Regards géopolitiques 11(2), 2025
Alain De Neve
Alain De Neve est chercheur au Centre d’études de sécurité et défense de l’Institut royal supérieur de défense (IRSD) à Bruxelles. Ses travaux portent sur les technologies militaires émergentes, la dissuasion nucléaire et les enjeux de gouvernance dans l’espace extra-atmosphérique. Il est également Visiting Expert à l’Université libre de Bruxelles.
Alain De Neve is a researcher at the Centre for Security and Defence Studies of the Royal Higher Institute for Defence (RHID) in Brussels. His work focuses on emerging military technologies, nuclear deterrence, and governance issues in outer space. He also serves as a Visiting Expert at the Université libre de Bruxelles.
Résumé
Cet article se propose d’analyser la stratégie d’influence mondiale de la Chine à travers ses services satellitaires, en croisant diplomatie spatiale, souveraineté numérique et enjeux de cybersécurité. En s’appuyant sur des coopérations renforcées avec le Sud global, Pékin déploie un modèle techno-diplomatique concurrent de celui des puissances occidentales. Cette dynamique redéfinit les rapports de pouvoir dans l’espace orbital et interroge la gouvernance future du cyberespace spatial.
Mots clés : Diplomatie spatiale ; Sud Global ; Services satellitaires ; Cybersécurité orbitale ; Gouvernance spatiale
Abstract
This article aims to analyze China’s global influence strategy through satellite services, intertwining space diplomacy, digital sovereignty, and cybersecurity concerns. By reinforcing cooperation with the Global South, Beijing advances a techno-diplomatic model that challenges Western approaches. This dynamic reshapes orbital power relations and questions the future governance of the space-based cybersphere.
Key words : Space diplomacy ; Global South ; Satellite services ; Orbital cybersecurity ; Space governance
Introduction
Au fil des deux dernières décennies, la Chine a multiplié les initiatives pour consolider sa présence dans le domaine spatial, un secteur désormais perçu comme un levier stratégique de puissance et d’influence internationale. Loin de se limiter aux démonstrations technologiques ou aux ambitions scientifiques, cette dynamique s’inscrit dans une logique plus large de projection géopolitique, où les infrastructures orbitales deviennent des instruments de diplomatie et des vecteurs d’influence. En parallèle, la maîtrise des services satellitaires – qu’ils soient liés à l’observation de la Terre, aux télécommunications ou à la navigation – confère à Pékin une capacité inédite de capter, de traiter et de diffuser des données sensibles à l’échelle planétaire.
Dans cette configuration, les enjeux de cybersécurité occupent une place centrale. La capacité à sécuriser les chaînes d’information, à protéger les infrastructures orbitales contre les intrusions ou les interférences, mais aussi à exploiter le cyberespace pour asseoir une influence normative, devient un atout stratégique de premier plan. À travers le développement et l’exportation de ses services satellitaires, la Chine articule ainsi une stratégie qui conjugue diplomatie technologique, soft power et souveraineté numérique, avec pour objectif de remodeler les rapports de force dans un espace globalisé et hautement concurrentiel.
Cet article propose d’analyser les ressorts de la stratégie chinoise d’influence mondiale par le biais des services satellitaires, en posant la question suivante : dans quelle mesure la diplomatie spatiale chinoise, articulée à une logique de souveraineté numérique, redéfinit-elle les équilibres de pouvoir dans l’environnement orbital global ? Pour y répondre, l’analyse s’articule en plusieurs temps : elle examine d’abord les fondements technologiques et géopolitiques de la « nouvelle ruée vers l’espace » dans laquelle s’inscrit la Chine, avant de se pencher sur les modalités concrètes de sa coopération spatiale avec les pays du Sud global, notamment en Afrique. L’étude explore ensuite les logiques de dépendance et de projection d’influence qui sous-tendent cette diplomatie spatiale, avant de montrer comment ces dynamiques s’articulent à des enjeux croissants de cybersécurité, dans un contexte de rivalité stratégique et de fragmentation des normes de gouvernance spatiale.
1. Une ruée vers l’espace
Dans ce contexte de recomposition des équilibres géostratégiques, la stratégie spatiale chinoise s’affirme comme un levier d’influence global, mêlant ambition technologique, déploiement de services satellitaires et préoccupations en matière de cybersécurité. Cette stratégie s’inscrit elle-même dans une dynamique plus large qui dépasse les logiques classiques de compétition étatique : elle participe à la redéfinition des règles du jeu dans un espace extra-atmosphérique devenu le théâtre d’une concurrence multiforme (Wang, 2024).
À la faveur des mutations survenues depuis le tournant du XXIe siècle, le secteur spatial a connu des transformations profondes, au point que ses caractéristiques actuelles diffèrent radicalement de celles de la course à l’espace qui a marqué la fin des années 1950 et les années 1960. De nombreux experts s’accordent à qualifier la dynamique actuelle de la compétition internationale dans l’espace de « ruée vers l’espace » (Pasco, 2024), susceptible de remettre en question les principes fondamentaux qui régissent ce domaine — des principes en grande partie établis par le Traité de l’espace de 1967 et les accords internationaux conclus dans son sillage (Clay, 2019). C’est dans ce contexte que la Chine a déployé une diplomatie spatiale destinée à contrecarrer le positionnement des acteurs historiques du secteur.
