La diplomatie du masque et du vaccin : nouvel atout de soft ou de hard power pour Pékin ?

RG v7 n2, 2021

Pauline Bonnet

Pauline Bonnet est étudiante en Géopolitique et Relations Internationales à l’Université Catholique de Paris au sein du parcours Sécurité Défense. Elle se spécialise sur la place de la Chine au sein de l’ordre internationale et plus globalement sur la région asiatique.

Résumé : La crise pandémique de la Covid-19 semble avoir défini les grands enjeux de l’année 2020. Débutée sur le territoire chinois, la République Populaire de Chine a été mise sur le devant de la scène dès le début de la pandémie mondiale. Entre les critiques des pays occidentaux face au manque de transparence, les mensonges du Parti Communiste Chinois et les discours de Xi Jinping prônant une gestion multilatérale de la crise sanitaire, Pékin a tenté de mettre en place une réelle stratégie de soft power à travers la diplomatie du masque et d’envoi d’aide médicale.

Mots-clés : soft power, Chine, Organisation Mondiale de la Santé, diplomatie des masques, pandémie de la Covid-19, Nouvelles Routes de la soie.

Summary: The year 2020 has been challenged by many issues but the crisis of Covid-19 mostly challenged it. Beginning in China, the People’s Republic of China has been in the spotlight since the beginning of the pandemic. Between the critics of Western States due to the lack of transparency and the lies of the Communism Party of China and, at the opposite, Xi Jinping’s speeches advocated a multilateral way of management, Pekin tries to define a real strategy of soft power in order of regilding its image. China’s Mask Diplomacy becomes a real soft power strategy during the time of the pandemic of Covid-19.

Keywords: China, Mask Diplomacy, pandemic of Covid-19, Belt and Road Initiative, World Health Organization, soft power.

Alors que Washington menait les démarches pour quitter l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et renforcer, de ce fait, son désintérêt pour une gestion multilatérale de la crise sanitaire, Pékin a décidé de ne pas rester silencieux pendant la crise de la Covid-19 (Le Monde avec AFP, 2020). Le gouvernement chinois a cherché à promouvoir sa vision du système international en mettant au point une réelle stratégie d’influence. « Diplomatie du masque, dons de vaccins, envoi d’aides médicales », les termes employés se multiplient pour décrire l’activisme de ce qui semble être la nouvelle puissance du 21ème siècle. Le « virus chinois », comme désigné par l’ex-président des États-Unis, Donald Trump, débuté en Chine en janvier 2020, a valu à la nouvelle puissance d’être mise sous les feux des projecteurs. De ce fait, la Chine a également essuyé des critiques, souvent négatives, quant à son manque de transparence et sa gestion de l’épidémie jugée malhonnête par les pays occidentaux. La Chine et son soft power ont été confrontés au scepticisme et aux critiques des puissances occidentales malgré la bonne volonté de Xi Jinping de promouvoir le multilatéralisme et de résoudre cette crise « tous ensemble ». Les normes et traités internationaux, conclus par le droit international depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale pour fonder notre système international, prennent une force obligatoire une fois ratifiés par les États.  Néanmoins, à l’image de Pékin concernant son manque de transparence sur la gestion initiale de l’épidémie et de son annonce tardive du virus de la Covid-19, certains États décident de ne pas le suivre. Le règlement sanitaire de l’OMS et plus précisément son article 6, paru en 2005 et ratifié par la Chine, implique que chaque État dispose de 24 heures pour avertir l’organisation « en cas d’évènement pouvant constituer une urgence sanitaire de santé publique de portée internationale »[1]. Ce règlement est un instrument juridique international qui a une force obligatoire dans les 196 pays du monde l’ayant ratifié. Toutefois, la capacité du gouvernement chinois à résister aux pressions des organisations internationales ainsi qu’à ne pas tenir compte des normes internationales a rendu la mise en place de sanctions internationales difficilement envisageable. Aussi, la difficulté de l’OMS à se rendre en Chine pour enquêter sur les origines de la pandémie traduit la faiblesse du droit international et des instances mondiales à imposer leur règlement. Cela témoigne également de la puissance de Pékin quant à sa capacité à influencer l’agenda mondial.

Ainsi, depuis un an, le Parti Communiste Chinois (PCC), cherche à se positionner, non comme le responsable de cette crise sanitaire, mais comme le sauveur.  La diplomatie des maques, entrepris par Xi Jinping, semble s’inscrire dans une véritable stratégie de soft power visant à redorer l’image de Pékin. De ce fait, deux camps se distinguent : celui devenu encore plus critique face à cet activisme chinois, principalement les pays occidentaux, et à l’opposé, les pays se réjouissant, ou n’ayant d’autres choix que de se réjouir, de l’entraide chinoise. Il semble tout de même légitime de se questionner : pouvons-nous réellement parler de dons ? Qu’attend la Chine en retour de l’aide qu’elle offre à d’autres États ? Sont-ils devenus un nouveau levier de puissance politique pour Pékin ?  Nous pouvons nous questionner si la santé globale est devenue une nouvelle priorité pour le PCC en cette ère de la Covid-19 ou uniquement un moyen d’asseoir son soft power dans le monde.

La santé globale, selon Mark Nichte, recouvre des « problèmes de santé transcendent les frontières nationales, peuvent être influencés par les circonstances ou les expériences d’autres pays, et appellent des réponses collectives » (Nichter, 2008). Si aucun consensus n’est aujourd’hui véritablement défini sur cette notion, elle implique, avant tout, une problématique de gouvernance mondiale de la santé. Bien que les instances mondiales, comme l’OMS puissent être les institutions légitimes face à cette problématique, les acteurs étatiques, principalement la Chine, en font une nouvelle priorité leur permettant d’asseoir leur puissance au sein du système international.  Crée par l’OMS en 2020, le COVAX, a pour but de garantir un accès à tous au vaccin de la Covid-19 et, peut s’inscrire dans cette lignée de gouvernance mondiale pour la santé. Il est, à ce jour, la seule initiative mondiale réunissant les États et les fabricants de vaccins : deux milliards de doses sont prévues d’être distribuées d’ici fin 2021.  Néanmoins, seule la livraison des 600 000 doses a été annoncée par le dispositif COVAX pour le Ghana, la Côte d’Ivoire et l’Inde en mars 2021. Chiffre bien minime pour un projet mondial face aux 200 millions de doses qui ont été promises par le groupe chinois Sinovac dans plus de 20 pays. La superpuissance chinoise serait-elle en capacité de remplacer l’OMS et de garantir, elle, un accès à l’ensemble de la population mondiale au vaccin et au soin ? Si les chiffres fournis par le gouvernement chinois témoignent d’une efficacité sans précédent, le prix à payer de ces dons inquiète les puissances occidentales, en première ligne l’Union Européenne (UE) et les États-Unis, qui y voient un nouveau moyen de pression et d’endettement vis-à-vis de Pékin. Le but de cet article est d’essayer d’analyser comment la diplomatie du masque et de l’aide médicale et, aujourd’hui en 2021, des vaccins, a pu impacter le soft power chinois et son positionnement dans le système international.

