Regards géopolitiques 11(2), 2025
Élodie René et Samuel Tronçon
Elodie René est docteure en sciences politiques (l’Université de Northampton), spécialiste de la gouvernance environnementale et des systèmes de crédit social et écologique en Chine. Elle est chercheuse au Netlab.
Samuel Tronçon est docteur en philosophie, spécialiste en informatique appliquée aux sciences sociales. Il est chercheur au Netlab, après avoir été affilié à l’Université Paris 8 et à l’Institut de Mathématiques de Marseille.
Résumé
La Chine ambitionne de devenir pionnière en matière de maîtrise des impacts écosystémiques en mettant en œuvre un vaste système de crédit social permettant d’opérer sa transition vers la « Civilisation Écologique ». Derrière l’outil de contrôle destiné à encourager les comportements responsables des acteurs, le système sert aussi des intérêts géopolitiques en promouvant un modèle alternatif d’écologie politique.
Mots clés : Civilisation écologique numérique ; Routes de la soie verte ; Autoritarisme écologique ; Système de crédit Social ; Soft Power
Abstract
China’s ambition is to become a pioneer in the control of ecosystem impacts by implementing a vast system of social credit to support its transition to « Ecological Civilisation ». Behind the control tool designed to encourage responsible behaviour on the part of stakeholders, the system also serves geopolitical interests by promoting an alternative model of political ecology.
Key words : Digital Ecological Civilization ; Green Silk Road ; Authoritarian Ecology ; Social Credit System ; Soft-Power
Introduction
Le gouvernement chinois ambitionne de restructurer l’architecture institutionnelle, normative, et financière de la coopération environnementale internationale à travers l’exportation de son modèle de Civilisation Écologique Numérique (CEN). Ce projet ambitieux, déployé notamment via l’initiative des Routes de la Soie Vertes, vise à positionner la Chine comme chef de file mondial dans la gouvernance numérique de l’environnement et du développement vert. Il repose sur un arsenal techno-politique méconnu en Occident : le Système de Crédit Écologique (SCE), qui correspond à la branche environnementale du Système de crédit social (SCS) lancé par Xi Jinping en 2014. En proposant une alternative au modèle occidental souvent critiqué pour ses contradictions (Goron, 2018), Pékin ambitionne d’incarner la transition en passant d’un rôle de suiveur à celui de leader et contributeur majeur dans le système de gouvernance environnementale mondiale (Cheng et al. 2020).
Face à l’incapacité des démocraties occidentales à produire des réponses adaptées aux multiples crises de l’Anthropocène, la question de l’efficacité et de la pertinence des modèles autoritaires s’invite dans le débat public et nourrit une littérature académique croissante (Tsang et Orsino, 2024 ; Enninga, 2023). Dans ce contexte, le SCE cristallise de nombreuses interrogations. Présenté comme un outil de gouvernance algorithmique au service de la CEN et un bien public global (Fang, 2022), le SCE est-il réellement à la hauteur des ambitions affichées en matière de transition écologique ? Ou bien s’agit-il avant tout d’un instrument de pouvoir, mobilisé par le Parti Communiste Chinois (PCC) pour renforcer son contrôle sur la société et l’économie et imposer ses standards numériques à l’international ?
Nous interrogerons les tensions entre ambitions environnementales et logiques autoritaires de puissance, au cœur du modèle chinois. Nous montrerons que, par-delà la rhétorique d’innovation écologique, l’efficacité réelle du SCE semble secondaire au regard de sa fonction transformative en interne et stratégique à l’international. Afin d’éclairer ces enjeux, l’article s’organise en trois temps. D’abord, une analyse critique des discours officiels sur la CEN qui met en lumière la manière dont le PCC mobilise la rhétorique verte au service d’ambitions à la fois domestiques et internationales. La deuxième partie s’attache à l’étude du SCE, en s’appuyant sur le cas de la province du Zhejiang, afin d’interroger sa mise en œuvre, ses logiques de fonctionnement et ses limites opérationnelles. Enfin, nous examinons la dimension internationale du projet, notamment la stratégie d’exportation du modèle chinois via les Routes de la Soie Vertes, et nous questionnons le SCE en tant qu’instrument d’influence et de redéfinition des standards de la gouvernance environnementale mondiale.