Une explication raisonnable de cette tendance réside dans la concomitance de quatre phénomènes ayant exercé, depuis la fin de la guerre froide, un impact durable sur le secteur spatial. Le premier de ces phénomènes est l’extension horizontale et verticale des technologies et des réseaux numériques. L’extension horizontale s’explique par le fait que l’immense majorité des sociétés à travers le monde dépendent aujourd’hui des services fournis ou soutenus par l’Internet. L’extension verticale, quant à elle, découle du fait que les différents échelons de la société — de l’individu aux institutions — s’appuient sur les technologies en réseau pour la conduite de leurs activités respectives (Lewis & Linvingstone, 2023).
Un deuxième phénomène découle de l’augmentation du nombre d’États ayant désormais élaboré une politique spatiale, soit parce qu’ils sont parvenus à développer leur propre infrastructure scientifique et technologique leur permettant de déployer lanceurs, satellites et services associés (comme c’est le cas de la Chine), soit parce qu’ils peuvent accéder aux ressources spatiales par le biais de partenariats inscrits dans des cadres de coopération industrielle. Certains de ces États (à l’image de la Chine), longtemps cantonnés à une phase de « rattrapage technologique », concurrencent désormais les acteurs historiques et ont contribué à transformer l’espace en un environnement hyperconcurrentiel (Gaudard, 2004).
Un troisième phénomène réside dans la diversification qualitative des acteurs scientifiques et technologiques engagés dans la mise en œuvre d’une politique spatiale. Les États, longtemps demeurés les acteurs dominants de ce secteur, ont été contraints de partager ce « monopole » avec des entrepreneurs privés (Gaudard, 2004). Il convient, à cet égard, de bien cerner la portée de cette transformation : les entrepreneurs privés ne se contentent plus d’agir en tant que simples sous-traitants des autorités publiques ; ils développent désormais leurs propres politiques spatiales et définissent leurs programmes en fonction de leurs objectifs de marché et de croissance. SpaceX, par exemple, déploie sa propre constellation de satellites Internet, Starlink. Amazon, de son côté, travaille au développement de sa constellation Kuiper. L’entrepreneuriat du New Space élabore aujourd’hui une vision autonome de l’espace à long terme, indépendante des États (Achilleas, 2016).
Un quatrième phénomène tient à la congestion croissante du domaine spatial, conséquence directe de la compétition entre États et entreprises privées pour l’occupation de l’espace (Space Dominance) (Shabbir, Sarosh, & Nasir, 2024). Aujourd’hui, de plus en plus de voix s’élèvent pour alerter l’opinion publique, les décideurs, mais aussi les acteurs économiques, sur les risques qu’un entrepreneuriat spatial débridé pourrait faire peser sur la continuité des services issus de l’exploitation spatiale. Si la dérégulation venait à s’imposer comme norme, cela pourrait compromettre gravement la liberté d’accès à l’espace pour les nations. Dans ce contexte, le syndrome de Kessler[1] a récemment refait surface, ravivant les inquiétudes quant à l’avenir de l’écosystème spatial mondial (Adushkin, Aksenov, Veniaminov, & Kozlov, 2020). Or, ces hypothèses pourraient s’avérer encore plus dramatiques : la destruction accidentelle d’un satellite militaire par un objet incontrôlé ou par des débris issus d’une collision fortuite — potentiellement en cascade, avec des répercussions sur d’autres systèmes appartenant à d’autres nations ou organisations — pourrait entraîner de graves conséquences pour la paix entre puissances spatiales, celles-ci étant susceptibles de s’accuser mutuellement de chercher à provoquer un conflit majeur.
2. L’ouverture spatiale de la Chine : un alignement avec le Sud global
Depuis 2016, la Chine intensifie ses efforts de coopération spatiale, notamment avec les pays généralement que l’on regroupe désormais sous l’étiquette imparfaite de « Sud global ». Cette orientation résulte en grande partie des difficultés croissantes rencontrées par les responsables chinois de la science et de la technologie pour établir des partenariats avec les acteurs européens dans ce domaine. En conséquence, la constitution de partenariats avec les pays du Sud global est devenue une priorité stratégique. Consciente des tensions suscitées par la répartition des rôles dans l’espace à l’échelle internationale, la Chine perçoit les pressions croissantes exercées sur les instances de régulation des activités spatiales par les nouveaux acteurs, souvent qualifiés de « nouveaux entrants ». Le mécontentement croissant des nations qui n’ont pas été parmi les pionnières de l’aventure spatiale, mais qui revendiquent désormais un accès équitable à l’utilisation et à l’exploitation de l’espace, se manifeste notamment au sein de l’Union internationale des télécommunications (UIT), à l’occasion des négociations sur l’allocation des fréquences entre États.
