Défis et enjeux de l’autosuffisance en produits halieutiques en Corée du Sud.

Analyse de la demande intérieure, des politiques des pêches et des implications géopolitiques.

Regards géopolitiques 11(4), 2025

Yeukyin Chiu

Yeukyin Chiu est doctorante à l’Université Laval, sous la direction de Frédéric Lasserre. Sa thèse porte sur les intérêts des pays asiatiques en matière de pêche dans l’Arctique.

Résumé

La Corée figure parmi les principaux producteurs mondiaux de produits halieutiques, tant en matière de pêche que d’aquaculture marine. Malgré cette position, le pays enregistre depuis longtemps un déficit commercial persistant dans le secteur des produits de la mer. En s’appuyant sur les données des bilans alimentaires de la FAO, les statistiques commerciales fondées sur les codes du Système harmonisé, ainsi que sur des sources officielles et académiques, cet article analyse les déterminants structurels de cette situation.

Les résultats montrent que la Corée se caractérise par une demande exceptionnellement élevée en produits halieutiques, supérieure à la moyenne mondiale et à celle de ses pays voisins. Parallèlement, le pays est fortement exposé aux effets du changement climatique et évolue dans un contexte institutionnel régional contraignant, ce qui complique la gestion durable des stocks. Face à ces contraintes, la Corée a maintenu un niveau élevé d’autosuffisance grâce au développement de l’aquaculture marine et à l’investissement technologique. Bien que les importations halieutiques contribuent à la diversification des risques liés à l’approvisionnement en produits de la mer, la forte concentration des importations de ressources halieutiques russes constitue un risque d’approvisionnement à long terme pour la Corée du Sud. Parallèlement, l’augmentation des importations de produits halieutiques transformés en provenance de la Chine soulève des questions quant à la capacité du secteur national de la transformation à satisfaire la demande intérieure. Des recherches supplémentaires sont nécessaires afin de mieux comprendre les enjeux de dépendance au sein des chaînes d’approvisionnement halieutiques en Corée.

Mots-clés
Réchauffement climatique, produits halieutiques coréens, autosuffisance alimentaire, secteur halieutique coréen, gouvernance des pêches dans le nord-ouest de l’océan Pacifique

Abstract

South Korea is one of the world’s leading seafood producers, in both capture fisheries and marine aquaculture. However, despite this strong production, Korea has long recorded a persistent trade deficit in the seafood sector. Drawing on data from the FAO Food Balance Sheets and trade statistics based on Harmonized System (HS codes), as well as official sources and academic documents, this article analyses the structural determinants of this situation. The findings show that South Korea has an exceptionally high demand for seafood products, exceeding both the global average and that of its neighbouring countries. At the same time, the country is strongly affected by climate change and operates within a constraining regional institutional framework, which complicates the sustainable management of fish stocks.

In response to these challenges, South Korea has maintained a high level of seafood self-sufficiency through the development of marine aquaculture and technological investment in the sector. While imported seafood products contribute to diversifying supply-related risks, the strong concentration of Alaska pollock imports from Russia constitutes a long-term supply risk for South Korea. At the same time, the increasing imports of processed seafood products from China raise questions about the capacity of the domestic processing sector to meet domestic demand. Further research is needed to better understand dependency issues within seafood supply chains in South Korea.

Keywords: global warming, Korean seafood products, food self-sufficiency, Korean fisheries resources, fisheries governance in the Northwest Pacific Ocean

Introduction

La Corée du Sud (ci-après Corée) se situe le long de la côte nord-ouest de l’océan Pacifique, qui constitue l’une des principales zones de pêche au monde (FAO, 2024a). Elle se classe parmi les premiers États en matière de captures marines et d’aquaculture, et elle est également l’un des principaux acteurs de la pêche en eaux lointaines (FAO, 2024b; Yozell, S. et al., 2019). Par ailleurs, les produits halieutiques (PH) occupent une place importante dans le régime alimentaire quotidien coréen. La Corée figure également parmi les pays qui consomment le plus de produits aquatiques au monde (FAO, 2023b). Cependant, sa production importante ne suffit pas à répondre à la demande intérieure, et la Corée demeure un importateur net de produits de la mer (voir figure 1) (Korea Customs Service, 2024b).