1. La Civilisation Écologique : une rhétorique verte au service d’ambitions globales
Pierre angulaire de la rhétorique verte du Parti Communiste Chinois (PCC), la Civilisation Écologique (CE) repose sur l’idée d’une coexistence harmonieuse entre la nature et l’humanité. Ce concept, vigoureusement promu par le gouvernement chinois depuis près de deux décennies, se présente comme une alternative au développement durable tel qu’envisagé en Occident (Marinelli, 2018). Les narratifs du Parti sur la CE ravivent un héritage philosophique confucéen idéalisé pour promouvoir un modèle chinois alternatif face à un Occident dépeint comme prédateur, capitaliste et impérialiste (Hansen, 2018 ; Heurtebise, 2023). Ils se construisent autour d’une rhétorique de la modernisation écologique, associant protection de l’environnement, innovation technologique et développement économique (Goron, 2018).
En interne, ces narratifs constituent une tentative du gouvernement de répondre aux attentes croissantes des citoyens face aux scandales environnementaux et à la dégradation des écosystèmes (Li et Shapiro, 2020). En externe, la CE est mobilisée comme un outil de soft power visant à positionner la Chine comme un leader mondial dans la lutte contre la crise climatique et l’effondrement de la biodiversité (Geall et Ely, 2018 ; Buckley, 2021). Présenté comme une réponse aux défis environnementaux planétaires, ce concept est mobilisé par le PCC pour exporter son propre modèle d’écologie politique à l’international (Monjon et René, 2024). À travers une approche techno-solutionniste, autoritaire et centralisée, le PCC ambitionne la construction d’une civilisation écologique mondiale, façonnant une nouvelle géopolitique de la puissance verte (Haëntjens, 2024).
Les engagements climatiques récents du PCC – atteindre le pic des émissions avant 2030 et la neutralité carbone d’ici 2060 – reflètent cette volonté de leadership. Ces annonces sont accompagnées d’investissements massifs dans les énergies renouvelables, permettant à la Chine de devenir le premier investisseur mondial dans ce secteur, avec un budget de 100 milliards de dollars par an (Lagesse, 2022).
Cependant, le discours du PCC se heurte à de nombreuses contradictions. Si la Chine se présente comme un acteur clé de la lutte contre le changement climatique, elle reste également le plus grand émetteur mondial de gaz à effet de serre en valeur absolue[1], avec une forte dépendance au charbon pour son mix énergétique (Monjon et Poncet, 2018). En parallèle, Pékin cherche à concilier ses objectifs écologiques avec ses priorités économiques et géopolitiques, incluant la sécurisation de ses approvisionnements en hydrocarbures (Umbach, 2019) et une relance de la consommation intérieure. L’initiative des Routes de la Soie Vertes illustre cette dualité : présentée comme un projet transnational de développement vert, elle sert également de levier stratégique pour consolider son influence géopolitique dans les pays riches en ressources naturelles stratégiques (Nedopil, 2022 ; Demiryol, 2022).
1.1. Vers une « Civilisation Écologique Numérique »
Dans l’idée de surmonter les contradictions de la CE, le gouvernement chinois a récemment lancé le projet de Civilisation Écologique Numérique (CEN). En février 2023, le Comité central du PCC et le Conseil d’État ont publié le « Plan global pour la construction d’une Chine numérique », qui définit les orientations de la CEN pour une mise en œuvre dès 2025 et une « harmonisation accrue » d’ici 2035. L’objectif est de fusionner les avancées technologiques avec les objectifs écologiques du PCC pour répondre aux défis environnementaux tout en consolidant l’influence géopolitique de la Chine, dans un contexte d’intensification de la crise écologique mondiale.
Pour les intellectuels organiques du PCC la civilisation écologique numérique repose sur une fusion entre deux dynamiques, la « numérisation de la civilisation » et l’« écologisation de la civilisation », convergeant simultanément pour transformer les relations entre nature, société et technologie (Shi et Chi, 2024). La CEN est alors présentée comme « une nouvelle forme de civilisation après la civilisation primitive, la civilisation agricole et la civilisation industrielle » (Ibid.). Sur un plan opérationnel, elle se décline en quatre piliers principaux (Huang et Luo, 2023) : (1) Le déploiement d’un « système unifié de surveillance écologique ». (2) La gouvernance intelligente des ressources naturelles au moyen notamment de la blockchain. (3) La numérisation des infrastructures industrielles pour contrôler leurs impacts. (4) La promotion d’un mode de vie vert en agissant notamment sur la modification des comportements des acteurs.