Afin de répondre aux revendications légitimes formulées par les nouveaux entrants dans le domaine spatial, la Chine a lancé en 2016 le programme intitulé « Belt & Road Initiative Space Information Corridor » (BRISIC) (Sénéchal-Perrouault, 2020). Dans la première partie du document officiel Guiding Opinion on the Accelerated Promotion of the BRSIC (Guiding Opinion on Accelerating the Construction and Application of ‘One Belt One Road’ Space Information Corridor (关于加快推进“一带一路”空间信息走廊建设与应用的指导意见), 2016), ce programme est défini de manière à souligner trois dimensions fondamentales. D’une part, cette définition élargit le périmètre initial du BRSIC, en intégrant un ensemble plus vaste de services et d’infrastructures liés à l’information spatiale. D’autre part, elle présente le BRSIC comme une initiative de coopération internationale, à la fois technologique et industrielle, destinée à favoriser l’interconnexion des capacités spatiales entre la Chine et ses partenaires. Enfin, elle inscrit résolument le programme dans un processus de mondialisation des entreprises spatiales chinoises, traduisant ainsi une stratégie hybride, à la fois industrielle, commerciale et politique (Nadarajah, 2024).
La coopération spatiale avec les pays visés repose sur deux approches principales : d’une part, la fourniture de services spatiaux (communications, télédétection, navigation) ; d’autre part, l’ouverture à de nouveaux projets exploratoires et infrastructures.
2.1. Les services spatiaux
En matière de services spatiaux, la navigation constitue le service le plus sophistiqué fourni par la constellation BeiDou. Ce système de navigation par satellite, à couverture mondiale, étend aujourd’hui sa portée à l’ensemble des continents. Dans un esprit de coopération internationale affirmée, la Chine a conclu des partenariats avec plusieurs grandes organisations régionales, parmi lesquelles l’Union africaine, la Ligue des États arabes et la Communauté des États latino-américains et des Caraïbes (CELAC) (China’s Beidou Navigation Satellite System in the New Era: White Paper, 2022). Dans le but de renforcer la présence et l’utilité de BeiDou sur le continent africain, la Chine a organisé à Pékin, en novembre 2021, le tout premier Forum de coopération Chine-Afrique sur le système BeiDou. Cet événement d’envergure a rassemblé des représentants de 48 pays africains, soulignant l’effort stratégique de la Chine pour promouvoir l’adoption et l’intégration du système en Afrique, et en démontrer le potentiel en matière d’infrastructure technologique et de connectivité dans des secteurs variés (A Key Component to China’s Belt & Road: The Spatial Information Corridor, 2021).
Dans le domaine de la télédétection, la Chine partage des données issues, notamment, de sa constellation avancée de satellites Gaofen avec des pays d’Afrique, d’Asie du Sud-Est, ainsi qu’avec les membres de l’Organisation de coopération spatiale Asie-Pacifique (APSCO). Cette démarche illustre l’engagement de la Chine en faveur de la coopération internationale et de l’amélioration des capacités de surveillance globale. En 2021, l’Administration spatiale nationale chinoise (CNSA) a franchi une étape significative en signant un accord global avec ses homologues des pays du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), visant à faciliter l’échange de données issues de satellites d’observation de la Terre. (Zhao, Zhang, Xu, Sun, & Deng, 2021) Cette coopération vise à tirer parti des atouts respectifs de chaque constellation nationale pour soutenir la surveillance environnementale, la gestion des catastrophes et la planification urbaine au sein des pays membres du BRICS. Poursuivant cet engagement, la CNSA a initié, en 2022, la création du Comité conjoint de coopération spatiale des BRICS. Ce comité a pour mission de coordonner les activités spatiales entre les pays membres, d’intégrer leurs services de données satellitaires et de développer des projets spatiaux conjoints, soulignant ainsi l’importance stratégique de la technologie spatiale dans la réponse aux défis globaux et dans la promotion du développement durable.
Dans le domaine des communications, la Chine, bien qu’encore en retrait à ce jour, affiche des ambitions claires pour proposer à court terme des services de communication à large bande depuis l’orbite terrestre basse (LEO). En 2021, Pékin a annoncé la création de la China Satellite Network Group, ou China SatNet, une entité publique chargée de la mise en œuvre de la méga-constellation GuoWang (Julienne, 2023), destinée à être déployée en orbite basse. Avec un objectif de près de 13 000 satellites, GuoWang vise à constituer un contrepoids robuste au réseau américain Starlink, qui compte actuellement plus de 5 000 satellites en orbite et prévoit un déploiement total d’environ 12 000 unités. Selon les médias chinois, plusieurs satellites de test ont déjà été lancés avec succès, prélude à la phase opérationnelle prévue dès 2024. L’objectif fixé par la Chine est d’atteindre la pleine capacité opérationnelle de la constellation GuoWang à l’horizon 2035. Cette initiative stratégique vise à assurer une présence chinoise significative dans l’infrastructure mondiale des communications, à renforcer la connectivité globale, et à permettre à la Chine de rivaliser à armes égales avec les principaux fournisseurs internationaux de services de télécommunications satellitaires.
Parallèlement, le gouvernement municipal de Shanghai soutient une initiative alternative de méga-constellation baptisée « G60 Starlink » (G60), qui prévoit le déploiement ambitieux de 12 000 satellites. Ce projet s’inscrit clairement comme une mesure de riposte face à la constellation Starlink d’Elon Musk. Les autorités de Shanghai ont confirmé que des satellites de test ont déjà été placés en orbite et que la transition vers la phase opérationnelle est imminente, bien qu’aucun calendrier précis n’ait encore été communiqué.
