La Syrie 2.0 : D’al-Assad à al-Chaara : entre paix et guerre, quels défis pour la nation syrienne et quelles implications géopolitiques pour les puissances régionales ?

Ornella Sonhaye

Regards géopolitiques v12n2, 2026

Ornella Sonhaye est diplômée de la maîtrise en études internationales de l’Université Laval. Elle occupe actuellement le poste de coordonnatrice de programme à l’Université d’Ottawa, où elle supervise notamment des programmes de leadership destinés aux cadres œuvrant dans les domaines de la sécurité et du renseignement. Ses intérêts de recherche portent principalement sur la géopolitique, la sécurité internationale, ainsi que l’analyse des conflits au Moyen-Orient et en Afrique.

 

Résumé: La chute de Bachar al-Assad, le 8 décembre 2024, a ouvert la voie à un nouveau régime avec à sa tête comme nouveau dirigeant Ahmed al-Chaara. Accueilli et salué à l’étranger, il peine néanmoins à imposer son autorité à l’intérieur du pays. Craignant des représailles et la terreur des groupes djihadistes alliés à al-Chaara, les minorités religieuses se sont organisées pour se défendre, accentuant davantage le morcellement du territoire sur des bases identitaires. À long terme, cette situation pourrait-elle raviver des relents de violences pouvant mener à une nouvelle guerre civile ?

Mots clés: al-Assad, al-Chaara, Syrie, Turquie, minorités, Hayat Tahrir al-Sham

 

Abstract: The fall of Bashar al-Assad on December 8, 2024 paved the way for a new regime, with Ahmed al-Chaara as its new leader. Welcomed and praised abroad, he is nonetheless struggling to assert his authority within the country. Fearing reprisals and the terror of jihadist groups allied with al-Chaara, religious minorities have organized to defend themselves, further deepening the fragmentation of the territory along identity lines. In the long term, could this situation rekindle the remnants of violence that might lead to another civil war?

Key words: al-Assad, al-Chaara, Syria, Turkey, minorities, Hayat Tahrir al-Sham

 

 

Introduction

C’est en grande pompe, le 7 mai 2025, qu’Ahmed al-Chaara, nouveau président autoproclamé par intérim de la Syrie, a été accueilli à Paris, au palais de l’Élysée, par Emmanuel Macron (König, 2025; Malbrunot, 2025a). Ancien djihadiste assumé, Abou Mohammed al-Joulani, de son nom de guerre, a depuis décembre 2024 pris les rênes de la Syrie en s’y imposant aussi bien militairement que politiquement. Dorénavant, il soigne son image, se présente en homme d’État et efface tous les signes qui pourraient rappeler son passé trouble (Cabot, 2024b; Del Valle, 2025b). Ce bain de jouvence semble faire son effet puisque les chancelleries internationales sont prêtes à travailler avec lui et à l’accompagner dans son processus de transition (Sallon, 2025; Del Valle, 2025b).

La rapide et spectaculaire chute d’al-Assad, couplée à l’ascension fulgurante d’al-Chaara, sont synonymes de libération pour les uns et de terreur pour les autres. Après vingt-quatre années de règne, Bachar al-Assad a été chassé du pouvoir, entrainant ainsi avec lui la dynastie des al-Assad. Celui qui a succédé en l’an 2000 à son père, Hafez al-Assad, avait tant bien que mal réussi à pérenniser une assise sociopolitique datant de 1971 (Baczko et al., 2016; Balanche, 2009). Mais c’était sans compter sur la coalition des groupes armés insurgés et djihadistes qui, depuis le début de la guerre civile en 2012, n’ont cessé de mener des offensives pour déstabiliser le pouvoir en place. Ce qui se concrétisera finalement en décembre 2024, permettant, de ce fait, au groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS) de prendre les rênes du pays et d’imposer son chef, al-Chaara, comme le nouveau dirigeant de la république syrienne.