1.2. Une vision de l’écologie techno-moderniste et centralisée
La CEN s’inscrit pleinement dans la continuité des narratifs portés par Xi Jinping et qui prônent un renforcement du contrôle du Parti sur la société et l’économie grâce au numérique (Wang, 2023). L’innovation technologique y est placée sous le contrôle du pouvoir central et devient un levier majeur de la modernisation industrielle, écologique et culturelle (Geall et Ely, 2018), en cohérence avec la politique chinoise de « développement de haute qualité » où protection de l’environnement et productivité économique sont étroitement liées (Goron, 2018). Il s’agit enfin de « donner pleinement au marché un rôle décisif dans l’orientation des industries vertes et le choix des trajectoires technologiques » (Parti Communiste Chinois, 2015).
L’idée de synergie entre numérique et écologie découle ainsi de cette combinaison inédite de mécanismes de marché et de dispositifs centralisés de gouvernance numérique (Gilley, 2012 ; Wang, 2018 ; Lo, 2020), permettant une gestion rationnelle, méthodique et scientifique des interactions entre nature, technologie et société (Westman et Huang, 2022). Les technologies numériques y ouvrent la voie à une nouvelle ère civilisationnelle étendant l’innovation aux sphères politiques et institutionnelles (Geall et Ely, 2018), en cohérence avec la théorie de modernisation évolutive du PCC (Goron, 2018 ; Xue et al, 2023).
1.3. Une modernisation écologique autoritaire pilotée par le numérique
La CEN repose donc sur une approche prescriptive et étatique de l’écologie, où la définition et la mise en œuvre des politiques environnementales sont pilotées par les autorités centrales et associés à des dispositifs marchands (Li et Shapiro, 2020). L’objectif est de promouvoir un modèle de société vertueux, où la protection de l’environnement est érigée en valeur morale fondamentale devant orienter les mécanismes de production et de consommation (Lo, 2020). Cette vision s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation de la gouvernance environnementale visant à « accroître » l’État de droit et à moderniser l’économie socialiste de marché. Appuyée par le numérique, elle est censée accroître la transparence environnementale et permettre une stricte application des lois à travers une politique de tolérance zéro à l’égard des pollueurs (Ibid.). Elle encourage ainsi la participation des acteurs à la surveillance via des plateformes numériques dédiées à la divulgation d’informations environnementales (Monjon et René, 2021). Il s’agit notamment de répondre aux attentes populaires en matière de transparence environnementale et de lutte contre l’impunité des pollueurs (Wang, 2024 ; Geall, 2017). Cette vision globale est très clairement exprimée par le PCC (Parti Communiste Chinois, 2015) :
« Nous devons renforcer la supervision de l’application des lois. […] Nous appliquerons une « tolérance zéro » envers les comportements violant les lois et règlements environnementaux […]. Nous améliorerons la surveillance statistique […], accélérerons le renforcement des capacités en matière de statistiques, de surveillance et de calcul […]. Nous mettrons en œuvre le système de contrôle des émissions totales de polluants rejetés par les entreprises et les institutions. […] Nous améliorerons le système de participation du public […] et garantirons le droit du public à l’information. »
La CEN prône ainsi l’intégration des technologies numériques dans tous les aspects de la société, de la gouvernance environnementale au contrôle des modes de vie en passant par la gestion optimisée des entreprises et la maîtrise des risques environnementaux (Huang et Lo, 2024). Reposant sur une hybridation inédite de mécanismes généralement identifiés comme néolibéraux et d’outils hérités de la période soviétique, la CEN convoque aussi une dialectique entre modernité technologique et valeurs traditionnelles de la culture politique et morale chinoise (Heinzekehr, 2020).
2. Le système de crédit écologique (SCE) : pièce maîtresse de la gouvernance environnementale
Cette double hybridation trouve son expression la plus aboutie dans le système de crédit écologique (SCE). Ce dispositif incarne parfaitement l’articulation entre modernité technologique et contrôle centralisé, en mobilisant les technologies numériques les plus avancées pour surveiller, évaluer et orienter les comportements des acteurs. En cela, le SCE illustre bien cette volonté du Parti de redéfinir les rapports entre économie, société et écologie dans une perspective civilisationnelle (Monjon et René, 2021).