En dépit du défi considérable que représente la rivalité avec Starlink, et de l’incertitude qui pèse encore sur la viabilité commerciale du projet, les objectifs stratégiques de la Chine à travers ses projets de méga-constellations sont doubles : d’une part, éviter un retard technologique face aux États-Unis dans l’exploitation des avantages militaires et commerciaux qu’offrent ces systèmes spatiaux ; d’autre part, utiliser les constellations à large bande en orbite basse comme instruments diplomatiques, afin de renforcer les liens avec les pays du Sud global et consolider ainsi son statut de puissance mondiale.
Cette initiative illustre non seulement la volonté de la Chine de rester dans la course à l’espace, mais elle met également en lumière ses ambitions géopolitiques plus larges, en mobilisant le progrès technologique au service de l’expansion de son influence et de la connectivité à l’échelle mondiale.
2.2. Coopération en matière exploratoire et d’infrastructure spatiale
La Chine intensifie ses efforts de collaboration avec les pays du Sud global en les intégrant à ses initiatives spatiales. Un exemple emblématique de cette stratégie d’ouverture est représenté par la Station internationale de recherche lunaire (International Lunar Research Station – ILRS), un projet qui illustre l’engagement de la Chine en faveur d’une coopération internationale renforcée dans le domaine de l’exploration spatiale. Lancée en mars 2021 comme une initiative conjointe entre la Chine et la Russie, l’ILRS a rapidement évolué vers un consortium international élargi. En décembre 2023, six pays — le Venezuela, l’Afrique du Sud, l’Azerbaïdjan, le Pakistan, le Bélarus et l’Égypte — avaient rejoint le projet, chacun apportant une contribution spécifique à la coopération.
Par ailleurs, la Chine a consolidé son engagement envers l’ILRS par une déclaration conjointe avec l’Organisation de coopération spatiale Asie-Pacifique (APSCO), témoignant de l’élargissement du socle international de soutien à cette initiative. Cette dynamique reflète la volonté stratégique de la Chine de construire une architecture spatiale multilatérale, en s’appuyant sur des partenariats avec les pays émergents pour affirmer son leadership dans le nouvel ordre spatial mondial.
Malgré le nombre croissant de soutiens, la nature et la profondeur de l’adhésion au projet chinois de Station internationale de recherche lunaire (ILRS) méritent une analyse plus nuancée. À l’origine, la Russie devait jouer un rôle central dans cette initiative, apportant un poids diplomatique et technologique significatif. Toutefois, les répercussions géopolitiques de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 ont considérablement terni son attractivité aux yeux d’éventuels partenaires, aggravant les difficultés rencontrées par un secteur spatial russe déjà en déclin (Julienne, China-Russia Cooperation in Space: The Reality Behind the Speeches, 2022).
Par ailleurs, le niveau d’engagement des six pays membres de l’ILRS demeure hétérogène, allant d’accords de coopération formels à de simples protocoles d’entente ou déclarations communes d’intention. Cette disparité témoigne d’un stade encore embryonnaire de l’engagement, d’autant plus perceptible que ces États disposent d’une expérience spatiale relativement limitée (Wu, 2023). Cette configuration souligne les défis que la Chine devra surmonter pour transformer ces partenariats initiaux en une coopération opérationnelle durable, à la hauteur de ses ambitions lunaires.
À l’inverse, le programme américain d’exploration lunaire Artemis, soutenu par les Artemis Accords, bénéficie du partenariat de 33 pays, dont plusieurs disposent de capacités spatiales avancées. Cette comparaison met en lumière le soutien international relativement limité dont jouit l’ambition lunaire de la Chine.
Au-delà du projet ILRS, la Chine promeut également sa station spatiale Tiangong comme plateforme de coopération internationale. Pékin s’est engagé à former et à accueillir des astronautes étrangers à bord de Tiangong, et prévoit de lancer un processus de sélection dédié.
On observera que cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à proposer des solutions spatiales complètes et à soutenir le développement d’industries spatiales nationales dans les pays du Sud global. Ainsi, au cours des deux dernières décennies, la Chine a lancé des satellites pour plusieurs pays, dont le Nigeria, le Pakistan, le Venezuela, le Laos et la Bolivie, et a récemment renforcé sa coopération avec l’Égypte. L’inauguration, en 2023, du Centre d’assemblage, d’intégration et de tests de satellites (AITC) au Caire illustre l’approfondissement de cette relation bilatérale. Le premier projet du centre — l’assemblage du satellite de télédétection MisrSat-2, financé par la Chine — a servi de module de formation pratique pour les ingénieurs égyptiens et s’est soldé par un lancement réussi depuis le territoire chinois. L’adhésion officielle de l’Égypte au programme ILRS, intervenue après cette réussite, marque une étape significative dans la coopération spatiale sino-égyptienne.