Avec le départ de Bachar, la Syrie a tourné une page et une nouvelle est en train de s’écrire. Les récents massacres des minorités alaouites, druzes et chrétiennes viennent questionner sur l’avenir de la Syrie et sur les nouvelles orientations politiques du gouvernement syrien. La fin de la guerre ayant conduit au morcellement du territoire, les logiques géopolitiques reposant sur des socles identitaires commencent par se révéler, risquant ainsi d’embrasser le pays (Bernas, 2024; Cousseran et al., 2016).  Ajoutant à cela, les puissances étrangères, à l’instar de la Turquie et d’Israël, sont en embuscade pour tirer les marrons du feu et étendre leur influence régionale. Notre article a pour but d’analyser les nouvelles dynamiques géopolitiques qui s’observent en Syrie après la chute d’al-Assad. Le pays s’axe-t-il dans une nouvelle ère de reconstruction sociopolitique et économique ? Ou assistons-nous malheureusement à la perpétuation d’un autre État failli dans la région ?

 

  1. Ahmed al-Chaara alias Abou Mohammed al-Joulani: le nouvel homme fort de Damas au passé sulfureux

Le 8 décembre, alors que le monde se réveillait avec l’annonce du départ d’Assad, il découvrait également la figure du nouvel homme fort de Damas. De son vrai nom Ahmed Hussein al-Charaa, c’est sous son nom de guerre d’Abou Mohammed al-Joulani qu’il s’est dévoilé au public comme étant le fossoyeur du prince de la dynastie des al-Assad. Personnage très controversé, il est issu des milieux djihadistes et a fait ses classes au sein d’Al-Qaïda et de l’État islamique (ISIS) (Cabot, 2024b; Del Valle, 2025b). Non-partisan d’un djihad mondial, le natif de la bourgeoisie sunnite de Damas, qui se pose dorénavant en rassembleur de la nation, a connu les geôles de la prison d’Abou Ghraib et du camp Bucca en Irak (Le Monde, 2024b; Fattori et Hennion, 2025). Cette expérience carcérale a fait suite à son arrestation pour avoir combattu l’occupation américaine en 2003.

D’après les articles parcourus, l’un des éléments déclencheurs de sa radicalisation est fortement relié à l’invasion américaine en Irak, forgeant ainsi son identité de djihadiste (Fattori et Hennion, 2025). Son parcours aussi bien en prison qu’au sein de la nébuleuse djihadiste l’a successivement rapproché du chef de l’État islamique, Abou Al-Baghadi, et d’Ayman Al-Zawahiri, le chef d’Al-Qaida (Papin, 2025). Nouant et brisant des alliances avec ses congénères, à l’orée de la guerre civile syrienne en 2012, il s’émancipa de ces anciens maîtres et se retourna contre eux (Le Monde, 2024b; Fattori et Hennion, 2025). Renonçant au djihad mondial, il fit de la Syrie sa priorité avec comme principale cible le régime Assad.

Fondateur du Front al-Nosra (État islamique pour le Levant) et leader du groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS), qu’il rejoint en 2017, les médias mainstream le présentent comme un islamiste modéré et un nationaliste qui veut limiter l’expansion de l’État islamique et la contenir aux frontières du Proche-Orient (Cabot, 2024b; Del Valle, 2025a, 2025b; Papin, 2025). Ayant fait de la Syrie son principal intérêt, il s’implique activement dans la guerre et à partir de 2016, il ancre son mouvement dans la région d’Idleb (Balanche, 2024; Le Monde, 2024b). Il réussit avec son groupe al-Nosra à s’emparer de cette ville du nord-ouest de la Syrie, à l’administrer de manière autonome et y établit un gouvernorat islamique. Sous coupe réglée, Idleb devient la ville vitrine d’un émirat islamique appliquant une idéologie rigoriste de l’islam (Balanche, 2024).