1. La diplomatie du masque : un premier outil de soft power chinois efficace et controversé

1.1. La crise de la Covid-19 confirme la volonté chinoise d’asseoir son soft power

Le concept de diplomatie du masque a commencé à être évoqué par les pays occidentaux lorsque Pékin a redoublé ses efforts de communication pour vanter ses différents dons. Le 29 janvier 2021, par le biais de son ministre du Commerce, la Chine s’est félicitée d’une « contribution importante à la lutte mondiale contre l’épidémie » (RTFB Info, 2021). La communication orchestrée par le régime chinois, régulièrement qualifiée de propagande, a fortement mobilisé l’Union Européenne. Si Pékin communique massivement sur ses différents envois de masques et d’aides médicales, l’Union Européenne, dont la France, s’est fait plus discrète début 2020 lorsque les rôles étaient inversés (Le Figaro, 2020). Mi-février un avion chargé de 17 tonnes de matériel médical quittait l’aéroport de Paris Charles de Gaulle à destination du Wuhan. En France, cet envoi a fait polémique dans les semaines qui ont suivi en raison de la situation sanitaire qui se dégradait rapidement sur le territoire et qui laissait apparaître les manques de moyens des hôpitaux français face à la gestion de la Covid-19. Mais, il a eu lieu lorsque la Chine, elle confinée, n’était plus en mesure de répondre aux besoins de ses citoyens. Si cet évènement semble avoir été très rapidement oublié par les autorités chinoises, c’est parce que le PCC a surcommuniqué un mois plus tard, en mars 2020, sur ses propres donations : un million de masques arrivait à Liège, en Belgique, à destination de la France. Ainsi, deux camps se sont rapidement opposés pour répondre à cette diplomatie du masque visant, d’une à rétablir l’image du PCC et de deux à faire oublier l’origine de la pandémie (Bondaz, 2020).

Les pays occidentaux, dont l’Union Européenne, les États-Unis, le Canada, l’Australie et dans une moindre mesure le Japon et l’Inde, y voient un nouveau moyen de pression politique et géopolitique. S’ajoute à cela la volonté du PCC de réécrire l’histoire de la pandémie dans une version lui étant plus favorable.  Car si Pékin agace tant c’est principalement à cause de son laxisme quant à l’origine de la Covid-19 et son entêtement à refuser une enquête internationale sur son territoire. Effrayé dans les premiers mois par la vitesse à laquelle se propageait le virus, le confinement strict imposé par le régime chinois lui a valu de se faire plus discret sur la scène internationale. Néanmoins, les 78 jours de confinement, débutés le 19 janvier 2020 à Wuhan, lui ont permis une maîtrise rapide de la pandémie et ainsi une reprise de sa communication afin de restaurer son image fortement dégradée. La pandémie de la Covid-19 fait mauvaise publicité au gouvernement chinois. Les pays occidentaux, lassés de voir cette superpuissance, si différente de leurs critères démocratiques, les contraindre à une vie (semi) confinée, a engendré une augmentation du racisme antichinois ainsi qu’un désir d’une plus grande autonomie face à Pékin (Bondaz, 2020). Le racisme antichinois et anti-asiatique ont été renforcés, en France notamment, par la crise de la Covid-19 : de nombreux membres de la diaspora chinoise témoignent d’insultes subies dans les transports publics. Les tueries d’Atlanta aux États-Unis, le 24 mars 2021, confirment également ce qui peut être qualifié de « nouveau » racisme par les autorités publiques mais de fléau « longtemps nié et mal identifié » par les associations luttant contre ce racisme asiatique. Pas question pour Xi Jinping de rester les bras croisés face à cette exaspération grandissante à l’encontre de son pays et de ses citoyens (Lesnes, 2021).

La diplomatie du masque et l’envoi d’aides médicales s’inscrivent alors dans une véritable stratégie de soft power visant à faire oublier l’origine du virus et redorer l’image de la Chine afin de la présenter comme une puissance responsable.  Le Parti a multiplié les envois dans les pays qu’elle considère comme ses alliés mettant en lumière sa stratégie de créer des relations bilatérales fortes. L’Europe de l’Est, Centrale, l’Afrique, l’Italie, le Pakistan, le Cambodge, le Laos, l’Iran, ces pays, tous membres des Nouvelles Routes de la soie[2], ont été les premiers bénéficiaires de cette diplomatie (Ekman, 2020).

En effet, cette stratégie, avant de devenir un levier de puissance politique ou de pression géopolitique, a été un moyen pour le gouvernement chinois de confirmer ses alliances. Inversement, cela a également mis en lumière les rivalités existantes : Canberra paye aujourd’hui les frais de sa confrontation avec Pékin. Depuis que la capitale australienne a demandé l’ouverture d’une enquête internationale sur l’origine du coronavirus en janvier 2020, les relations entre les deux pays se sont fortement dégradées au point d’arriver à l’interdiction, pour le groupe chinois Huawei, d’installer son réseau 5G sur le territoire australien. Déjà hostile au gouvernement de Xi Jinping, l’Australie ne s’est pas laissée séduire par les aides de Pékin bien qu’il représente son plus gros partenaire commercial : Canberra ne sacrifiera pas sa démocratie au profit du commerce (Lemaître, 2021). Si cet épisode est révélateur du fossé entre les régimes démocratiques et le régime communiste chinois, les alliés du PCC se sont, eux, réjouis de  cette aide rapide.  Les dons médicaux sont devenus un nouvel instrument de la stratégie chinoise pour asseoir son soft power et promouvoir son modèle de gouvernance. La communication abondante en est la preuve. Les autorités chinoises n’hésitaient pas à relayer massivement, à travers leurs ambassades et journaux officiels, les quantités exportées.  Le message s’accompagnait régulièrement d’un avis vantant la capacité du Parti à vaincre l’épidémie, visant ainsi à propager l’image d’une gouvernance forte et efficace. L’ambassade de Chine en France écrivait le 27 mars 2020 sur son compte Twitter « Les pays asiatiques, dont la Chine, ont été particulièrement performants dans leur lutte contre le Covid-19 parce qu’ils ont ce sens de la collectivité et du civisme qui fait défaut aux démocraties occidentales » (Liabot, 2020). Pékin tente activement de promouvoir son régime à travers cette pandémie.