Bien que l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ait publié certains rapports sur la production sectorielle de produits de la mer en Corée, il existe très peu d’articles académiques expliquant les raisons pour lesquelles ce déficit persiste malgré une production élevée. La forte consommation laisse supposer que les PH jouent un rôle essentiel dans la sécurité alimentaire du pays. En même temps, les impacts du réchauffement climatique ont des répercussions sur l’écosystème marin à l’échelle mondiale et nuisent aux stocks (AMAP, 2019). Nous observons actuellement des phénomènes tels que le déplacement des stocks, l’acidification et la hausse des températures dans l’océan (Barange, M. et al., 2018; Barange, M. et al., 2014; Cheung, W. W. et al., 2016; Haug, T. et al., 2017; Pörtner, O. et al., 2019).

Dans ce contexte, plusieurs questions se posent :

  • Comment les secteurs de la pêche coréenne sont-ils affectés par les changements climatiques ?
  • Quelles stratégies la Corée met-elle en œuvre pour garantir l’approvisionnement en PH sur son marché national ?
  • Quelles seront les implications géopolitiques ramenées par sa quête des ressources halieutiques?

Cet article vise à apporter des réponses en s’appuyant sur des données et des documents publiés par des organisations internationales telles que la FAO, ainsi que par des institutions gouvernementales comme le Korea Statistical Information Service et le Korea Customs Service – Trade Statistics. Des articles académiques sont également mobilisés.

1.     La sécurité d’approvisionnement des produits halieutiques et la situation de la Corée

Aujourd’hui, la production domestique n’est plus la seule source d’approvisionnement alimentaire ; le commerce international permet d’acquérir des denrées auprès de pays étrangers, en s’appuyant sur le principe de l’avantage comparatif. En résumé, les États peuvent adopter deux stratégies pour répondre à leurs besoins nationaux : l’autosuffisance, qui repose sur la production domestique, et l’autonomie alimentaire, qui repose sur l’importation (Clapp, J., 2015). Cette dernière permet aux États de surmonter la pénurie de ressources naturelles et d’obtenir des aliments à moindre coût. Cependant, la dépendance à la production étrangère soulève la question de la sécurité nationale : les États sont exposés aux fluctuations des prix et aux ruptures d’approvisionnement en cas de guerre, de pandémie ou d’interruption des chaînes logistiques (Saccone, D. et al., 2025).  Par conséquent, de nombreux pays ou régions adoptent des politiques de distorsion du marché, telles que les subventions ou l’imposition de tarifs sur les produits étrangers, afin de protéger leur capacité de production. En réalité, il est rare qu’un État soit totalement autosuffisant. Même les pays considérés comme des économies fermées, tels que la Corée du Nord, ont recours à l’importation alimentaire (FAO GLOBEFISH, 2020). En fonction des ressources disponibles et de leur vision des relations internationales, les États ajustent la proportion de ces deux stratégies afin d’assurer la sécurité de l’approvisionnement alimentaire national.

Afin de comprendre la dynamique de l’offre et la demande des PH domestiques en Corée, deux ensembles de données seront analysés. Le premier provient du bilan alimentaire de la FAO. En extrayant les données disponibles sur son site et en appliquant la formule utilisée par la FAO : (production × 100 ÷ (production + importations − exportations)), nous avons calculé le taux d’autosuffisance des produits halieutiques (PH) en Corée. Selon la même méthode, nous avons calculé les taux pour ses pays voisins (Chine et Japon), ainsi que pour l’Asie de l’Est et le monde. De plus, nous avons calculé les taux pour les années 2011, 2016 et 2021 afin d’analyser l’évolution de l’autosuffisance en Corée (voir tableau 1 et 2).

Étant donné que les caractéristiques de PH diffèrent de celles des aliments de base tels que le riz, le blé et le soja, l’importance des PH dans l’alimentation de la population locale dépend également de la disponibilité de substituts pouvant servir de sources de protéines animales. Nous avons donc pris en compte la proportion de PH dans les apports en protéines animales de ces pays à l’aide de la formule suivante : quantité d’approvisionnement en protéines (g/habitant/jour) provenant des PH ÷ [quantité d’approvisionnement en protéines (g/habitant/jour) provenant des PH + viande et abats comestibles] × 100. Les résultats obtenus sont présentés ci-après (voir tableau 1).

ParamètresMondeAsie de l’estChineJaponCorée
Taux d’autosuffisance en PH (%)96,588,292,353,174,7
Proportion des PH dans les sources de protéines animales (%)22,727,937,8450,9952,23
Quantité d’approvisionnement alimentaire en PH (kilo/habitant/an)23,355,157,146,289,5

Tableau 1 – Paramètres de la sécurité alimentaire halieutique

Calculs de l’auteure fondés sur les données des bilans alimentaires de la FAO. Source : FAOSTAT, n.d.