Le recentrage stratégique de la Chine vers le Sud global, illustré par des initiatives comme la Belt and Road Initiative (BRI), la Global Development Initiative (GDI) et la Global Security Initiative (GSI), reflète une diplomatie adaptative face à la réticence persistante des puissances occidentales à coopérer dans le domaine spatial. Les partenariats émergents entre la Chine et les nations en développement du secteur spatial portent l’espoir de voir naître une nouvelle génération de puissances, sans toutefois pouvoir remplacer pleinement les synergies technologiques et politiques autrefois partagées avec les acteurs établis. Dans un contexte géopolitique et technologique incertain, notamment du fait de la position russe, la Chine doit encore relever de nombreux défis. Néanmoins, la résilience dont Pékin fait preuve et sa capacité à renforcer son autonomie pourraient en faire un acteur clé dans la redéfinition de l’exploration et de la coopération spatiales à l’échelle mondiale.
3. L’Afrique, marché présent et futur du secteur spatial
L’Afrique est de plus en plus reconnue comme un espace stratégique au sein du secteur spatial mondial, en raison d’une conjonction de défis spécifiques et d’opportunités remarquables qui soulignent son importance croissante. L’un des éléments centraux de cette dynamique réside dans l’absence généralisée de réseaux de communication terrestres fiables sur de vastes portions du continent. Ce déficit fait de la technologie satellitaire non seulement un atout, mais une nécessité, offrant une solution vitale tant pour les zones isolées que pour les centres urbains densément peuplés.
Grâce à la connectivité rendue possible par satellite, l’Afrique est en mesure de franchir les obstacles liés aux infrastructures traditionnelles, ouvrant ainsi la voie à des transformations majeures. Parmi les bénéfices attendus figurent l’élargissement de l’accès aux ressources éducatives, l’amélioration de l’offre de soins grâce à la télémédecine, ainsi que le renforcement du développement économique et social à travers une communication plus performante.
Par ailleurs, les conditions environnementales et climatiques propres à l’Afrique — sécheresses persistantes, inondations imprévisibles, avancée de la désertification — soulignent le rôle indispensable des technologies spatiales. Les systèmes satellitaires offrent des capacités inégalées en matière de surveillance et de gestion de ces défis, en fournissant des données cruciales pour la préservation des ressources naturelles (Mutanga, Dube, & & Ahmed, 2016), le suivi environnemental (Faiyetole, 2018), la prévision météorologique et la planification des réponses aux catastrophes naturelles. Ces apports sont déterminants pour renforcer la sécurité alimentaire et promouvoir des pratiques environnementales durables sur l’ensemble du continent.
L’essor de l’économie spatiale mondiale offre à l’Afrique une opportunité précieuse de se forger une place distinctive. Le développement de capacités spatiales endogènes — allant de la fabrication de satellites à la mise en orbite, en passant par la conception d’applications exploitant les données satellitaires — constitue un levier majeur d’innovation technologique. Cette dynamique favorise non seulement la création d’emplois hautement qualifiés, mais elle contribue également à faire progresser le continent vers une forme de souveraineté technologique.
Par ailleurs, le déploiement stratégique et l’adoption des technologies spatiales jouent un rôle déterminant dans le renforcement des dispositifs de sécurité et de surveillance à travers les territoires variés du continent africain. L’utilisation des technologies satellitaires s’avère essentielle pour améliorer la sécurité des frontières, gérer les conflits et protéger les espaces maritimes. Elle contribue ainsi à la stabilité régionale et à la prévention des menaces pesant sur la sécurité.
Enfin, le secteur spatial constitue un vecteur majeur de formation et de développement des compétences sur le continent, capable de susciter les vocations des scientifiques, ingénieurs et innovateurs de demain. Les initiatives spatiales africaines, portées par une forte dimension éducative et des efforts soutenus de renforcement des capacités, sont essentielles pour forger les aptitudes intellectuelles et techniques nécessaires à la maîtrise des enjeux complexes du XXIe siècle. À ce titre, l’engagement de l’Afrique dans le domaine spatial dépasse le simple cadre de la participation : il s’agit d’un investissement stratégique dans son avenir, guidé par une ambition d’émancipation technologique et de développement durable, au service de son émergence en tant qu’acteur incontournable de la scène mondiale.
4. BRI et diplomatie spatiale : une même logique d’expansion chinoise sous contrainte
Certains auteurs (Carmody & Taylor Ian, 2022) ont pu proposer une analyse plus critique de la BRI en Afrique, en la replaçant dans le contexte plus large de l’économie politique chinoise contemporaine. Selon ces auteurs, la BRI doit être comprise comme une forme de « correctif spatial » (spatial fix) destinée à résoudre les contradictions internes de l’économie chinoise, marquée par une suraccumulation de capital, une suroffre industrielle, une baisse des taux de profit et une saturation de la demande intérieure. Cette stratégie se traduit par un déploiement massif de capitaux et d’infrastructures à l’étranger, notamment en Afrique, afin de créer de nouveaux débouchés économiques et géopolitiques.
Dans cette logique, la question peut être posée de savoir si la coopération spatiale de la Chine avec des pays étrangers, notamment africains ou latino-américains, ne relèverait pas de la même dynamique de « spatial fix ». L’exportation de services satellitaires, la mise en place de bases de lancement à l’étranger ou la vente de technologies spatiales s’inscrivent très certainement dans une stratégie visant à écouler les capacités excédentaires, à projeter l’influence technologique de Pékin, et à intégrer de nouveaux partenaires dans un ordre technologique sino-centré. Cette diplomatie spatiale fonctionnerait ainsi comme une extension de la BRI, mobilisant des instruments différents, mais poursuivant des objectifs similaires : créer des dépendances techniques et financières, valoriser les investissements de l’État chinois dans les industries de haute technologie, et assurer la continuité de l’accumulation du capital au-delà des frontières nationales.
