il faut l’inscrire dans un cadre et une réalité beaucoup plus nuancée, comme le suggère le récent ouvrage Figures of Buddhist Diplomacy in Modern Asia (Chia, 2026).

Références

Alaminos Fernández, Antonio Francisco (2023). « La Musique Populaire Comme Soft Power Culturel ». OBETS Revista de Ciencias Sociales, 18 (1) : 17-36. https://doi.org/10.14198/obets.23907.

Asia Power Index (2024). Comprehensive Power: A Country’s Weighted Average Across Eight Measures of Power. https://power.lowyinstitute.org/data/power. Consulté le 7 avril 2026.

Ato-Carrera, M. (2022). The International Network of Engaged Buddhists – INEB. Database of Religious History. Vancouver, University of British Columbia. https://religiondatabase.org/browse/877. Consulté le 4 avril 2026.

Charoenvattananukul, Peera (2023). « Window‑dressing Policy: Thailand’s Misuse of Soft Power as Cursory Practice ». Asian Politics & Policy, 15 (2) : 295-313. https://doi.org/10.1111/aspp.12688.

Chia, Jack Meng-Tat, dir. (2026). « Introduction: What Is Buddhist Diplomacy? » Dans Figures of Buddhist Diplomacy in Modern Asia. Bloomsbury Academic.

Dhammakaya (2024, 20 mars). The mass ordination of 1,250 novices in Nepal. https://en.dhammakaya.net/the-mass-ordination-of-1250-novices-in-nepal/.    

Duangchai, Phra Soravit (2018). « Strategic Management in Disseminating Buddhism of Thai Buddhist Missionary Monks ». Mahachulalongkornrajavidyalaya University. https://www.mcu.ac.th/article/detail/256. Consulté le 4 avril 2026.

Dubus, Arnaud (2018). Buddhism and Politics in Thailand. Institut de recherche sur l’Asie du Sud-Est contemporaine. https://doi.org/10.4000/books.irasec.2951.

ECOI (2011). « 2011 International Religious Freedom Report: Thailand ». Document 1225949. ACCORD. https://www.ecoi.net/en/document/1225949.html

Embassy of Sri Lanka, Bangkok (2025, 8 juillet). Sri Lanka and Thailand Consolidates Theravada Buddhist Ties. https://bangkok.embassy.gov.lk/strengthening-buddhist-relations-temporary-ordination-programme-for-sri-lankans-marks-70-years-of-sri-lanka-thailand-diplomacy/.

Fox, Jonathan (2001). « Religion as an Overlooked Element of International Relations ». International Studies Review, 3 (3) : 53-73. https://doi.org/10.1111/1521-9488.00244.

Fresnoza-Flota, Asuncion (2022). « Multiform Transmission and Belonging: Buddhist Social Spaces of Thai Migrant Women in Belgium ». Frontiers in Psychology, 23 décembre 2022. https://doi.org/10.3389/fpsyg.2024.1354068.

Hagelstein, Marianne (2014). Soft Power et Diplomatie Culturelle. Paris, Harmattan.

Hall, Stuart, Lynne Segal et Peter Osborne (1997). « Stuart Hall: Culture and Power ». Radical Philosophy, 086, novembre/décembre 1997, p. 24-41.

Härkönen, M. (2024). « A Mini Home Far Away from Home: The Thai Temple and Women’s Sense of Safety in Finland ». Frontiers in Psychology, 15 : 1354068. https://doi.org/10.3389/fpsyg.2024.1354068.

International Buddhist Studies College (IBSC) (2024, 4 juillet). Buddhism Beyond Borders. https://www.ibsc.mcu.ac.th/post/buddhism-beyond-borders. Consulté le 7 avril 2026.

Kietigaroon, Natdanai (2020). Thailand as a Performative State: An Analysis of Thailand’s Cultural Diplomacy towards the People’s Republic of China. Mémoire de maîtrise, Chulalongkorn University.

Kim, Seung Soo (2025). « Religion, Migration, Mediation: The Transnational Lives of Thai Religious Imaginaries in South Korea ». Religions, 16 : 748. https://doi.org/10.3390/rel16060748.

Kitiarsa, Pattana (2010). « Missionary Intent and Monastic Networks: Thai Buddhism as a Transnational Religion ». Sojourn: Journal of Social Issues in Southeast Asia, 25 (1) : 109-132. http://www.jstor.org/stable/41308138

Kittisareekul, Sidanuch et Yossanan Kaeokomonman (2025). « The Role of Thai Foundations in Promoting Soft Power through Public Diplomacy ». Ramkhamhaeng International Journal of Science and Technology, 8 (1) : 22-36.

Laliberté, André (2013). « The Growth of a Taiwanese Buddhist Association in China: Soft Power and Institutional Learning ». China Information, 27 (1) : 81-105.