En Europe, l’Italie, la Serbie et la Hongrie figurent parmi les pays où cette stratégie est la plus visible : trois pays européens ayant des arrangements bilatéraux avec l’État chinois[3]. L’Italie a été le premier pays du G7 à s’inscrire dans l’initiative chinoise des Nouvelles Routes de la soie en 2019. Cette inscription lui a été favorable durant la crise sanitaire : celle-ci lui a permis de bénéficier de l’appui de Xi Jinping lorsqu’elle n’arrivait pas à maîtriser la pandémie sur son territoire (Le Corre, 2020). Début mars 2020, pendant que l’Union Européenne se faisait plutôt discrète sur l’aide qu’elle pouvait octroyer à Rome, Pékin n’a pas hésité à proposer le sien. Le 13 mars 2020, des experts chinois dépêchés par le vice-président de la Croix Rouge chinoise, Yang Huichan et par le médecin Liang Zongan, arrivent à Rome offrant leurs expertises médicales. Accueillie à bras ouverts par les représentants du ministère italien de la santé, la République Populaire de Chine (RPC) confirme le partenariat stratégique qu’elle entretient avec l’Italie. La faiblesse de l’économie italienne, avec une dette publique qui représentait 130% de son PIB en 2019, soit 38000 euros par Italien, ajouté à la fragilité des banques, la fait apparaître comme la sauveuse pour le pays européen. Ainsi, malgré la crainte de l’UE face à l’initiative chinoise des Nouvelles Routes de la soie, Rome, assure sa volonté de coopération avec le gouvernement chinois. Cependant, qu’impliquent les dons de masques gracieusement offerts par le PCC ? À quel prix l’aide chinoise est-elle recevable ? Si Pékin se montre généreux pendant cette crise, il ne faut pas rester naïf quant à ses réelles intentions. Jocelyn Chey, une ex-diplomate australienne, affirme que « l’aide humanitaire de la Chine, comme celles des autres nations, fait partie de son pouvoir d’attraction et a également des objectifs commerciaux et politiques » (Le Point International, 2020). L’Italie offre « des facilités aux chinois » dans le port de Trieste : point d’entrée sur le marché européen, le pays représente un intérêt stratégique pour la RPC. Nous pouvons facilement imaginer le PCC mettre en avant ses dons dans le futur afin de renforcer sa présence sur le sol italien. Si le port du Pirée en Grèce et le port de Sinès au Portugal, faisant actuellement l’objet de nombreux débats[4], sont déjà (quasiment) entre les mains de Pékin, ces dons de masques inquiètent l’UE quant à la présence chinoise grandissante sur son territoire. Certains y voient, en plus d’un atout dans une stratégie de soft power, un nouveau levier de puissance politique et, ici, d’endettement vis-à-vis de la Chine. Si rien n’a pour le moment été officiellement demandé à l’Italie en retour de ces aides, cela n’est pas le cas pour tous les pays européens. En effet, la Serbie et la Hongrie sont les deux nouveaux pays ciblés par le PCC en Europe de l’Est pour le développement de relations privilégiées. Maillons faibles de l’UE à cause des crises relatives à l’état de droit et du froid entre leur gouvernement et Bruxelles, Pékin y voit une aubaine. Quand l’UE n’arrive pas, encore une fois, à fournir l’aide nécessaire aux pays d’Europe centrale, débordés par la gestion de la crise sanitaire, Pékin accourt (Berreta, 2020). Le Président serbe, Aleksandar Vučić, furieux du manque de coopération et d’entraide au sein de l’union, déclarait en mars dernier « La solidarité européenne n’existe pas, c’est un conte de fées sur papier, les seuls capables de venir en aide [aux Serbes], la Chine. ». Subséquemment, c’est en Serbie que la fameuse diplomatie du masque a pu débuter. Masques, médecins, experts médicaux, et aujourd’hui en avril 2021, vaccins, la totale est déployée par Pékin qui n’hésite pas à multiplier les interventions médiatiques soulignant « l’amitié solide comme le fer » entre le peuple serbe et chinois. Le Président serbe a même embrassé le drapeau communiste à l’atterrissage de l’aide médicale démontrant l’efficacité de cette stratégie diplomatique déployée par Xi Jinping. Ce dernier n’a pas hésité à rappeler l’envie de poursuivre la coopération entre les deux pays (Chastand 2021). Cette affirmation laisse percevoir la détermination du Président chinois à déployer ses intérêts, souvent économiques et commerciaux dans les pays, ici européens, ayant reçus son aide lors de la crise sanitaire. « La Chine est prête à travailler de concert avec l’Italie pour contribuer aux efforts de coopération internationale contre l’épidémie, ainsi qu’à la construction d’une route de la soie sanitaire » (Prin, Kahn, 2020). Car ce qui différencie tant la Chine des pays occidentaux est bien cette vision lointaine : Pékin a le temps. L’arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2013 a démontré de l’activisme chinois sur la scène internationale. Élu président à vie, le temps de bâtir des alliances solides ne lui manque pas. Les déclarations médiatiques du gouvernement chinois sont également approuvées par celui serbe :  le Président a exprimé que son pays « garderait toujours en souvenir cette aide » ainsi que le souhait d’une « amitié éternelle ». Résultat :  un an plus tard, en mars 2021, la Serbie devient, en proportion de sa population, le pays étant le plus vacciné d’Europe. La réponse : le vaccin chinois inonde le territoire. Un million de doses de Sinopharm ont été livrées en janvier 2021.  Aussi, en mars 2021, la déclaration de M. Vučić accentue la profondeur des relations entretenues avec la RPC : la Serbie sera le premier pays européen où sera produit localement le vaccin chinois Sinopharm. Cette stratégie vaccinale offre également au pays européen des opportunités et des moyens de pression stratégique dans le but d’asseoir son leadership dans la région. Ainsi, la Macédoine du Nord, le Monténégro ainsi que la Bosnie ont pu bénéficier d’une aide serbe provenant des vaccins chinois. Cette relation permet à Xi Jinping de justifier sa stratégie « gagnant-gagnant », stratégie élaborée dans le cadre des Nouvelles Routes de la soie (Curovic, 2021).

La crise de la Covid-19 a définitivement permis au PCC de renforcer ses alliances déjà existantes et le cas de la Serbie le démontre bien. La Serbie et la Chine sont, depuis la signature en 2009 d’un partenariat stratégique, des alliés fidèles. Les investissements chinois ont atteint près de 8 milliards de dollars en 2019 faisant du pays l’une des destinations principales en Europe Centrale. La Hongrie, voisin de l’État serbe et elle membre de l’UE, est, elle aussi, favorable à cette présence chinoise. En janvier 2021, elle a été le premier pays de l’union à autoriser le vaccin chinois sur son territoire, alors qu’il n’était pas encore approuvé par l’OMS en raison du manque de données fournies. Cinq millions de doses ont été commandées au groupe chinois. (Kauffmann, 2021). La Hongrie de Viktor Orban se lasse de la lenteur de Bruxelles pour répondre aux besoins des pays membres de l’UE. La Chine, elle, agit rapidement. La déclaration du Président hongrois affirmant que le vaccin chinois représente « le vaccin en lequel il a le plus confiance » atteste l’efficacité de la stratégie d’influence chinoise (Chastand, 2021). À en croire ces déclarations des chefs d’État européens nous pourrions facilement oublier l’origine du virus à Wuhan et positionner Pékin comme le sauveur de la pandémie mondiale pourtant partie de son territoire.