Éliminant les groupes armés concurrents, al-Chaara parvient à étendre ses tentacules et a tissé sa toile jusqu’à sa victoire finale en décembre 2024. En prenant la tête de la coalition des insurgés en 2024, Régis Le Sommier et Alexandre Del Valle nous expliquent qu’il a tout simplement été plus malin que ses compères (Del Valle, 2025a, 2025b; Ligne Droite, 2024). En effet, la contre-offensive, ayant abouti à la chute du régime Assad, a été menée par divers groupes armés et plus principalement par les forces insurgées. Ce sont ces dernières qui ont porté la reconquête du pouvoir et ont ouvert la voie dans laquelle se sont engouffré le HTS (Del Valle, 2025a; Ligne Droite, 2024; Agence France-Presse, 2024a). Al-Joulani et son groupe leur ont donc ravi la victoire en étant les premiers à sortir et à imposer leur agenda et leur vision (Omerta, 2024c; Fattori et Hennion, 2025).

 

Rappelons qu’al-Joulani a été, jusqu’à récemment, l’un des personnages les plus recherchés par la Central Intelligence Agency (CIA) avec une prime de dix millions de dollars US sur sa tête.

Aujourd’hui, il est célébré comme étant le sauveur du peuple syrien et promu comme l’islamiste censé apporter la démocratie et les droits de l’homme (Del Valle, 2025b; Omerta, 2024b). Il faut, cependant, reconnaitre qu’il a beaucoup travaillé son image et sa communication. Abandonnant son nom de guerre, il a changé de look et a épousé les codes et le langage inclusif de la diplomatie internationale, rappelant ainsi que, bien qu’ayant été un djihadiste, il est dorénavant occidentalo-compatible (Sallon, 2025). Alexandre Del Valle, analysant la situation en Syrie, a décrit son parcours en y mettant en exergue les contradictions du monde occidental sur la question de la démocratie et du terrorisme (Del Valle, 2025b).

Tandis que les chancelleries l’ont validé, plusieurs analystes sont montés au créneau pour dénoncer les deux poids, deux mesures concernant ce personnage (Del Valle, 2025a, 2025b; Omerta, 2024b, 2024c). Comment expliquer que subitement, en 2025, il soit devenu respectable alors qu’il est lié de près comme de loin à des mouvements et organisations terroristes, et ce depuis 2003 ? Ces dénonciations sont d’autant plus valables lorsqu’on a assisté, en mars dernier, au massacre des populations alaouites dans l’ouest de la Syrie (Balanche, 2025; Agence France-Presse, 2025b).

Quoi qu’il en soit maintenant, depuis décembre 2024, Assad est à Moscou, al-Chaara à Damas et c’est lui qui détient les leviers du pouvoir. Après le départ de Bachar, le groupe HTS a dit vouloir assurer une transition paisible. Pour le moment, cela n’est toujours pas clair sur la façon dont ils comptent s’y prendre pour restituer la souveraineté de la Syrie, de même que son décollage économique (Le Monde, 2024a). Mais, une chose est sûre, le nouveau chef de la transition est accompagné dans ce processus par des puissances étrangères (Aberkane, 2024; Omerta, 2024b; Balanche, 2025d).

 

Pour preuve, le 14 mai 2025, après sa rencontre au Qatar avec Donald Trump, les États-Unis ont levé les sanctions économiques qui pesaient sur le pays (Al Mounes, 2025a; Zahar, 2025). Le 20 mai, l’Union européenne a fait de même en levant toutes ses sanctions économiques et depuis le 5 juillet, suite à la visite à Damas du chef de la diplomatie britannique, David Lammy, le Royaume-Uni a rétabli ses relations diplomatiques avec la Syrie (Mcneil, 2025; Liboreiro, 2025; Le Monde, 2025). En tournée dans plusieurs capitales et rencontrant les dirigeants de ce monde, il est incontestable qu’al-Chaara est en odeur de sainteté avec la communauté dite internationale qui, par pur réalisme géopolitique, a effacé son ardoise de djihadiste pour le draper d’un linceul blanc (Malbrunot, 2025b; Le Figaro, 2025). Cependant, plusieurs se demandent s’il fera mieux que Bachar al-Assad ? D’autres se questionnent sur ce qu’il propose de différent aux Syriens ? Comment et sur quelles bases parviendra-t-il à redresser économiquement, socialement et politiquement, un pays déchiré par plus de treize années de guerre civile ? 