Derrière l’image d’une coopération « gagnant-gagnant » portée par la Chine, ce seraient donc des logiques structurelles d’un capitalisme chinois mû par des impératifs d’expansion qui seraient à l’œuvre. La BRI – tout comme la coopération spatiale – répondrait d’abord aux besoins internes de la Chine, et non à ceux des partenaires africains (Carmody & Taylor Ian, 2022).
5. Une diplomatie spatiale pour un changement de gouvernance mondiale
L’émergence d’un réseau toujours plus dense d’acteurs spatiaux, mêlant puissances établies, pays émergents et opérateurs privés, transforme en profondeur les dynamiques de gouvernance dans l’espace extra-atmosphérique. Consciente de cette recomposition, la Chine entend jouer un rôle central dans la définition des nouvelles règles du jeu. Le livre blanc publié par Pékin en 2022 affirme explicitement cette ambition, en faisant de la Chine un acteur moteur dans la construction d’un cadre international plus solide pour la gouvernance de l’espace (China’s Space Program: A 2021 Perspective, 2022). Cette volonté se traduit à la fois par une participation active à l’élaboration des normes internationales et par la mise en place d’un droit national de l’espace qui reflète ses priorités stratégiques.
Depuis huit ans, la Chine a ainsi conclu au moins 46 accords de coopération avec 19 États et quatre organisations internationales, dans le but de renforcer la coordination et l’interopérabilité entre les différents acteurs du secteur spatial. Parmi les initiatives les plus emblématiques figure le protocole d’entente signé en 2016 avec le Bureau des affaires spatiales des Nations unies (BAS-NU) (United Nations and China invite applications to conduct experiments on-board China’s Space Station, 2018), qui prévoit l’ouverture de la station spatiale chinoise Tiangong à tous les États membres des Nations unies. En avril 2024, la directrice du BAS-NU, Aarti Holla-Maini,a même salué l’esprit de coopération promu par la Chine, soulignant que ces efforts étaient bénéfiques pour l’ensemble de la communauté internationale (Nadarajah, 2024).
Cette stratégie de coopération, inscrite dans une logique de diplomatie spatiale, permet à la Chine d’accroître son capital de sympathie auprès de nombreux pays du Sud global. En collaborant avec le BAS-NU, elle s’associe à de nouveaux venus dans le domaine spatial, comme l’Arabie saoudite (The saudi Space Agency Holds Bilateral Meetings with Chinese Space Companies, 2023), avec laquelle elle mène des expériences scientifiques à bord de la station spatiale Tiangong. Elle a également noué des partenariats avec d’autres membres du Conseil de coopération du Golfe, leur offrant l’opportunité de participer à des missions spatiales conjointes. Par ailleurs, la Chine finance, construit et met en orbite des satellites pour plusieurs pays partenaires, tels que le Laos (de Selding, 2015) ou le Pakistan, dans le cadre d’accords dits de « livraison en orbite », qui lui permettent de vendre et de lancer des satellites au nom de ses clients. Cette approche intégrée renforce la position de la Chine sur un marché historiquement dominé par les États-Unis, tout en consolidant son influence dans les régions clés du globe.
6. Diplomatie orbitale et souveraineté numérique : les enjeux croisés de la cybersécurité
L’internationalisation croissante des services satellitaires fournis par la Chine, notamment dans les domaines de la navigation, de la télédétection et des communications, soulève des préoccupations croissantes en matière de cybersécurité. Dans la mesure où ces services reposent sur des flux continus de données sensibles, transitant entre l’espace et les infrastructures terrestres, ils deviennent des cibles de choix pour des acteurs malveillants, étatiques ou non étatiques. Or, la Chine ne se contente pas de fournir des satellites : elle exporte également les infrastructures de réception (stations au sol), les logiciels de traitement de données et les protocoles de transmission, autant d’éléments qui peuvent intégrer des standards technologiques façonnés par Pékin. Cette maîtrise de bout en bout ouvre la voie à un contrôle potentiel des chaînes d’information au profit de la Chine, suscitant des inquiétudes chez certains partenaires et institutions quant à la confidentialité, l’intégrité et la souveraineté de leurs données. Comme le souligne Elsa B. Kania, spécialiste des technologies émergentes chinoises, la politique de Pékin en matière de cybersouveraineté vise explicitement à « promouvoir un ordre informationnel mondial compatible avec ses propres normes » (Kania, Center for a New American Security, 2019).