1.2. Une stratégie de communication controversée

La stratégie de communication, autour de la diplomatie du masque, reste cependant à nuancer quant à son efficacité. Si les différents évènements décrits précédemment laissent percevoir une réussite de cette diplomatie, certains sinologues y voient, eux, un échec total. Cette sur-communication a, avant de séduire, irrité. Alain Fauchon, éditorialiste au journal français Le Monde, affirme que cette diplomatie du masque a été un véritable échec pour Pékin. En tentant coûte que coûte de faire oublier sa responsabilité sur l’annonce tardive du virus, cela a rendu cette sur-communication contreproductive et n’a guère amélioré son image auprès des pays occidentaux, dans un contexte d’affirmation décomplexée des objectifs chinois (Mottet, 2020). Pire, l’image de la Chine n’aurait jamais été aussi négative depuis les événements de Tiananmen en 1989 (Fauchon, 2020). Le vide laissé par Donald Trump, qui ne maitrisait pas la pandémie sur son territoire, avait donné l’occasion à Xi Jinping d’affirmer la puissance chinoise au sein du système international. Si l’exportation de matériel médical a pu être remerciée par les pays occidentaux, la sur-communication du PCC a très vite tourné à l’agacement. Les États y voient une nouvelle propagande du gouvernement chinois cherchant à imposer sa vision du système international et ses intérêts nationaux (Bondaz, 2020). Entre défiance et suspension, les pays occidentaux se sont plutôt entendus sur cet avis négatif et méfiant vis-à-vis des actions de Pékin.

Dans un premier temps, la qualité défectueuse des masques importés a été soulevée. Cela a engendré une mauvaise publicité au made in China. La Chine cherchait pourtant ces dernières années à éradiquer cette image de produit à faible qualité. De plus, les normes médicales diffèrent entre les masques européens, chinois et américains : une adaptation de la législation européenne a donc dû être menée par Bruxelles afin de recevoir les masques nécessaires aux pays européens (Tronchet, 2020).  Mais, si cette mauvaise qualité est un point à relever quant à cet échec diplomatique, ce sont avant tout les attaques et la propagande orchestrées par Pékin qui ont rendu cette dernière contre-productive (Guillaume Tawil, 2020). Les chiffres annoncés par la RPC laissent de nombreux pays sceptiques face à sa transparence : fin mars 2020, 3305 morts sont annoncés en Chine dont 2500 à Wuhan, épicentre de la pandémie. Chiffre très faible comparé aux pays européens : la France annonçait 3523 morts pour le mois de mars 2020 seulement. Ainsi, la propagande réalisée par le gouvernement chinois, dès 2019 et, l’opacité des origines de la pandémie, ont détérioré plus que redoré son image. Si le gouvernement communiste chinois cherche à minimiser et à cacher la censure et l’oppression effectués dès septembre 2019 lors des premiers cas de Covid-19, les pays occidentaux ne l’ont pas négligé. De nombreux médecins, journalistes, et chefs hospitaliers, à l’image du docteur Li Wenliang aujourd’hui décédé, ont été forcés de se taire afin de cacher les débuts de la pandémie. En plus de sa détermination à redorer son image et à se présenter comme une puissance responsable et fiable, le PCC cherche à faire oublier la censure imposée dans son pays (Bondaz, 2020). Cette volonté est visible dans une tribune publiée le 24 mars 2020 dans le Quotidien du Peuple nous rappelle le chercheur Antoine Bondaz. En effet, elle invite les pays à rejoindre la route de la soie de la santé et indique que « la Chine a, de manière ouverte, transparente et responsable, informé toutes les parties de l’épidémie en temps utile et a travaillé en étroite collaboration avec l’OMS et les pays concernés ». Informations fausses comme nous avons pu le rappeler précédemment à la vue du règlement sanitaire de l’OMS et des journalises, médecins, chercheurs, disparus et, ou, décédés.

Cette diplomatie, made in Xi Jinping, l’a finalement décrédibilisé. Idéologue convaincu, Xi Jinping a surestimé la capacité de son régime à promouvoir ses valeurs et mœurs auprès des puissances occidentales et il semblerait, sous-estimer, le mécontentement de l’Occident face à son manque de transparence et face à leur attachement à leurs valeurs démocratiques (Ekman, 2020). Si les pays asiatiques ont déjà connu plusieurs pandémies sur leur territoire depuis les années 2000, il ne faut pas oublier que la crise de la Covid-19 représente la plus importante que les citoyens européens traversent. Effrayés par ce virus, ils sont en quête de vérité et de compréhension et non pas d’un message mensonger provenant de la Chine, jugée pour la plupart, responsable de la pandémie (Prin, Kahn, 2020). Jean-Pierre Cabestan, professeur de Sciences Politiques à la Hong Kong Baptist University, indique que la diplomatie du masque « s’est retournée contre Pékin car trop agressive et contradictoire tout en niant sa propre responsabilité dans l’origine de la pandémie : le message de Pékin mélangeait trop la générosité avec la propagande alors que les démocraties affrontaient la crise sanitaire » (Prin, et Kahn, 2020). Le manque de ressources médicales n’a pas arrangé la situation, suscitant davantage d’agacement face à la dépendance des pays européens vis-à-vis de Pékin. Cela a donc encouragé la Commission Européenne à contrôler de plus près les investissements chinois sur son territoire et à affirmer son désir de retrouver une certaine souveraineté quant à la production pharmaceutique européenne (Aeberhardt et Hecketsweiler, 2020).

Les attaques du gouvernement chinois sur la gestion européenne de la crise de la Covid-19 ont représenté les critiques de trop faisant définitivement un « flop » de la diplomatie du masque. Elle est devenue une diplomatie trop agressive nuisant toute efficacité. Lu Shaye, ambassadeur chinois en France, déclarait dans un communiqué sur le site de l’ambassade chinoise que les autorités françaises « laissaient mourir dans les Ephad leurs pensionnaires de faim et de maladie. »  Cerise sur le gâteau lorsque le communiqué accuse également les dirigeants occidentaux de ne pas avoir pris le virus au sérieux en parlant de « grippette ». Convoqué par le Quai d’Orsay, Jean Yves Le Drian, Ministre des Affaires Etrangères français, a fait part à Pékin de sa désapprobation quant aux propos tenus par leur ambassadeur. Cette convocation représente une première entre la France et la Chine (Charbonnier , 2020). Cette diplomatie agressive est nommée diplomatie des « loups combattants » en référence au film d’action chinois Wolf Warrior paru en 2020 (Prin, Kahn, 2020). En plus de faire preuve d’agressivité, la RPC a fait preuve d’assurance en inscrivant être « le seul pays capable à avoir vaincu la pandémie » agaçant encore plus les occidentaux. Valérie Niquet, sinologue, développe que cette stratégie agressive n’est pas récente mais s’est accentuée avec la crise de la Covid-19, car la Chine juge qu’elle est aujourd’hui arrivée à une place centrale dans le système international lui permettant d’affirmer sa puissance et sa capacité de réponse (La Matinale RTS, 2020). Le chef de la diplomatie européenne, Joseph Borrel, appelle ainsi à plus de fermeté et à une « stratégie plus robuste » face à la Chine (Le Point International, 2020). Car derrière ses attaques, elle n’hésite pas à critiquer plus largement les régimes démocratiques, mettant en avant son régime socialiste « aux caractéristiques chinoises ». L’ambassade de Chine en France écrivait sur son compte twitter en mars 2020 : « Certaines personnes, dans le fond, sont très admiratives des succès de la gouvernance chinoise. Ils envient l’efficacité de notre système politique et haïssent l’incapacité de leur propre pays à faire aussi bien ! ». En plus d’assurer ses intérêts économiques et géopolitiques, la Chine promeut son système au détriment des démocraties occidentales.