Liogier, Raphaël (2013). « Existe-t-il un “soft power” religieux ? ». Revue internationale et stratégique, 89 (1) : 137-145.

Mahaveeriyo, P. (2005). A study of the propagation of Buddhism by Phra Rajarattana Rangsi (Weerayut Wirayuttho) as a regular Thai missionary ambassador in India. Mémoire de maîtrise, Mahachulalongkornrajavidyalaya University. https://e-thesis.mcu.ac.th/thesis/2669.

Ministry of Foreign Affairs of Sri Lanka (MFA Sri Lanka) (2021, 24 novembre). Sri Lanka and Thailand Consolidates Theravada Buddhist Ties. https://bangkok.embassy.gov.lk/sri-lanka-and-thailand-consolidates-theravada-buddhist-ties

Ministry of Foreign Affairs of Sri Lanka (MFA Sri Lanka) (2025, 11 juillet). Strengthening Buddhist Relations: Temporary Ordination Programme for Sri Lankans marks 70 Years of Sri Lanka–Thailand Diplomacy. https://mfa.gov.lk/en/strengthening-buddhist-relations-temporary-ordination-programme-for-sri-lankans-marks-70-years-of-sri-lanka-thailand-diplomacy/.

Mongsawad, Prasopchoke (2010). « The Philosophy of the Sufficiency Economy: A Contribution to the Theory of Development ». Asia-Pacific Development Journal, 17 (1) : 123-143.

Moonsarn, Kittiya (2025). « The Thai Government’s National Soft Power Strategy: Impact on Cultural Groups in Chiang Mai ». ISEAS Perspective, 44 : 1-11.

Musikawong, Sudarat (2009). « On Thai Transnational Subjectivity ». Manusya: Journal of Humanities, 12 (4) : 86-102. https://doi.org/10.1163/26659077-01204007.

National Office of Buddhism (NOB) (s.d.). About the Office. https://www.onab.go.th/th/page/item/index/id/10. Consulté le 4 avril 2026.

Niyom, Prapapat et Pongnarin Monboonliang (2022). « Reflecting of the Two Significant Consciousnesses Inherited in Thai Society ». International Journal of Educational Research, 115 : 102016. https://doi.org/10.1016/j.ijer.2022.102016.

Niyomsilpa, Sakkarin et al. (2018). « Transnational Migration Between Thailand and Europe ». Dans P. Pitkänen et al. (dir.), Characteristics of Temporary Migration in European-Asian Transnational Social Spaces. Springer. https://doi.org/10.1007/978-3-319-61258-4_5.

Nye, Joseph S. (1990). « Soft Power ». Foreign Policy, 80 : 153-171. https://doi.org/10.2307/1148580.

Patton, Susannah et Jack Sato (2025). 2025 Key Findings Report. Lowy Institute Asia Power Index.

Phongsiri, Monchai et Maniemai Thongyou (2012). « Thai Diaspora: What Happens When They Return ‘Home’? ». Journal of Population and Social Studies, 21 (1) : 59-69.

Pinyasin, Natsit et Kasira Cheeppensook (2025). « The Role of Dhammaduta Bhikkhus in the Interaction with Thai Cultural Diplomacy toward India ». Journal of Thai Studies, 21 (1). https://doi.org/10.58837/CHULA.JTS.21.1.3.

Praditsilp, Wasin (2019). Crafting Soft Power in Thailand. Thèse de doctorat, Macquarie University.

Praditsilp, Wasin et Siwarit Pongsakornrungsilp (2024). « Thai Dance Diplomacy: Thai Government Communication Strategies for Building Soft Power through Staging Thai Performances Abroad ». Journal of International Communication, 30 (1) : 84-110. https://doi.org/10.1080/13216597.2023.2279311.

Proyrungroj, Raweewan (2024). « Strangers in Their Homeland: Reverse Culture Shock Experiences of First-Generation Diaspora Thai Tourists ». Tourism: An International Interdisciplinary Journal, 72 (1) : 70-81. https://doi.org/10.37741/t.72.1.6.

Raymond, Gregory V. (2020). « Religion as a Tool of Influence: Buddhism and China’s Belt and Road Initiative in Mainland Southeast Asia ». Contemporary Southeast Asia, 42 (3) : 346-371. https://doi.org/10.1355/cs42-3b.

Reynolds, Craig J. (2001). « Globalisers vs Communitarians: Public Intellectuals Debate Thailand’s Futures ». Singapore Journal of Tropical Geography, 22 (3) : 252-269. https://doi.org/10.1111/1467-9493.00109

Satasut, Prakirati (2019). Monastic Activism and State-Sangha Relations in Post-2014 Coup Thailand. Thèse de doctorat, University of Wisconsin-Madison.