Le SCE vise à renforcer la « fiabilité écologique » de la société chinoise dans son ensemble, à intégrer les externalités socio-environnementales des entreprises dans leurs coûts de production et à rationaliser l’usage des ressources stratégiques sous contrainte des chocs écologiques (Fang, 2022).
Encore peu connu en occident, le SCE correspond à la branche environnementale du Système de Crédit Social (SCS) chinois. Lancé en 2014 par Xi Jinping, le SCS s’inscrit dans une démarche de modernisation de la gouvernance et de moralisation sociale à travers le déploiement de nouveaux outils de surveillance et de notation des agents. Il comprend deux facettes : un appareil normatif récompensant les « bons » agents pour leur moralité sociale et économique ; et un appareil disciplinaire punissant les comportements « déviants » et « indignes de confiance » (Zhang, 2020). Le SCE élargit la portée du SCS pour l’adapter aux enjeux de la civilisation écologique. Alors que le crédit social se concentre sur la quantification et l’évaluation des interactions dans la sphère sociale et économique, le crédit écologique cherche à intégrer les interactions avec l’environnement naturel. Cette évolution implique le développement de méthodes permettant de représenter ces écosystèmes, leurs composants et les relations qui les caractérisent, afin de rendre possible leur traitement algorithmique.
Le SCE a ainsi été conçu pour mesurer et noter le niveau « d’intégrité écologique » des entreprises, des citoyens et des agents publics, en s’appuyant sur des mécanismes de quantification de leurs performances sociales et environnementales. Ces évaluations permettent de leur attribuer un score visant à encourager l’adoption de pratiques plus écologiques. Les individus obtenant de scores élevés bénéficient d’incitations telles qu’un accès facilité au crédit bancaire ou une réduction des contrôles administratifs. À l’inverse, ceux dont les performances sont jugées nuisibles à l’environnement se voient imposer des sanctions financières ou administratives, voire une restriction d’accès à certains marchés ou subventions publiques (Monjon et René, 2021).
L’objectif est de réorienter les structures de production et les flux de capitaux vers une économie bas-carbone, tout en favorisant l’émergence d’une culture écologique nationale (Fang, 2022). Côté entreprises, ce dispositif est censé permettre une tolérance zéro envers les pollueurs et les fraudeurs, notamment ceux falsifiant les données environnementales. Il renforce ainsi la surface de contrôle des autorités centrales, en cohérence avec la réforme de la gestion verticale de l’environnement (Zhou, 2020). Pour Pékin, il s’agit de garantir l’application uniforme des lois environnementales en faisant évaluer la conformité des acteurs par les autorités locales. Le SCE offre également un moyen de légitimer le démantèlement des industries les plus polluantes sans intervenir directement dans leur fermeture. Au-delà des dimensions strictement légales et économiques, le SCE vise également à moraliser les comportements des acteurs en guidant la transition de la société vers une nouvelle ère civilisationnelle écologique. Les citoyens sont encouragés à participer activement à ces systèmes en signalant les entreprises polluantes via des plateformes gouvernementales dédiées et en renseignant l’empreinte écologique de leurs pratiques de consommation et leurs modes de vie.
2.1. Le SCE comme outil pragmatique de gouvernance territoriale
Techniquement, le SCE prend la forme d’un système national hiérarchisé. Une dynamique ascendante, du niveau communal aux districts puis aux régions, permet la captation des données en combinant auto-déclaration et évaluation externe. Une dynamique descendante, assure le pilotage du système, tant dans la définition des objectifs et des critères que dans leur contrôle opérationnel à chaque niveau. À cette hiérarchisation territoriale, est associée une multiplicité de systèmes territoriaux, respectant des lignes directrices nationales, déclinées régionalement ou à l’échelle d’une agglomération.