Les services de navigation satellitaire offerts par le système BeiDou incarnent cette tension entre coopération technologique et préoccupation sécuritaire. Bien que présentés comme des outils de développement et d’interopérabilité, les services BeiDou incluent également des fonctions à usage dual (civil et militaire), comme la transmission de messages sécurisés ou le guidage de missiles de précision. Dans plusieurs régions du monde, notamment en Afrique et en Asie du Sud-Est, des experts en sécurité numérique ont mis en garde contre les risques de dépendance stratégique induits par l’adoption exclusive des solutions BeiDou, d’autant plus que les applications mobiles ou industrielles associées sont souvent développées par des entreprises chinoises soumises à la loi sur le renseignement national de 2017 (NPCSC, 2017). Cette loi impose à toutes les entités opérant sur le territoire chinois, ou ayant des liens structurels avec des intérêts chinois, de coopérer avec les services de renseignement si requis, ce qui renforce la méfiance internationale vis-à-vis de l’architecture informationnelle chinoise exportée sous couvert de coopération spatiale (Daum, 2024).
Enfin, la projection spatiale de la Chine s’inscrit dans un paradigme plus large de sécurisation des infrastructures critiques, à la croisée de la géopolitique orbitale et des cyberconflits asymétriques. À travers ses méga-constellations comme GuoWang, la Chine vise à constituer un réseau satellitaire autonome à faible latence, capable de rivaliser avec Starlink ou Kuiper, mais également de résister à toute tentative de déni d’accès ou de sabotage numérique orchestré par des puissances concurrentes. Or, dans un espace déjà surchargé, ces initiatives de connectivité globale posent la question de la résilience collective en cas de cyberattaque coordonnée ciblant des constellations entières. Certains analystes redoutent également que la Chine ne fasse un usage offensif du cyberespace spatial en développant des capacités de « counter-space cyber operations » susceptibles de neutraliser ou de manipuler à distance les satellites de ses rivaux. Dans un rapport publié par la Defense Intelligence Agency américaine (DIA, 2022), il est précisé que « l’Armée populaire de libération (APL) considère les réseaux spatiaux comme des vecteurs prioritaires d’opérations d’influence et de guerre électronique, y compris dans le cyberdomaine ». À cet égard, l’intégration croissante de la cybersécurité dans la diplomatie orbitale chinoise traduit une volonté stratégique de façonner les équilibres informationnels du XXIe siècle.
Conclusion
La stratégie chinoise d’influence mondiale par le biais des services satellitaires, articulée autour d’une diplomatie spatiale ambitieuse et d’une politique affirmée de souveraineté numérique, traduit une mutation profonde des rapports de puissance dans l’environnement orbital. À travers le déploiement d’infrastructures technologiques intégrées, la Chine entend redéfinir les contours de la gouvernance spatiale, tout en consolidant un réseau de dépendances stratégiques à l’échelle mondiale. En conjuguant diplomatie, innovation technologique et normes de cybersécurité, Pékin impose un modèle alternatif à celui porté par les puissances occidentales, en particulier dans les pays du Sud global, désormais identifiés comme les laboratoires d’un nouvel ordre spatial multipolaire.
Toutefois, cette projection globale soulève plusieurs enjeux critiques, tant sur le plan de la souveraineté informationnelle des États partenaires que sur celui de la stabilité du cyberespace orbital. L’opacité relative des normes technologiques chinoises, la dualité civil-militaire des services proposés, ainsi que les impératifs sécuritaires imposés par la législation intérieure chinoise, nourrissent un climat de méfiance structurelle. À mesure que la compétition entre méga-constellations s’intensifie, le risque d’un découplage numérique global s’accroît, renforçant les clivages entre zones d’influence technologique, voire entre architectures spatiales concurrentes et difficilement interopérables.
À l’avenir, plusieurs questions restent en suspens. L’espace extra-atmosphérique pourra-t-il encore être régi par un socle commun de normes multilatérales, alors que les grandes puissances investissent des logiques concurrentes, voire exclusives, de gouvernance et de contrôle des flux spatiaux ? Le renforcement des capacités endogènes dans les pays du Sud global permettra-t-il l’émergence d’un contre-pouvoir technologique ou consacrera-t-il de nouvelles formes de dépendance stratégique ? Enfin, comment les institutions internationales — déjà fragilisées par les fractures géopolitiques contemporaines — pourront-elles répondre aux défis inédits posés par les quêtes de domination orbitale, les enjeux de cybersécurité et les besoins grandissants en matière d’allocation de fréquences ? Ces interrogations appelleront plus que probablement à une réflexion collective sur les conditions d’une gouvernance spatiale plus inclusive, dans un monde où les frontières de la puissance se redessinent désormais jusqu’aux confins de l’orbite terrestre. Et ce, dans un contexte de déconstruction des régimes de sécurité.
Références
A Key Component to China’s Belt & Road: The Spatial Information Corridor. (2021, December 2). Dongfang Hour.
Achilleas, P. (2016). Le New Space ou la privatisation des ambitions spatiales des Etats-Unis: réflexions sur le droit de l’espace à l’heure de l’innovation entrepreneuriale. Annuaire français de droit international, 62, pp. 499-518.
Adushkin, V. V., Aksenov, A. Y., Veniaminov, S. S., & Kozlov, S. I. (2020, November). The Small Orbital Debris Population and its Impact on Space Activities and Ecological Safety. Acta Astronautica, 176, pp. 591-597. doi:10.1016/j.actaastro.2020.01.015
Carmody, P., & Taylor Ian, Z. T. (2022). China’s spatial fix and ‘debt diplomacy’ in Africa: constraining belt or road to economic transformation? Canadian Journal of African Studies, 56(1), pp. 57-77.