Il est important de poser toutes ces questions car plusieurs spécialistes ont relevé le fait qu’al-Chaara soit lui-même contesté au sein de la nébuleuse djihadiste (Del Valle, 2025a, 2025b; Ligne Droite, 2024). À l’intérieur de cette mouvance, il est largement critiqué parce que sa position sur l’expansion de l’État islamique n’est pas cohérente. Tandis que lui, il veut en limiter les frontières au Proche-Orient, d’autres groupes et nombreux de ses partisans veulent l’étendre à toute la région et voir jusqu’au monde (Cabot, 2024b). Il y a donc une guerre de vision qui larve et dont al-Chaara doit faire taire avant de se faire renverser par l’aile dure du HTS (Omerta, 2024c).

 

  1. Transition djihadico-politique en Syrie : entre crainte et méfiance des minorités religieuses

 La prise du pouvoir par le HTS, un groupe armé islamique, a et continue de susciter beaucoup d’inquiétudes au sein d’une partie de la population syrienne. Bien que majoritairement composé de sunnites, le pays se compose également d’une multitude de minorités religieuses telles que les alaouites, les chrétiens, les Druzes et les Kurdes (Balanche, 2006, 2009; Taha, 2016). Ces diverses minorités appréhendent l’avenir sachant qu’un sunnite radical, prônant la charia, est désormais le maître du jeu en Syrie (Omerta, 2024; Missiri, 2024). Cette situation pose la problématique des minorités religieuses sous l’ère post-Assad.

Il est important de rappeler que le régime des al-Assad, issu de la communauté alaouite, a été, pendant plusieurs décennies, le protecteur des minorités religieuses (Balanche, 2006). Instrumentalisant et jouant sur leurs peurs, le régime a su s’attirer leur loyauté, même si certains n’étaient pas toujours en accord avec lui. Ces minorités se sentaient plus en sécurité avec les al-Assad et elles n’entrevoient donc pas un avenir radieux sous l’ère al-Chaara (Balanche, 2014; Sonhaye, 2022). Le problème se pose aussi parce qu’avant de prendre le pouvoir à Damas, le groupe HTS contrôlait la région d’Idleb et y a régné en y appliquant les principes de la charia, contraignant ainsi les minorités religieuses à restreindre leur liberté de culte (Missiri, 2024; Del Valle, 2025a; Omerta, 2024a, 2024c). Ces minorités, à la grandeur du pays, s’inquiètent de ce fait de vivre dans la terreur comme ce fut le cas pour leurs compatriotes d’Idleb. Elles n’oublient pas non plus les slogans proférés à leur encontre, pendant la guerre civile, par l’État islamique (ISIS) qui leur promettait la mort (Sonhaye, 2022; France 24, 2024; Omerta, 2024a).

Bien que le nouveau régime se soit voulu rassurant en prônant l’ouverture religieuse, plusieurs exactions et atteintes à la liberté de ces minorités ont été relevées par des associations et organisations non gouvernementales (Omerta, 2024a; Cabot, 2024; Lautissier, 2025).

Ainsi, seulement en décembre 2024, plusieurs lieux de culte chrétiens ont été vandalisés (Robles, 2024). L’Agence française de presse (AFP) a rapporté que le 18 décembre, une église orthodoxe, située dans la ville de Hama, a été la cible d’une attaque d’hommes armés qui y ont ouvert le feu (Robles, 2024; Le Figaro, 2024). Toujours dans cette ville, à l’aube de la fête de la Nativité, dans une vidéo, l’on pouvait apercevoir un sapin de Noël incendié par des hommes cagoulés identifiés comme étant issus du groupe jihadiste Ansar al-Tawhid (Robles, 2024; Agence France-Presse, 2024c). Ces groupes ayant maintenant pignon sur rue en Syrie, ils peuvent étendre leur conception de l’Islam et de la liberté aux autres religions sans craindre d’être réprimandés. Il est par conséquent logique qu’avec l’arrivée d’al-Chaara au pouvoir, ces populations soient anxieuses.