Cette multiplicité n’est pas contradictoire avec l’ambition de centralisation et semble au contraire jouer un rôle dans le dessein global. En effet, la littérature technique sur l’application du SCE aux entreprises (ibid.) témoigne d’une volonté d’innover (Chinese Business Network, 2024) par l’expérimentation afin de favoriser l’évolution rapide des systèmes de notation vers des formes stables et ayant fait leurs preuves sur le terrain (Fang, 2022). L’objectif étant de sélectionner les critères et modalités d’évaluation les plus efficaces et les plus robustes à la numérisation et l’agrégation. D’ailleurs, la méthodologie même des systèmes de notation semble faite pour assurer la compatibilité d’indicateurs composés de proxys et de mesures hétérogènes.
Ce caractère multiforme et multi-échelle du système est la marque d’un pragmatisme politique assumé. D’abord, la hiérarchisation répond clairement aux objectifs d’une puissance verticale devant administrer un territoire et une démographie dont l’échelle est le frein principal. Ensuite, le double mouvement ascendant-descendant assure une adaptation aux spécificités régionales tout en simplifiant les modalités de contrôle d’une structure socio-économique dont la complexité est difficile à maîtriser. Personne n’ignore que ces enjeux ont toujours été au cœur de l’histoire politique de la Chine (Liberthal, 1984), et le SCE semble être un outil idéal pour assurer un contrôle opérationnel des territoires et des acteurs économiques, en résolvant notamment le problème des « lacunes d’application » (Liu, 2024).
2.2. Le Système de Crédit Environnemental des Entreprises (SCEE)
Le Système de Crédit Environnemental des Entreprises (SCEE) constitue un sous-système clé du SCE spécifique à l’industrie. La province du Zhejiang est souvent citée comme un modèle de mise en œuvre du SCEE. Son système est le plus ancien et le plus développé, sur un territoire connu pour être la vitrine numérique et écologique du pays (Wang, 2019). La structure du SCEE dans le Zhejiang regroupe trois types de critères. D’un côté, des critères permettant de mesurer le niveau d’engagement des entreprises dans la protection de l’environnement et la lutte contre la pollution (49%). De l’autre, des critères relevant plutôt de la réputation écologique, de la fiabilité des informations, ainsi que de la conformité du point de vue de la fiscalité verte (41%). Un troisième type est formé d’un seul critère, dont le poids est relativement important (14%) dans la note finale, et qui concerne le système de gestion des risques mis en place par l’entreprise (Dép. de l’écologie et de l’environnement du Zhejiang, 2020). Les critères environnementaux portent sur les externalités des activités économiques. Toutefois, il est intéressant de remarquer que les différentes dimensions ne sont pas quantifiées en tant que variables d’un modèle écosystémique mais sous l’angle du respect ou non des objectifs réglementaires. En somme, ce qui est mesuré c’est la conformité administrative et/ou politique de l’entreprise plutôt que son impact (ibid). Il apparaît donc assez clairement que l’objet du SCEE est de développer une culture du respect des orientations gouvernementales et de la fiabilité des données remontantes, avant toute autre considération.
Pour implémenter le SCEE, le Zhejiang a mis en place un système combinant auto-déclaration et inspection humaine (ibid.) Ce système comprend principalement un extranet permettant la collecte des données auprès des entreprises, ainsi qu’un site web publiant les notes attribuées à chaque entreprise[2]. Dans la plupart des autres territoires, l’outillage permettant de collecter, analyser et restituer ces données est beaucoup moins sophistiqué et semble plus relever de l’artisanat administratif que de l’idéal de numérisation du pouvoir central. On peut donc se questionner sur l’état d’avancement réel et la fiabilité d’un système dont la généralisation paraît prématurée au vu des objectifs initiaux.
Toujours dans le Zhejiang, on constate des taux élevés de conformité environnementale parmi les entreprises auditées, y compris en comparant les classements sur plusieurs années (plus de 90 % dans les deux classements les plus élevés sur cinq au total). Le nombre apparemment faible d’entreprises relevant des trois plus bas niveaux, et sa stabilité dans le temps, questionnent là encore, d’autant plus s’il s’agit du plus élaboré des systèmes actuels. En première approche, il apparaît évident que le fonctionnement même du système fait qu’une entreprise ne peut pas rester longtemps dans les niveaux inférieurs, puisqu’elle sera soumise à des contraintes importantes pouvant la conduire au dépôt de bilan, à moins de corriger rapidement ses pratiques pour normaliser son classement. Mais la faiblesse de la population présente dans le niveau médian, voire immédiatement supérieur, semble indiquer que le système ne permet pas de classer les différents niveaux d’impact ou de comportement réels.