Les États-Unis se sont également montrés virulents face à cette diplomatie du masque. Excédé par l’activisme chinois à se présenter comme le sauveur de la crise sanitaire, l’ex-président, Donald Trump, n’hésitait pas à rappeler l’origine du « virus chinois » comme il l’a nommé. La déclaration de Zhao Lijian, porte-parole du ministère des Affaires Etrangères en Chine, a provoqué une nouvelle polémique en suggérant que le virus de la Covid-19 avait pu être porté par des militaires américains sur le territoire chinois. Avant d’être efficace, cette stratégie de contre-attaque, fait tourner au ridicule la diplomatie chinoise dans les pays occidentaux (Le Point International, 2020).

En dépit de ses efforts diplomatiques,, l’image de la deuxième puissance mondiale reste plus mitigée que jamais. Si elle n’a pas réussi à convaincre les occidentaux cette stratégie lui a tout de même permis de confirmer ses alliances et in fine de promouvoir son modèle de gouvernance auprès des pays en développement. S’il semble trop tôt pour affirmer que la RPC soit la grande gagnante de cette pandémie, il est possible d’affirmer qu’elle témoigne d’un pays de moins en moins isolé et de plus en plus sûre de lui (Ekman 2020). À l’image de la Serbie, de l’Italie ou du Cambodge et de la Thaïlande, Pékin a mis sur le devant de la scène, la puissance de ses alliances bilatérales. Encore mieux, malgré la fermeture de ses frontières avec son voisin asiatique, dès l’annonce de la pandémie, Moscou arrive à maintenir son entente avec Pékin. Cela prouve l’intérêt stratégique de la Russie au sein des Nouvelles Routes de la soie. Il confirme, de ce fait, la capacité du gouvernement chinois à choisir ses alliés en fonction de ses intérêts.  Bien que Téhéran ait aussi été très critique lors du début de la crise sanitaire, accusant la Chine d’être responsable du virus, les deux pays ont signé, fin mars 2021, un accord dit de coopération globale, sur une durée de vingt-cinq ans. Pékin est l’un des premiers partenaires commerciaux de Téhéran et l’un de ses principaux acheteurs de pétrole. Il consent ainsi à ne pas tenir compte au régime iranien de ses premières critiques. À l’inverse, le PCC n’hésite pas à répondre aux critiques occidentales : « Puisque la République de Corée, le Japon et Singapour, qui sont des démocraties asiatiques, parviennent à contrôler l’épidémie, pourquoi les vieilles démocraties comme l’Europe et les États-Unis, n’y parviennent-elles pas ? »[5] La sinologue, Alice Ekman, affirme que cette diplomatie n’a rien de nouveau dans la stratégie chinoise : depuis plus de dix ans le PCC se montre pro-actif sur la scène internationale et les dons de masques à ses alliés prouvent sa détermination à entretenir ses relations stratégiques et à promouvoir, grâce à cette diplomatie, son modèle de gouvernance au détriment de celui prôné par l’Occident.

Pour finir, en énonçant le concept « d’amitié solide comme le fer » Xi Jinping a surtout mis en avant la division de la communauté internationale, et notamment de l’Union Européenne, quant à l’attitude à adopter face à ce géant mondial (Ekman, Verluise, 2020). La deuxième puissance économique mondiale a tout de même pris conscience de l’échec partiel de cette diplomatie du masque et compte ainsi en tirer des leçons pour la prochaine étape : les vaccins. Si la communication entreprise semble redevenir raisonnable vis-à-vis de la distribution des vaccins, c’est que la stratégie choisie par le Parti est différente. Qu’a donc Pékin à cacher derrière ses livraisons ? Les masques et les respirateurs envoyés ont fait preuve de moins de discrétion que les vaccins, pourtant essentiels pour stopper la pandémie.  Plus besoin d’un nouvel atout pour son soft power :  le gouvernement de Xi Jinping entend cette fois-ci utiliser les vaccins comme un véritable levier politique, une force commerciale et, dans une autre mesure, une arme géopolitique.

2.    Les vaccins : une nouvelle arme géopolitique et commerciale chinoise

2.1  Les pays des Nouvelles Routes de la soie au cœur de cette diplomatie

Au même titre que les masques, les vaccins chinois apparaissent, en ce début d’année 2021, comme un nouveau levier de pression géopolitique : la diplomatie du vaccin est elle aussi lancée par le gouvernement chinois et le protectionnisme vaccinal des pays occidentaux n’arrange rien. Si les masques représentaient un véritable outil de soft power pour Pékin, les vaccins sont bels et biens un moyen d’étendre son influence politique et de renforcer ses intérêts économiques et politiques. Dès le début du mois de janvier 2021, la Chine annonçait être en mesure de distribuer et de produire 400 millions de doses de ses trois vaccins dans le monde entier. Si l’agence de presse officielle chinoise affirme que « la Chine ne transformera pas les vaccins du Covid-19 en une sorte d’arme géopolitique et un outil diplomatique », l’idée semble, tout de même, leur avoir traversée l’esprit (Kadiri, Pedroletti, Mesmer, Meyerfeld, Landrin, Barthe, Lemaître, 2020). La confiance affichée par Xi Jinping prouve que le temps n’est plus au « soft » mais au « hard » : place à l’action et aux accords. Ainsi, un glissement d’un atout de soft power à un véritable levier politique et une arme géopolitique est largement observable. En fervent défenseur du multilatéralisme, Xi Jinping promet un vaccin qui deviendra un « bien public mondial ».  Cependant, les pays où les livraisons sont promises apparaissent être scrupuleusement choisis par le Parti (Kauffmann, 2021).

Les pays d’Asie du Sud-Est, zone géostratégique tant dans le cadre du projet des Nouvelles Routes de la soie que dans sa volonté de leadership régional, sont, selon le Premier ministre chinois Li Keqiang, parmi les pays prioritaires : « les vaccins seront fournis en priorité aux pays du Mékong », annonce-t-il le 24 août 2020. Région stratégique des Nouvelles Routes de la soie afin de garantir son accès maritime à l’Océan indien, le PCC n’hésite pas à les favoriser dans cette stratégie vaccinale pour mieux asseoir ses intérêts. Le Cambodge, le Laos, la Thaïlande, la Birmanie ou encore le Pakistan, en marge des pays occidentaux, se réjouissent des accords bilatéraux passés avec Pékin.  Le Cambodge a ainsi salué la présence chinoise sur son territoire (Lincot, Véron, 2021). Le 12 octobre 2020, pendant que l’Europe connaissait sa deuxième vague de pandémie, les deux pays ont signé un accord de libre-échange renforçant le poids de la RPC dans la région. Le Partenariat Régional Économique Global (RECP) renforce le poids de Pékin dans la région asiatique (Mesmer, 2020).  Les sanctions commerciales imposées par l’Union Européenne au Cambodge en raison de la dégradation des droits de l’Homme dans le pays, encouragent Phnom Penh à se tourner vers Pékin. Les négociations de cet accord, débutées en 2012, n’ont pas été remise en cause par l’origine de la pandémie : à l’inverse, l’aide médicale envoyée par la Chine, en mars 2020, pour soutenir les pays à lutter contre la pandémie, renforce l’idée d’un besoin de coopération dans la région asiatique (Le Figaro, 2020). Sa stratégie de soft power semble ainsi fonctionner auprès de ses alliés historiques. Récemment, le Premier ministre cambodgien, Hun Sen, s’est félicité de cette relation privilégiée : « la Chine amie va nous aider avec un million de doses ». Sa diplomatie sanitaire est sans limite : les dons de son vaccin Sinovac à Phnom Penh le justifie. La situation est identique au Laos. Pour le régime chinois, le Laos représente un point central du projet de la BRI lui permettant notamment une voie terrestre pour contourner la mer méridionale et principalement le détroit de Malacca où les enjeux sécuritaires se multiplient (Lincot, Véron, 2020). Le Laos y voit, lui, un moyen de tenir le Vietnam, ennemi historique de la Guerre Froide, à l’écart de son territoire. Ainsi, Pékin entend se servir de ses vaccins comme une véritable arme commerciale et géopolitique lui permettant d’asseoir ses intérêts dans la région en renforçant ses alliances.