Depuis la chute d’Assad, s’est ainsi observée une multiplication des poches de résistance. Plusieurs villes et régions sont entrées en dissidence pour défendre leurs territoires et contester l’autorité du nouveau roi de Damas (Omerta, 2024c; Del Valle, 2025a, 2025b). La peur et l’inquiétude sont d’autant plus vivaces, notamment à la suite du massacre de plus de 1400 Syriens de confession alaouite exécutés, entre le 6 et le 9 mars 2025, par les forces alliées du nouveau régime (Balanche, 2025a, 2025b; Lautissier, 2025). L’organisation syrienne des droits humains (OSDH) a confirmé les chiffres et a fait état parmi les victimes de femmes, d’hommes, d’enfants et de vieillards (Balanche, 2025b).

Selon cette ONG, il s’est agi d’exécutions qui ont eu lieu dans l’ouest du pays, précisément dans les villes de Banias et Lattaquié, dans une opération visant des groupes loyalistes au président Assad (Agence France-Presse, 2025b, 2025d; Lautissier, 2025). Fabrice Balanche (2025b) note que la ville alaouite de Masyaf, de même que celle de Rassafa, ont également été les témoins des atrocités de la traque aux partisans de l’ancien régime. Amnesty International, réclamant une enquête, est monté au créneau, qualifiant ces massacres de crimes de guerre (Amnesty International, 2025). Plus récemment, en juillet 2025, ce furent les Druzes et leur fief de Soueida qui ont été pris pour cible par des groupes armés alliés du régime al-Chaara (David, 2025; Alasaad, 2025). Par conséquent, depuis son accession au pouvoir, les violences contre les membres des minorités religieuses n’ont cessé de se multiplier, de même que les violations flagrantes de leurs droits et libertés. La problématique des minorités, sous ce régime, est donc légitime et nous questionne sur l’éventualité d’une guerre confessionnelle. 

Au lendemain de la prise du pouvoir par le HTS, les fiefs alaouites, de même que les chrétiens, se sont organisés et armés pour se défendre, et ils ne comptent pas abdiquer si facilement (Balanche et Gil, 2025; Del Valle, 2025a). Selon des informations, Maher al-Assad, frère de Bachar et anciennement commandant de la garde républicaine, se serait réfugié dans les montagnes alaouites avec des milliers d’hommes armés dans le but de susciter une rébellion (Ligne Droite, 2024; Omerta, 2024a, 2024c).

Les chrétiens, eux aussi, sont entrés en résistance parce qu’ils ne veulent pas être contraints d’abandonner leur foi ou se faire restreindre leur liberté de culte. Du côté des Druzes, selon Alexandre Del Valle, ils se sont placés sous la protection d’Israël et s’organisent aussi pour éviter de se faire annihiler par le nouveau pouvoir de Damas (Omerta, 2024c; Balanche, 2025c).

Ces poches de résistance à Lattaquié, au sud et dans les régions côtières, peuplées essentiellement par les différentes minorités religieuses, constituent des épines dans les souliers d’al-Joulani. Ce dernier se retrouve donc, lui aussi, dans la même position que son prédécesseur. Ne contrôlant pas l’entièreté du pays et ne pouvant pas asseoir son autorité sur toute l’étendue du territoire, comment réussira-t-il à juguler tous ces enjeux sans conduire le pays vers une nouvelle guerre civile ? À la vue des guerres intestines et des poches de résistance qui se multiplient, la Syrie est loin d’une reconstruction et d’une pacification en bonne et due forme. De plus, la levée des sanctions ne rimera pas automatiquement avec croissance économique et stabilité politique. Assisterons-nous au scénario libyen en Syrie ?