Srichan, P. D. et al. (2024). « The Soft Power of Buddhism: Fostering Social Harmony and Cultural Identity in Thai Society ». The Journal of International Buddhist Studies College, 10 (1-2) : 301-319. https://so03.tci-thaijo.org/index.php/ibsc/article/view/280168.

The Economist (2002). « Thailand’s Gastro-Diplomacy; Food as Ambassador ». The Economist (Londres), 362 (8261).

The Government Public Relations Department (PRD) (2025, 27 avril). Their Majesties the King and Queen Present Holy Buddha Relic to Bhutan. https://thailand.prd.go.th/en/content/category/detail/id/44/iid/384657. Consulté le 7 avril 2026.

Thailand Foundation (2024, 23 décembre). Phra Ajahn Chayasaro Receives 2024 Thailand’s Public Diplomacy Award. https://thailandfoundation.or.th/phra-ajahn-chayasaro-or-phra-brahmapacharayanamuni-receives-2024-thailands-public-diplomacy-award/. Consulté le 4 avril 2026.

Times of India (2025, 18 juin). « Thai Spiritual Delegation to Explore Buddhist Heritage in Gujarat ». https://timesofindia.indiatimes.com/city/ahmedabad/thai-spiritual-delegation-to-explore-buddhist-heritage-in-gujarat/articleshow/121936174.cms. Consulté le 7 avril 2026.

Tonsakulrungruang, Khemthong (2021). « The Revival of Buddhist Nationalism in Thailand and Its Adverse Impact on Religious Freedom ». Asian Journal of Law and Society, 8 (1) : 72-87. https://doi.org/10.1017/als.2020.48.

Tourism Authority of Thailand (TAT) (2024). Thailand Welcomes Over 35 Million Visitors in 2024. https://www.tatnews.org/2024/12/thailand-welcomes-over-35-million-visitors-in-2024-a-milestone-paving-the-way-for-2025/. Consulté le 7 avril 2026.

Vertovec, Steven (2004). « Religion and Diaspora ». Dans Peter Antes, Armin W. Geertz et Randi Ruth Warne (dir.), New Approaches to the Study of Religion, vol. 2. Berlin, De Gruyter.

Wang Huning (1993). « Zuowei Guojia Shili de Wenhua: Ruan Quanli » [Culture as National Power: Soft Power]. Fudan Daxue Xuebao [Journal of Fudan University], 3 : 23-28.

Werstler, Matthew (2025). « Musicking and Identities in and from Religious Places of Thai Diasporas in Chicagoland ». Journal of Urban Cultural Research, 30 : 188-206. https://doi.org/10.14456/jucr.2025.12.

Winder, Robert (2021). Soft Power: The New Great Game for Global Dominance. Little, Brown Book Group.

World Alliance of Buddhists (s.d.). President Profile. https://www.wabhq.org/president. Consulté le 4 avril 2026.

Zheng, Dongxiao et Yaoping Liu (2024). « China–Thai Cultural Diplomacy Through the Buddhist Wat: A Case Study of the Thai Wat in Chaozhou Kaiyuan Si, Guangdong ». Religions, 15 (1365) : 1-13. https://doi.org/10.3390/rel15111365.


[1] Évalué selon huit mesures : capacité économique, militaire, résilience, ressources à venir, relations économiques, réseaux de défense, influence diplomatique et finalement influence culturelle. Voir : https://power.lowyinstitute.org/data/power.  Consulté le 7 avril 2026.

[2] https://blackivorycoffee.com

[3] C’est l’un des cafés les plus rares, le plus prisé et le plus cher (2000 $US le kilo) avec 500 tonnes de production seulement annuellement. La raison est que les graines de café Arabica sont consommées par les éléphants et récupérées dans leurs excréments.

[4] À noter également le maintien de la fête des pères le 5 décembre, date de naissance du Roi Bhumibol par son fils, le roi actuel Vajiralongkorn.

[5] Le bouddhisme se divise en trois grandes écoles ou courants, soit le Theravada (voie des anciens), le Mahayana (Grand Véhicule) et le Vajrayana (Véhicule de Vajra (foudre, diamant). La religion prédominante en Thaïlande est le bouddhisme theravada.

[6] https://www.songdhammakalyani.com. Consulté le 7 avril 2026.

[7] Quelques exemples : Temple du Bouddha d’émeraude (Wat Phra Kaew), le temple de marbre (Wat Benchamabophit), le temple du Bouddha couché (Wat Pho), le Grand Bouddha d’Ang Thong (statue de plus de 92 mètres du Bouddha), le Phra Pathom Chedi ou encore le Park Phutthamonthon.

[8] Voir : https://thailandfoundation.or.th/about-us. Consulté le 5 avril 2026.

Laisser un commentaireAnnuler la réponse.