Le gouvernement chinois compte bien conquérir tous les pays de la zone asiatique : la Birmanie lui est essentielle afin de bâtir son corridor économique reliant le Yunnan, province au Sud de son territoire, à l’océan Indien. Pékin étant le premier partenaire commercial de Naypyidaw, il est difficilement envisageable pour le pays d’Asie du Sud d’omettre une critique négative face à l’activisme chinois sur son territoire. Xi Jinping a d’ailleurs rappelé, en mai 2020 en pleine période de pandémie, l’importance de ce corridor à l’ex-président birman, Win Myint, avant le coup d’État de la junte militaire le premier février 2021 (Bara, 2020). Il en est de même pour la Thaïlande. Xi Jinping s’est assuré en juillet 2020 auprès du Premier ministre thaïlandais, Prauthoy Chan-o-Cha, de la poursuite du projet de chemin de fer Chine-Thaïlande (Lincot, Véron 2021). Crise sanitaire mondiale ou non, le PCC entend bien poursuivre son projet planétaire. De plus, ces pays n’ont d’autres choix que de se tourner vers les vaccins chinois bien moins onéreux que ceux développés par les occidentaux. Car en effet, si les vaccins ont un intérêt stratégique pour le régime communiste chinois, ils lui sont également une arme commerciale sans précédent malgré l’annonce de « biens publics mondiaux » énoncée par Xi Jinping. L’exemple du Bangladesh en témoigne.  Faute d’entente avec le fabricant chinois Sinovac, le laboratoire s’est retiré du pays laissant le champ libre aux fabricants bangladais et indien, Beximco Pharma et Serum Institue of India. Yun Sun, chercheuse au sein d’un think tank nord-américain Stimson Center, affirme que les laboratoires chinois reçoivent des subventions de la part du Parti leur permettant d’être plus compétitifs sur le marché économique mondial (Le Monde, 2020).

Subséquemment, Xi Jinping affirme : « la présence des États-Unis en Asie est un choix alors que la présence chinoise est une réalité géopolitique » (Bellanger, 2021).  Le vaccin devient, de surcroit, la nouvelle preuve d’amour que les autorités chinoises envoient à leurs alliés asiatiques. Les vaccins deviennent une véritable arme géopolitique :  un tiers des vaccins sont destinés à l’Indonésie, premier pays musulman au monde. De la sorte, le PCC se justifie d’une tolérance vis-à-vis de la religion musulmane à travers la pandémie et les aides octroyées. Dans un contexte où le Xinjiang, à majorité musulmane, est au centre des tensions internationales, Pékin utilise le vaccin pour contredire les accusations occidentales quant au génocide religieux opéré dans l’ouest de son territoire (Malovic, 2021). En outre, l’Indonésie est un allié historique des États-Unis. Le choix de l’Indonésie est donc à triple intérêt : affaiblir la présence des États-Unis dans la région en passant des accords bilatéraux avec ses alliés historiques, se munir d’un levier de pression pour influencer, dans le futur, des partenariats au sein de la BRI et contredire les critiques occidentales. Les arrangements bilatéraux orchestrés par Pékin contestent les discours de Xi Jinping appelant à une gestion multilatérale de la crise sanitaire.

Si géographiquement l’Asie du Sud représente la cour gardée de la Chine où elle entend bien accroître son influence, sa stratégie est la même dans le monde arabe et, d’une manière plus générale, dans les pays en développement.  Profitant du contexte électoral tendu aux États-Unis, d’une politique orientée vers la pandémie en Europe et au Japon, ainsi qu’un intérêt dans les pays développés de la part des laboratoires Pfizer et Astra Zeneca, Pékin se tourne lui, encore une fois, vers les pays en développement. Les pays du Sud sont les pays stratégiques de la BRI en se situant sur les passages des nouvelles routes maritimes et terrestres et Xi Jinping multiplie les efforts diplomatiques pour les attendrir. Ainsi, au Proche et Moyen-Orient, la RPC vise les pays qui ont besoin de diversifier leurs alliances, notamment pour contourner Washington, et ceux dans l’incapacité de se priver des services de la deuxième puissance économique mondiale. L’Égypte, le Maroc et les Émirat Arabes-Unis sont dans la ligne de mire du gouvernement chinois. Plus d’un milliard de doses sont annoncées être produites et distribuées dans les six premiers mois de 2021. Si ces échéances laissent sceptiques certains pays, Pékin a une solution : la production locale, deuxième avantage non négligeable pour la RPC face aux pays occidentaux. La capitale chinoise propose à certains pays de produire localement le vaccin chinois grâce à des transferts de technologies et des chaînes de production locale. Début 2021 cela est le cas aux Philippines et le projet est en cours au Maroc, en Algérie et au Kenya. Cette efficacité porte ses fruits. Les Émirats sont parmi les pays ayant vacciné la plus grande partie de leur population : 52,46% de la population a été vaccinée dès mars 2021 et 100% est annoncée pour cet été. En mai 2021, la France a seulement atteint le seuil de 37,56% de personne vaccinée et le taux de 50% souhaite être atteint d’ici l’été 2021. Abou Dhabi a signé un accord stratégique avec Pékin : en réalisant les essais de la phase 3 de son vaccin sur son territoire, il lui offre en échange des millions de doses vaccinales. Les Émirats représentent un avantage géopolitique pour le pays : sur les dix millions d’habitants, neuf millions sont des migrants. Cela permet au régime chinois de garantir l’universalité et l’efficacité dans le monde entier de son vaccin. (Colly, Rouy, Fontaine, 2021).