En Libye, la chute du colonel Mouammar Kadhafi, qui devait apporter la paix, la démocratie et la prospérité, n’aura été qu’une illusion, tant le peuple libyen a fini par déchanter devant l’instabilité politique, l’insécurité et la partition du territoire. En somme, un pays en lambeaux complètement déstructuré (Bernas, 2024). Est-ce cela l’avenir de la Syrie ? En tout cas, les faits démontrent que ce pays morcelé et divisé ne pourra pas retrouver une certaine stabilité avant un bon moment (Horncastle, 2024). Le scénario libyen est très bien parti pour se répliquer en Syrie. Pendant combien de temps vont donc tenir al-Chaara et son gouvernement avant que d’autres forces insurgées n’essaient de lui ravir le pouvoir, ou ne le mettent devant le fait accompli d’une sécession ou de la création d’une région autonome administrée en dehors de son autorité ?

Comme nous le mentionnions ci-haut, nous ne connaissons pas exactement le programme d’al-Chaara pour la Syrie. Que va-t-il faire ? que va-t-il changer ? comment va-t-il s’y prendre ? Toutes ses questions demeurent sans réponses pour nous. Le pays se trouve dans un tel état de chaos qu’il va falloir plus que des tournées et des plaidoiries à l’international pour parvenir à pacifier le tout et à restaurer une autorité politique et administrative.

 

  1. L’état failli syrien : une opportunité en or pour les puissances étrangères

Les évènements ayant conduit à la chute de Bachar al-Assad ne peuvent pas être évoqués sans mentionner le rôle de la Turquie (Bensoussan, 2024). Aujourd’hui, Ankara se pose en maître du jeu sur le théâtre syrien et en tire les ficelles dans le but d’étendre ses tentacules au-delà des régions kurdes (Hamza, 2024; Daroux, 2024). Des analystes ont ainsi relevé le rôle prépondérant de la Turquie dans l’éviction d’al-Assad (Le Figaro avec AFP, 2024; Aberkane, 2024; Omerta, 2024b, 2024c). Notons qu’Ankara, à la fin de la guerre en 2017, a su jouer des coudes pour assurer sa présence en Syrie, notamment au nord dans les zones kurdes. La hantise du président turc envers le nationalisme kurde a poussé la Turquie à s’y établir et à contrôler une partie de ces régions (Daroux, 2024; Baczko et al., 2016).

Ayant pour désir d’accroître sa puissance régionale, il était important que la Turquie puisse tirer son épingle du jeu dans le conflit syrien et s’en sortir sans perte ni fracas. Ankara, au début des soulèvements contre le régime Assad en 2011, a beaucoup investi dans les forces rebelles (Bensoussan, 2024; Baczko et al., 2016). La Turquie constituait leur base arrière où ils pouvaient se ravitailler en armes et peaufiner leurs stratégies. Le Conseil national syrien (CNS), l’opposition politique censée remplacer Assad à l’époque, fut créé en Turquie et y reçut du financement et du soutien logistique. Plusieurs hauts gradés de l’armée syrienne qui avaient déserté les rangs s’y étaient réfugiés et ils y ont fondé, avec la bénédiction d’Ankara, l’Armée syrienne libre (ASL) (Baczko et al., 2016; Burgat et Paoli, 2013). La Turquie d’Erdogan a également entretenu plusieurs groupes islamistes qui combattaient en Syrie pendant la guerre, prenant ainsi radicalement position contre le régime syrien (Baczko et al., 2016).

Bien qu’ayant calmé ses ardeurs devant la résistance d’Assad entre 2015 et 2017, la Turquie s’était résignée à se replier tout en continuant à soutenir les opposants. Ankara, au courant de ce qui se préparait, ne se s’est pas fait prier pour appuyer les forces insurgées dans leur offensive en 2024 (Hamza, 2024; Bensoussan, 2024). Aujourd’hui, la Turquie a réussi son coup et, ne dissimulant pas son implication, s’est même félicitée des récents changements à la tête du pays. Ce qui lui permet d’étendre son autorité sans obstacle majeur en Syrie (Hamza, 2024; Bensoussan, 2024).