Ces remarques accréditent l’idée que le SCEE a été déployé avant d’avoir atteint un niveau de maturité suffisant et n’a pour l’instant d’autre objectif que d’ancrer le SCE dans les pratiques des entreprises en développant une culture de la donnée et l’acceptation des mécanismes coercitifs associés. L’accent important mis sur la transparence et la conformité déclarative et fiscale, ainsi que la présence des indicateurs de réputation montrent bien que sont récompensées les attitudes de transparence à l’égard de l’autorité centrale, et de non-perturbation de l’ordre public. En d’autres termes, le SCEE actuel n’aurait pour objectif que de créer la confiance des parties prenantes dans le SCEE.
2.3. Derrière les limites techniques du SCEE, une vision à long terme
Le crédit écologique est désormais intégré dans la boîte à outils des politiques publiques en Chine, devenant un mécanisme central pour promouvoir une gouvernance environnementale durable (Chinese Business Network, 2024). Des institutions telles que la Banque populaire de Chine et le ministère de l’Écologie et de l’Environnement tentent de définir des standards pour évaluer les performances environnementales des entreprises et aligner les incitations financières avec les objectifs écologiques. Néanmoins, l’état actuel du système ne permet pas d’envisager une intégration dans les systèmes d’évaluation financière. Les institutions identifient un certain nombre de défis à relever pour passer à l’étape suivante (Liu, 2024). C’est d’abord le manque de normes unifiées pour évaluer les comportements écologiques qui en rend difficile la quantification. Mais aussi, la complexité de la collecte de données qualifiées en raison de la variété des impacts environnementaux (Chinese Business Network, 2024). Enfin, la pénurie de compétences spécialisées permettant de gérer ces nouveaux défis techniques, notamment dans la financiarisation des variables écologiques et l’ingénierie des mesures d’impact.
Pour surmonter ces obstacles, les responsables parient évidemment sur le numérique pour créer rendre opérationnel cet immense système de « datafication » des comportements (Gao 2014) dans un format interopérable et partageable. Néanmoins, les principaux enjeux ne sont pas juste technologiques mais aussi empiriques et cognitifs. Il y a d’abord l’adaptabilité des systèmes de mesure aux conditions environnementales et entrepreneuriales. Il faut aussi déployer les compétences sur tous les points de collecte et d’analyse des données. Enfin, il est nécessaire de coordonner les administrations concernées, les institutions financières et les laboratoires de recherche pour créer les indicateurs pertinents et les instruments adaptés aux objectifs des politiques publiques environnementales.
3. L’exportation de la civilisation écologique numérique via les Routes de la Soie Vertes
Le Système de Crédit Écologique incarne la vision technocratique et autoritaire du PCC en matière de gouvernance environnementale. S’il s’avère efficace, ce modèle pourrait servir d’exemple pour un déploiement plus large à l’international (Fang, 2022 ; Gao, 2014). Le PCC intensifie ses efforts pour promouvoir son modèle d’écologie politique en tant qu’alternative chinoise au modèle occidental de développement durable (Kalantzakos, 2022). À travers ce projet, la Chine cherche à consolider son image d’acteur responsable et innovant sur la scène internationale. La CEN permet également à Pékin de s’émanciper des cadres sémantiques occidentaux (Hanson, 2019), en proposant un modèle vert aux « caractéristiques chinoises » dont l’ambition est de redéfinir les standards internationaux en matière d’écologie (Clément, 2021).
L’initiative des Nouvelles Routes de la Soie (Belt and Road Initiative, BRI), lancée en 2013 par Xi Jinping, constitue ainsi un levier stratégique central pour diffuser ce modèle. Présentée comme un projet intrinsèquement vert et bénéfique aux pays partenaires, la BRI a donné naissance aux « Routes de la Soie Vertes » (Green Belt and Road Initiative), qui visent à intégrer des objectifs écologiques dans le cadre d’un développement transnational d’infrastructures de transport, d’énergie et de communication (Cabestan, 2019 ; Sun et Yu, 2023). Ces routes vertes s’inscrivent dans une dynamique plus large d’alignement avec les Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies et les engagements climatiques chinois à l’international (Codevilla, 2024). Ces dernières années, elles ont été mises en avant comme un projet de coopération internationale visant à décarboner les économies des pays partenaires tout en modernisant leurs industries grâce à des partenariats « gagnant-gagnant » avec la Chine (Coenen et al., 2021). Par ailleurs, le gouvernement chinois a lancé des programmes tels que les « envoyés verts des Routes de la Soie », destinés à former les élites des pays membres aux techniques chinoises de gouvernance environnementale (Li et Shapiro, 2020).