Les résultats montrent que la Corée affiche actuellement un taux d’autosuffisance en produits de la mer de 74,7 %, ce qui la situe entre ses deux voisins, la Chine (92,3 %) et le Japon (53 %) (FAOSTAT, n.d.). Bien que ce chiffre soit inférieur à celui du monde et de l’Asie de l’Est, il convient de souligner que la Corée dépend davantage des produits de la mer, lesquels représentent une part nettement plus élevée de l’apport en protéines animales que la viande : 52,23 % pour la Corée, contre 22,7 % pour le monde, 27,9% pour l’Asie de l’Est, 37,84 % pour la Chine et 51 % pour le Japon. Cette forte dépendance met en évidence le rôle essentiel des PH dans la sécurité alimentaire coréenne.

Année201120162021Variation (%) (2011 et 2021)
Taux d’autosuffisance (%)777274,8-2,9
PH (kg/habitant/an)79,68187+9,3
Plantes aquatiques (kg/habitant/an)2025,634,3+71,5

Tableau 2 –  Évolution du taux d’autosuffisance et de l’approvisionnement alimentaire en PH et plantes aquatiques en Corée (kg/ habitant /an) en Corée de 2011 à 2021.

(FAOSTAT, n.d.)

Entre 2011 et 2021, la consommation de PH par habitant a augmenté (+9,3 %), principalement en raison de la croissance spectaculaire de la consommation de plantes aquatiques (+71,5 %), (FAOSTAT, n.d.) (voir tableau 2). En effet, les consommateurs coréens présentent une forte appétence pour les PH. Une étude concernant les préférences des consommateurs à l’échelle mondiale démontre que la Corée se classe au 6e rang de l’indice d’appréciation des PH (seafood liking index) (Cai, J. et al., 2022; FAO, 2023a). Plusieurs raisons contribuent à cette forte appréciation des PH par le public en Corée. Premièrement, le secteur des pêches en Corée continue de promouvoir les PH comme une source de protéines supérieure (United States Department of Agriculture Foreign Agricultural Service, 2024). La population a également une longue tradition de consommation des plantes aquatiques, lesquelles peuvent être facilement intégrées à la cuisine coréenne, ce qui favorise également leur utilisation dans les restaurants et les produits alimentaires transformés. De plus, le gouvernement soutient activement ce secteur pour surmonter les défis liés à la production (Hwang, E. K. et al., 2020; Kim, M.-S. et al., 2018). Ces aspects seront abordés dans les prochaines sections.

Le deuxième jeu de données est constitué d’informations enregistrées sous forme de codes du Système harmonisé (SH), un système de codification des marchandises élaboré par l’Organisation mondiale des douanes (Organisation mondiale des douanes, n.d.).  Ce système sert de référence pour les statistiques commerciales, les droits de douane et la réglementation des échanges internationaux. L’examen des préfixes des codes des marchandises permet de comprendre le flux des produits à différents stades de la chaîne de valeur. Plus précisément :

  • SH 03 désigne l’ensemble des poissons, crustacés, mollusques et autres invertébrés halieutiques, qu’ils soient non traités ou légèrement transformés, comme les produits frais, réfrigérés ou congelés ;
  • SH 1604 correspond aux préparations et conserves de poissons ;
  • SH 1605 concerne les crustacés, mollusques et autres invertébrés préparés ou conservés.

En analysant les statistiques publiées par le Gouvernement de Corée, nous pouvons voir l’évolution des importations de PH en Corée au cours de la dernière décennie. La figure 1 indique le flux de marchandises relevant du code SH 03 en Corée entre 2011 et 2024. En prenant 2011 comme l’année de référence, nous constatons qu’un déficit commercial dans ce secteur persiste sur une longue période. Cependant, la fluctuation des volumes d’exportations et d’importations reste relativement légère : le volume des exportations en 2024 a augmenté 5,93 %, tandis que celui des importations a diminué de 0,83%, par rapport aux chiffres de 2011.