China’s Beidu Navigation… (2022). China’s Beidou Navigation Satellite System in the New Era: White Paper. State Council Information Service.
China’s Space Program: A 2021 Perspective. (2022, January 28). Retrieved from The State Council Information Office of the People’s Republic of China: https://english.www.gov.cn/archive/whitepaper/202201/28/content_WS61f35b3dc6d09c94e48a467a.html?utm_source=chatgpt.com
Clay, J. C. (2019). The Changing Dynamics of Twenty-First Century Space Power. Journal of Strategic Security, 12(1), pp. 15-43. Retrieved from https://www.jstor.org/stable/26623076
Daum, J. (2024, February 22). What China’s National Intelligence Law Says, And Why it Doesn’t Matter. Retrieved from China Law Translate: https://www.chinalawtranslate.com/en/what-the-national-intelligence-law-says-and-why-it-doesnt-matter/
de Selding, P. (2015, November 30). Laos, with China’s Aid, Enters Crowded Satellite Telecom Field. Retrieved from Space News: https://spacenews.com/laos-with-chinese-aid-is-latest-arrival-to-crowded-satellite-telecom-field/
Faiyetole, A. A. (2018). Potentialities of Space-Based Systems for Monitoring Climate Policies and Mitigation of Climate Process Drivers. Astropolitics, 16(1), pp. 28-48.
Gaudard, G. (2004, juillet). La nouvelle économie spatiale. Revue d’économie régionale & urbaine(3). doi:10.3917/reru.043.0453
Guiding Opinion on Accelerating the Construction and Application of ‘One Belt One Road’ Space Information Corridor (关于加快推进“一带一路”空间信息走廊建设与应用的指导意见) (2016, November 23). Retrieved from NDRC: http://www.ndrc.gov.cn
Julienne, M. (2022). China-Russia Cooperation in Space: The Reality Behind the Speeches. In M. Bergmann, & A. Lohsen, Understanding the Broader Transatlantic Security Implications of the Greater Sino-Russian Military Alignement. washington: Center for Strategic and International Studies.
Julienne, M. (2023). La Chine dans la course à l’orbite basse. Perspectives sur la future constellation internet Guowang. Paris: Institut Français des Relations Internationales (IFRI). Retrieved from https://www.ifri.org/fr/notes/la-chine-dans-la-course-lorbite-basse-perspectives-sur-la-future-constellation-internet
Lewis, P., & Linvingstone, D. (2023, May 10). What To Know About Space Security. Retrieved from Chatham House: https://www.chathamhouse.org/2016/09/what-know-about-space-security
Mutanga, O., Dube, T., & & Ahmed, F. (2016). Progress in remote sensing: vegetation monitoring in South Africa. South African Geographical Journal, 98(03), pp. 461-471.
Nadarajah, H. (2024, Mai 09). Chine : les ambitions célestes d’une puissance mondiale. Retrieved from Fondation Asie-Pacifique du Canada: https://www.asiapacific.ca/fr/publication/china-global-powers-celestial-ambitions
NPCSC. (2017, June 27). National Intelligence Law of the People’s Republic of China (中华人民共和国国家情报法). (N. P. Committee, Ed.)
Pasco, X. (2024). La ruée vers l’espace. Paris: Editions Tallandier.
Sénéchal-Perrouault, L. (2020, août 2020). Le couloir d’information spatiale des nouvelles routes de la soie : ambitions et réalités. Retrieved from CentreAsia: https://centreasia.eu
Shabbir, Z., Sarosh, A., & Nasir, S. I. (2024, May). Policy Considerations for Nascent Space Powers. Space Policy, 56. doi:10.1016/j.spacepol.2021.101414
The saudi Space Agency Holds Bilateral Meetings with Chinese Space Companies. (2023, July 06). Retrieved from Saoudi Space Agency: https://ssa.gov.sa/en/newsItem/?path=/news/the-saudi-space-agency-holds-bilateral-meetings-with-chinese-space-companies/
United Nations and China invite applications to conduct experiments on-board China’s Space Station. (2018, May 28). Retrieved from United Nations Office for Outer Space Affairs: https://www.unoosa.org/oosa/en/informationfor/media/2018-unis-os-496.html
Wang, A. (2024, août 22). la politique spatiale de la Chine. revue Conflits(52).
Wu, X. (2023). The International Lunar Research Station: China’s New Era of Space Cooperation and Its New Role in the Space Legal Order. Space Policy, 65.
Zhao, B., Zhang, S., Xu, C., Sun, Y., & Deng, C. (2021). Deep fake geography? When geospatial data encounter Artificial Intelligence. (T. &. Francis, Ed.) Cartography and Geographic Information Science, 48(4). doi:https://doi.org/10.1080/15230406.2021.1910075
[1] Le syndrome de Kessler, formulé en 1978 par Donald J. Kessler, ancien chercheur de la NASA, désigne un scénario hypothétique dans lequel la densité des objets en orbite terrestre devient telle qu’une collision entre deux satellites génère un nuage de débris orbital, susceptible d’en provoquer d’autres en cascade. Ce processus auto-entretenu pourrait rendre certaines orbites inutilisables pour des décennies, compromettant l’accès à l’espace et la viabilité des services satellitaires essentiels.