2.2  Le vaccin : une nouvelle forme de dette envers Pékin ?

Aujourd’hui, c’est la présence chinoise sur le continent africain qui suscite de plus en plus d’inquiétudes de la part des pays occidentaux, notamment de l’UE. Prêts pour développer les infrastructures contre opportunités de marché pour les entreprises chinoises : la chanson est la même mais suscite de nombreuses problématiques quant à la souveraineté des pays qui deviennent de plus en plus endettés face à Pékin. Nous pouvons nous interroger : les vaccins peuvent-ils représenter la nouvelle dette chinoise ?  L’exemple du Sri Lanka, qui a dû céder la gestion de son port de Hambantota pour une durée de 99 ans, a marqué les esprits et a révélé le piège de la dette liée aux Nouvelles Routes de la soie (Guillard, 2021). La crise de la Covid-19 a impacté l’économie internationale, mais principalement les pays en développement, souvent dépendants de leurs exportations de matières premières. Le Pakistan, allié historique de la Chine depuis sa création, entretient des liens étroits avec Pékin. Il est un pays central dans le projet de Xi Jinping lui permettant d’accéder plus facilement au golfe arabo-persique grâce au port de Gwadar. Cependant, ce dernier a été contraint d’envoyer mi-avril une demande au gouvernement chinois pour une révision des remboursements qui devaient avoir lieu en mai. Si Xi Jinping a assuré faire un effort pour « son ami pakistanais », cela a soulevé l’inquiétude de l’Organisation des Nations Unies quant à l’ampleur des dettes vis-à-vis du régime chinois dans les pays en développement. Car géographiquement le PCC n’a aucune limite : l’Afrique n’a pas échappé aux généreux dons chinois de masques et aujourd’hui, en 2021, de vaccins (Soudan, 2021). Le Sénégal, la Guinée Équatoriale et l’Égypte ont été les premiers à recevoir gratuitement, 200 000 doses de vaccins chinois. Geste salué par le Président sénégalais Macky Sall auprès de l’ambassadeur chinois à Dakar « Monsieur l’ambassadeur, soyez mon interprète auprès de mon ami Xi Jinping pour lui transmettre mes sincères remerciements » (Artz, 2021). À l’inverse des routes historiques de la soie, l’Afrique est intégrée au projet pharamineux de Xi Jinping. En mars 2020, plus de 12 000 ensembles de dépistage arrivaient à Addis-Abeba en Éthiopie à destination de l’Africa CDC, branche gérant la thématique sanitaire au sein de l’Union Africaine (Procopio, 2020). Des réunions virtuelles, entre le gouvernement chinois et les gouvernements africains, avaient également été organisées fin mars 2020 dans le but de « partager l’expérience » du virus. La présence médicale chinoise en Afrique n’est cependant pas nouvelle : lors de la crise sanitaire d’Ebola, plus de 1200 professionnels de santé chinois avaient été déployés sur le continent. Le chercheur Antoine Bondaz qualifie cet activisme de « diplomatie sanitaire » visant à créer une véritable route de la soie sanitaire en Afrique (Bondaz, 2020).

Le continent africain présente un triple intérêt : entre ses matières premières abondantes, ses infrastructures à construire, et sa démographie croissante représentant un marché de taille pour les produits manufacturés chinois, le PCC y soigne son image. Les vaccins peuvent représenter un véritable atout pour Pékin car, si l’Union Européenne peut se permettre dans certains cas de décliner le vaccin chinois, cela n’est pas le cas pour l’Afrique. Sa faiblesse institutionnelle et son manque de moyens contraignent certains États africains à accepter les accords chinois pour les tests cliniques et pour le vaccin envers leur population. 37 pays africains, sur les 54 du continent, faisaient, en 2019, partie de la BRI. Cette participation leur est favorable en temps de la Covid-19 si nous tenons seulement compte de la capacité de la Chine à fournir du matériel médical et des vaccins. Xi Jinping a rappelé en mai 2020, lors d’une réunion à l’OMS, que son pays ne laisserait pas tomber ses « amis » : moyen efficace de rappeler aux pays africains qu’ils peuvent bénéficier d’une aide chinoise durant la crise sanitaire en échange d’accords dans le cadre des Nouvelles Routes de la soie (Paris, 2020). Les pays africains n’ont, aujourd’hui, aucune raison de refuser l’initiative si ce n’est un désaccord direct avec Pékin ce qui paraît difficilement plausible à la vue des efforts diplomatiques déployés par le régime chinois pour conquérir et amadouer tout le continent. Si l’Europe et les États-Unis se lassent de cette présence chinoise en Afrique, les pays y voient, eux, un partenaire davantage fiable, développant leurs infrastructures, de ce fait leur économie, et important des produits manufacturés nécessaires à leur marché interne. Si cela se fait principalement contre une mainmise chinoise sur leurs matières premières, les pays africains n’ont, mis à part le risque de la dette, aucun intérêt à tourner le dos au gouvernement chinois. Cependant, cette dette inquiète. Encore plus en période de pandémie où l’économie mondiale et les exportations de matières premières se voient impactées par une hausse des prix et une inflation importante. À ce titre, bon nombre de pays ont demandé, comme le Pakistan, une annulation ou une révision de leur dette afin de lutter contre la pandémie de la Covid-19. Si les discours de Pékin laissaient sous-entendre une entraide, nous pouvons nous interroger : les vaccins ne représentent-ils pas un nouveau moyen de chantage pour la RPC ? Le PCC n’ayant d’autres choix que de soigner son image et de faire preuve de compréhension face à la dette de ses alliés s’est vu contraint de repousser ses dates limites de remboursement.  Néanmoins, il ne peut se permettre de l’annuler au risque de mettre en péril sa propre économie. La Chine va devoir faire face à des problèmes économiques sur son propre territoire l’obligeant ainsi à faire preuve de flexibilité auprès de ses « amis ». En outre, cette présence chinoise est plutôt bien vue sur le continent : un habitant d’Alger déclarait au journal français Le Monde « Quand tu as besoin d’aide en tant que pays du tiers monde, ce sont toujours les mêmes qui sont là : les Chinois, les Russes et les Cubains ». Subséquemment, la fameuse dette chinoise semble représenter le seul point pouvant porter préjudice aux relations sino-africaines. La tournée réalisée, en janvier 2021, en Afrique par le Ministère des Affaires Étrangères, Wang Yi, témoigne de l’importance accordée au continent par le gouvernement chinois (Tilouine, 2021).

Également, le chargé d’affaire chinois Wang Jian affirme que le pays est en train d’accorder une aide vaccinale « sans contrepartie à 69 pays en développement », le « vaccin du peuple » va permettre d’accroitre, grâce aux accords bilatéraux, la production mondiale de vaccin et la lutte mondiale contre la pandémie (Lemaître, 2020). La Chine joue cette partie à long terme. Si aucun accord direct, impliquant des vaccins contre des futurs projets, n’a été passé, il semble tout de même probable que le PCC s’en fasse un levier de pression stratégique. Début novembre 2020, Pékin promettait à la Malaisie un accès privilégié à ses vaccins en échange de la libération des 60 pêcheurs chinois arrêtés pour avoir violés les eaux territoriales malaisiennes. Parallèlement, le vrai bénéficie est sur le long terme : les pays favorisés par le régime sont généralement les pays sur les routes commerciales maritimes empruntées par les navires chinois où transitent 80% de leur commerce. (Philip, 2020). Loin d’une promesse de « biens publics » Pékin se sert du vaccin comme une véritable arme géopolitique. La question n’est plus de l’ordre du soft power mais de l’avenir de la deuxième puissance mondiale et de sa capacité à imposer ses intérêts. Fin janvier 2021, la Chine fournissait déjà le Brésil, l’Indonésie et les Émirat Arabes-Unis. Le Maroc, la Turquie, le Botswana ou encore la République Démocratique du Congo attendaient, eux, leurs doses (Artz, 2021). Cet activisme chinois fait peur au point de voir l’OMS apparaître en deuxième ligne de front quand il s’agit de garantir un accès à tous au vaccin de la Covid-19.