Le développement d’une coalition internationale pour le développement vert des Routes de la Soie a pour fonction non seulement d’améliorer la connectivité entre les nations, mais aussi de promouvoir un cadre commun pour évaluer et certifier la fiabilité écologique des projets (Fang, 2022). Ainsi, la CEN est présentée comme un bien public international contribuant à une gouvernance environnementale mondiale plus équitable, dont le crédit social et écologique est une des dimensions opérationnelles, vecteur de confiance et de transparence entre les parties prenantes (Zhang 2017).
Derrière cette rhétorique pacifiste au service de la justice environnementale mondiale, les routes de la soie verte représentent aussi la réponse stratégique de Pékin face aux critiques sur l’impact environnemental négatif des projets initiaux de la BRI. Le gouvernement chinois a dû intégrer des normes écologiques dans ses accords de coopération pour améliorer son image internationale, ternie par de nombreux scandales environnementaux impliquant ses entreprises à l’international, une façon habile de consolider son influence géopolitique dans les pays vulnérables au changement climatique (Nedopil, 2022). La Chine renforce par ce biais son rôle dans les institutions internationales liées au climat, telles que le GIEC ou les COP. Cela lui donne l’opportunité de promouvoir un modèle alternatif au paradigme occidental du développement durable et de tisser des partenariats stratégiques avec les pays du Sud global via une diplomatie verte. Cette stratégie s’inscrit dans une volonté plus large d’affirmer un soft power climatique en partageant ses technologies propres et ses normes de gouvernance environnementale, Pékin cherche à redéfinir les standards internationaux tout en consolidant sa position sur l’échiquier mondial (Sun et Yu, 2023).
L’intégration du numérique dans cette stratégie d’internationalisation de son modèle de développement vert est particulièrement significative. Comme l’indiquent les textes officiels, la Chine propose aux États partenaires de la BRI des technologies innovantes basées sur le contrôle numérique et la surveillance, permettant de gérer les défis environnementaux locaux tout en réduisant les asymétries numériques globales grâce à des projets qui se veulent inclusifs comme le « China-Africa Digital Innovation Partnership Program » (Wang et Chen, 2024). Ces outils visent officiellement à renforcer les dispositifs locaux de gouvernance écologique mais peuvent aussi servir à consolider les systèmes étatiques de coercition et de contrôle. Ils sont exportés par la Chine avec une volonté de promouvoir la souveraineté numérique des États, en cohérence avec sa vision du cyberespace (Hicks, 2022). En outre, ces technologies sont souvent accompagnées d’un financement attractif qui facilite leur adoption par des pays en développement, même ceux avec une gouvernance autoritaire. Cependant, leur efficacité réelle reste parfois limitée, contribuant davantage à une « esthétique sécuritaire » qu’à un contrôle effectif (Ibid.).
Cette stratégie d’exportation s’accompagne d’importantes contradictions. Bien que les discours officiels mettent en avant une coopération verte et durable, de nombreux projets financés par la Chine dans le cadre de la BRI incluent des infrastructures particulièrement nuisibles à l’environnement, notamment les centrales à charbon, les autoroutes ou les méga-centrales hydroélectriques. Ces projets engendrent souvent des émissions massives de gaz à effet de serre ou des atteintes à la biodiversité dans les pays partenaires (Chen et Springer, 2021). En outre, sur le plan interne, malgré une rhétorique axée sur la transition écologique, Pékin continue d’accroître sa dépendance au charbon pour répondre à ses besoins énergétiques croissants. En 2022, face à une sécheresse historique ayant affecté sa production hydroélectrique, le gouvernement a autorisé une augmentation de 300 millions de tonnes supplémentaires des capacités minières (Aglietta et Macaire, 2023 ; Collins et Erickson, 2022).