La chute d’al-Assad a également eu des répercussions à la frontière sud avec Israël. Se disputant le plateau du Golan depuis plusieurs décennies, le renversement du régime a laissé le champ libre à Israël pour en occuper une autre partie (Sampson, 2024; Agence France-Presse, 2025d, 2024b; Omerta, 2024c). L’État hébreu déplace ainsi ses pions tout en s’assurant d’étendre son territoire. Israël ne s’était jamais privé d’intervenir sur le territoire syrien, et ce même sous le régime Assad (Cabot, 2024a). L’armée israélienne y pénétrait régulièrement pour bombarder des zones et des cibles qui, selon elle, constituaient des menaces pour sa sécurité. Elle n’a donc pas hésité, en juillet 2025, à intervenir et à frapper les forces syriennes, sous l’autorité d’al-Chaara, qui tentait de soumettre la ville druze de Soueida (Agence France-Presse, 2025d; Al Mounes, 2025b).

Les manœuvres de Tel-Aviv en Syrie sont nombreuses et il est clair que l’État hébreu veut arbitrer le jeu, du moins tant que cela servira ses intérêts. En bonne posture avec les changements politiques à Damas, il en profitera pour étendre ses limites territoriales vers la Syrie. Déstabiliser la Syrie permet aussi à Israël d’affaiblir un allié important du Hezbollah, de même que sa base arrière. Bien que l’instabilité généralisée en Syrie ne soit pas très profitable à Israël, pour le moment, le gouvernement de Netanyahou essaie de profiter de cette opportunité pour établir son agenda dans la région (Sampson, 2024).

La Syrie est devenue le nouveau terrain de jeu des puissances régionales et étrangères qui s’en servent pour défendre et consolider leurs intérêts (Missiri, 2024; Malbrunot, 2025b). Chacun veut tirer son épingle du jeu, et ce, sur le dos du peuple syrien (Haski, 2024). L’espoir mais aussi l’inquiétude suscitée par la chute du régime Assad expliquent bien le dilemme dans lequel se trouve la Syrie (Zahar, 2025; Horncastle, 2024).

 

Conclusion

Les récents massacres des Alaouites et des Druzes tendent à démontrer que la Syrie risque de rebasculer dans une nouvelle guerre civile. Le passif djihadiste d’al-Chaara place les minorités religieuses dans un dilemme de sécurité. Plusieurs partisans du nouveau régime n’ayant pas renoncé à l’idée d’un djihad mondial, les autres communautés y perçoivent donc une réelle menace à leur survie. Toute cette situation peut aboutir à une militarisation accrue, perpétuant ainsi le cycle de violence et des tensions sociopolitiques. Le chaos est donc toujours d’actualité et al-Chaara fait face à plusieurs défis et velléités qui peuvent entraver le processus de réunification et de pacification du pays.

Plusieurs questions se posent sur l’avenir de la Syrie. Que deviendra-t-elle ? Sera -t-elle morcelée en petits États ou retrouvera-t-elle sa place dans le concert des nations comme une et indivisible ? Une autre question demeure : le problème de la légitimité du régime d’al-Chaara, parce que pour le moment la démocratie et les élections ne sont toujours pas à l’ordre du jour. Le fait aussi qu’il s’agisse d’un ancien djihadiste soulève des interrogations sur son rôle dans les attentats perpétrés en Europe et au Moyen-Orient. En conclusion, pour le moment, les défis sont énormes pour la nation syrienne. Selon nous, le peuple syrien doit jouer sa partition et ce sera seulement à lui d’orienter l’avenir politique et économique du pays. Mais, à quel prix et dans quelles conditions ? Toutes les éventualités sont sur la table et c’est le temps qui apportera des réponses à nos questions.

 

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