Conclusion : une domination chinoise d’une gouvernance sanitaire mondiale ?

Si cette diplomatie sanitaire trouble les pays occidentaux c’est que Pékin, en plus du vaccin, véhicule une autre idée auprès des pays en développement : celui d’un pays autoritaire qui, à l’inverse des pays occidentaux, a réussi à vaincre l’épidémie. Bon nombre de chercheurs se questionnent : la crise de la Covid-19 est-elle révélatrice d’un changement du système international où la Chine aurait une place centrale, voire un rôle hégémonique ? Car derrière cette diplomatie du masque et des vaccins il y a la promotion d’un système « socialiste aux caractéristiques chinoises ». S’opposant fermement à la vision occidentale, la Chine séduit les acteurs des pays en développement. Le modèle chinois trouve du sens en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie du Sud et jusqu’à, récemment, en Europe de l’Est et Amérique Latine. Ainsi, Pékin serait-il devenu, en dépit de l’origine du virus, le nouveau maître d’une « gouvernance mondiale de la santé » ? Avant toute chose, pouvons-nous affirmer que le gouvernement chinois souhaite se positionner comme tel ? Si certains peuvent douter de sa volonté hégémonique, sa détermination de s’affirmer comme puissance n’est, elle, pas à prouver. La RPC n’entend plus rester silencieuse face aux occidentaux et encore moins au sein d’y système international qu’elle juge obsolète (Duclos, 2020). Le PCC a ainsi joué sur deux tableaux pendant cette crise. D’un côté, une diplomatie pro-active pour des accords bilatéraux et de l’autre côté une stratégie diplomatique vantant une gestion multilatérale de la crise sanitaire au sein des instances mondiales. L’activisme chinois au sein de l’OMS a été réalisé dans le but de faire oublier l’origine du virus et chercher à réécrire l’histoire à sa manière comme nous avons pu le démontrer.  Car si ces deux stratégies peuvent être paradoxales, c’est grâce à cette combinaison qu’elle possède aujourd’hui cette puissance (Ekman, 2020).

De plus, si l’OMS semble apparaître comme un acteur de second rang face à la gestion sanitaire de la pandémie, c’est principalement dû à la dépendance de ce dernier vis-à-vis des États, notamment de la Chine. Cette dépendance est expliquée en grande partie par des questions de financement : elle contribue de plus en plus au budget de l’institution. Sa participation s’élève  à 12% (contre 20% pour les États-Unis), chiffre constamment croissant ces dernières années (évalué en fonction de la fortune du pays et de la population). Également, la Chine a annoncé, en avril 2020, vouloir verser une somme supplémentaire de 30 millions de dollars pour pouvoir aider les pays en développement à lutter contre le virus. Le souhait de Donald Trump de stopper la contribution des États-Unis à l’OMS, jugeant l’organisation pro-Pékin, renforce la position de leader de Xi Jinping. Le droit international est ainsi totalement impuissant face à cette super-puissance qui paraît dicter les règles du jeu et dominer le système international (Gaïdz et  Semo, 2020).

S’ajoute à cela les inégalités croissantes entre les pays membres des organisations onusiennes. Les pays occidentaux ont acheté 90% des doses des deux vaccins américains laissant peu de place aux pays du Sud. Les « vieilles » inégalités Nord-Sud resurgissent suscitant la rancœur des pays en développement. Le Président de l’Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa, a vivement critiqué en janvier 2021, la gestion de la crise par les puissances occidentales.  « Les pays riches ont acheté de grandes doses de vaccins. Le but était d’accumuler ces vaccins et cela se fait au détriment des autres pays du monde qui en ont le plus besoin » a-t-il déclaré. Xi Jinping sait entendre cette colère et en jouer à son avantage. Elle semble aujourd’hui se positionner comme l’acteur en capacité de résoudre cette crise en offrant, à tous et à un prix raisonnable, un accès aux vaccins chinois. Antoine Bondaz l’affirme bien : elle construit une véritable route de la soie sanitaire à travers cette stratégie. (Bondaz, 2020).

Ainsi, si pour certains la crise de la Covid-19 concourt au déclin du multilatéralisme, elle a avant tout mis en avant la puissance chinoise dans l’ordre international (Lemaître, 2020). Cette crise lui a permis, si ce n’est de bâtir de nouvelles alliances, de consolider celles déjà existantes à l’instar de la Russie, de la Serbie ou encore du Sénégal, du Pakistan et du Cambodge. Si l’Union Européenne et les États-Unis ne veulent pas laisser le PCC bâtir sa propre vision du système international il va falloir adopter une stratégie cohérente entre commerce, économie, diplomatie et droits de l’Homme. Aujourd’hui la Chine n’entend pas se laisser critiquer pour sa gestion de la pandémie ni accepter des critiques sur ses « affaires internes » comme les Ouighours (Ekman, 2020). La diplomatie des « loups combattants » est assurément renforcée depuis cette pandémie et le projet des Nouvelles Routes de la soie peut prétendre répondre à une gouvernance mondiale sanitaire en investissant dans les infrastructures hospitalières et en assurant un accès à tous aux vaccins et soins médicaux.  Néanmoins, ce modèle est, en 2021, mis au défi d’une par Taiwan et de deux par l’élection de Joe Biden à la présidence des États-Unis. La très bonne gestion de l’épidémie sur son territoire place Taiwan dans une position de force dans cette crise sanitaire lui permettant de proposer un contre-modèle de celui prôné par Pékin. Son exclusion des instances internationales ne lui permet pas de s’assurer un soutien des puissances occidentales mais cela a permis de requestionner les États occidentaux face à cette prise de position, favorable au régime chinois (AFP, 2021).

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[1] Voir le Règlement Sanitaire International (RSI), Organisation Mondiale de la Santé. https://www.who.int/features/qa/39/fr/

[2]Projet lancé en 2013 par l’actuel président Xi Jinping visant à créer un vaste réseau d’infrastructures terrestres et maritimes reliant les différents territoires entre eux à partir des grandes villes chinoises afin de faciliter les échanges multisectoriels

[3] La Serbie est depuis 2012 candidat officiel à l’adhésion de l’Union Européenne mais n’en fait officiellement pas parti.

[4] Les autorités portugaises viennent d’annoncer en avril 2021 le rapport du choix concernant l’acheteur du port. Les chinois sont jugés favoris de ce nouvel achat.  Marie Charrel et Nathalie Guibert, (2021), le port de Sines au Portugal, porte d’entrée stratégique de l’Europe, pris dans le conflit entre Chine et États-Unis. Le Monde International, 9 avril.

[5] Voir le compte twitter de l’Ambassade de Chine en France et ses déclarations réalisées en mars 2020 pendant la période de la Covid-19.

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