Conclusion : Entre ambitions écologiques et renforcement autoritaire
Comme nous l’avons montré, le SCE dépasse de loin sa fonction primaire d’outil de contrôle social. D’abord parce qu’il s’intègre dans un projet global, la Civilisation Écologique et Numérique, dont il est une des dimensions applicatives et le principal levier pour engager une transformation des comportements des acteurs. Il joue aussi un rôle fondamental de support sociotechnique pour piloter et atteindre les objectifs environnementaux, tout en fondant la confiance des parties prenantes dans l’objectivité et la fiabilité du modèle. Évidemment, la dimension du contrôle social est bien présente et constitue un élément non négligeable du point de vue des systèmes démocratiques. Mais dans un contexte où la confiance dans la capacité des systèmes politiques à résoudre les problèmes environnementaux est érodée, on conçoit aisément que la promesse d’un outil numérique impartial, basé sur des métriques et des processus réputés transparents, puisse attirer la confiance des citoyens et l’intérêt des dirigeants. Là où le projet civilisationnel pourrait échouer à convaincre, la réalisation technologique peut fournir un argument de poids, particulièrement dans un moment où le numérique a tendance à être surévalué en tant que vecteur de progrès et de justice dans le monde entier.
L’enjeu est d’autant plus important que le SCE est conçu pour s’appliquer indépendamment du système économique et politique dans lequel il est utilisé. La propagande du SCE insiste d’ailleurs largement sur le fait qu’une grande part du système est directement inspirée de modèles en usage actuellement en occident. Ce verni d’objectivité est probablement un facteur capital dans la promotion du système en termes d’acceptabilité sociale. Il va de soi que c’est uniquement en replongeant dans les méthodes et les concepts de l’évaluation en contexte réel, et en prenant en compte toutes les possibilités de dérive et de manipulation, que l’on peut vraiment comprendre la nature de ces instruments. D’ailleurs, ce type de solution numérique aurait pu être proposé par n’importe quel géant du numérique[3] sans éveiller les mêmes réticences, d’autant plus qu’elle active le fantasme d’un contrôle opérationnel total dont l’urgence climatique semble nous inviter à accepter l’idée.
Du point de vue opérationnel cependant, il est impossible pour l’instant de faire un bilan de l’efficacité du SCE en termes de protection de l’environnement, ou d’atteinte des objectifs fixés par Pékin dans le cadre des négociations internationales. Mais tout semble indiquer que le projet s’inscrit dans le temps long, et que Pékin ne table pas sur une efficacité environnementale immédiate du SCE, mais sur son efficience en tant que mode de gouvernance, autoritaire et intrusif certes, mais virtualisé et invisibilisé. L’utilisation de l’intelligence artificielle n’est qu’un facteur supplémentaire d’acceptabilité, les humains ayant une fâcheuse tendance à attribuer aux outils numériques une confiance inversement proportionnellement à la compréhension qu’ils en ont.
Références
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Buckley, L. (2021). Engaging with China’s ecological civilization. Rapport de la Green Economy Coalition, https://www.greeneconomycoalition.org/assets/reports/GEC-Reports/GEC-IIED-China-EcoCivilisationPaper-A4-Feb21-V4b.pdf
Cabestan, J. P. (2019). Les nouvelles routes de la soie. Études, (12), 19-30.
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Cheng B., Li F., Xie X. (2020). « Expertise : Les routes de la soie verte incarne une nouvelle pratique de gouvernance globale de l’environnement ». Le Quotidien du Peuple en ligne. 10 avril, [en ligne] https://www.yidaiyilu.gov.cn/p/122437.html (consulté le 16 11 2024)
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[1] La Chine représente, à elle seule, plus de 30% des GES mondiaux. En revanche, concernant ses émissions par habitants elle se classe – avec 11,11 tonnes de CO2 – au 34e rang mondial, devant l’UE (59e rang) et derrière les États-Unis (7e rang). Ces chiffres par habitant ne tiennent pas compte du CO2 importé. Source : touteleurope.eu
[2] Données extraites en ligne depuis le « Système de gestion et d’évaluation du crédit environnemental des entreprises de la province du Zhejiang » (浙江省企业环境信用评价管理系统).
[3] Un des systèmes les plus aboutis de Crédit Social a été développé et expérimenté par Alibaba sous le nom de « Sésame Credit », et a rencontré un succès important dans la population alors même qu’il n’était pas obligatoire.