Figure 1 – Quantités d’exportation et d’importation de marchandises sous le code SH 03 de la Corée entre 2011 et 2024 (kt)

Source : Korea Customs Service, 2024b

Selon les données publiées par le Gouvernement de Corée, la production nationale des PH a progressé de 10,9 % en 2024 par rapport à 2011, atteignant 3 610 kt (Statistics Korea, 2025c) (voir figure 2). Actuellement, la production issue de l’aquaculture marine représente 47 % de la production totale, 17,5 % proviennent de la pêche en eaux domestiques et 10 % de la pêche en eaux lointaines, tandis que la contribution des pêches en eaux intérieures reste inférieure à 1 % (Statistics Korea, 2025c) (voir figure 2). Cette situation diffère de celle de 2011, où les prises de la pêche (côtière, en eaux lointaines et en eaux intérieures) représentaient 56,4 % de la production totale.

Figure 2 – Répartition de la production halieutique et aquacole, ainsi que la part des importations dans l’approvisionnement nationale (en kt) entre 2011 et 2024

Source: Korea Customs Service, 2024b; Ministry of Oceans and Fisheries – Republic of Korea, 2024; Statistics Korea, 2025c.

2.     Pourquoi l’aquaculture marine constitue-t-elle l’approche optimale ?

Plusieurs facteurs incitent la Corée à adapter sa stratégie d’approvisionnement en PH. Premièrement, l’environnement physique du pays favorise le développement de l’aquaculture marine. Les eaux entourant la Corée se caractérisent par l’existence de vastes zones intertidales peu salées et peu profondes à l’ouest, offrant des conditions propices à l’aquaculture (Park, Y. H., 2017; WWF-Korea, 2016). Aujourd’hui, plus de 50 % de la production halieutique provient de la province de Jeolla du Sud (Ministry of Oceans and Fisheries – Republic of Korea, 2024) (voir figure 3). À l’inverse, la façade orientale se distingue par des eaux plus profondes, influencées par les courants pacifiques, où des espèces pélagiques d’eaux froides telles que la morue, le colin d’Alaska, et divers céphalopodes étaient autrefois couramment observés (Han, J. et al., 2022). Cependant, ces ressources sont désormais fortement épuisées. Selon les données de Sea Around Us[1], 94,7 % des captures effectuées dans la zone économique exclusive (ZEE) sud-coréenne proviennent de stocks surexploités (Sea Around Us, n.d.).

Figure 3. Quantité de production halieutique par province en Corée en 2024 (kt)

Source : (Statistics Korea, 2025b)[2](FAO, 2023b)

  • Pourquoi les ressources halieutiques s’épuisent-elles ?
    • Les impacts négatifs du changement climatique

La déplétion des stocks résulte de plusieurs facteurs, dont le changement climatique accentue la vulnérabilité des écosystèmes halieutiques dans la région. Selon un rapport du National Institute of Fisheries Science de la Corée, la température des eaux coréennes a augmenté de 1,44 °C en 56 ans, soit deux fois plus que la moyenne mondiale (National Institute of Fisheries Science – Republic of Korea, 2024).

L’ensemble des effets du réchauffement climatique, tels que l’élévation de la température de l’eau et la prolifération des espèces nuisibles comme les méduses, affecte les principaux stocks commerciaux, notamment le colin d’Alaska, les calmars, les anchois et les maquereaux (Bang, M. et al., 2018; Lee, S.-H. et al., 2022; National Institute of Fisheries Science – Republic of Korea, 2024). Une tendance au déplacement vers le nord des stocks est également observée (Dong, W. et al., 2024). En particulier, la déplétion des stocks d’espèces d’eau froide, qui constituaient une source de protéines dans l’alimentation traditionnelle des Coréens, soulève la question de la sécurité d’approvisionnement en PH (Eom, S.-h., 2011).  L’effondrement des stocks de colin d’Alaska a conduit le Gouvernement à décréter une interdiction complète de la pêche de cette espèce dans les eaux nationales (Yonhap News Agency, 2019). Les céphalopodes, qui sont également un élément caractéristique de la cuisine coréenne, représentaient 18,43 % de la consommation totale de PH en Corée en 2020 (FAOSTAT, n.d.). Cependant, leur capture dans les eaux nationales a diminué de près de 80 % par rapport aux niveaux de 2008 (Ministry of Oceans and Fisheries – Republic of Korea, 2024).  

  • Le manque d’encadrement régional dans les efforts de conservation

La situation géopolitique de la Corée complique la conservation des ressources halieutiques dans ses eaux. La ZEE sud-coréenne est entourée par la Chine, le Japon et la Corée du Nord. Certaines zones se chevauchent avec celles de la Chine et du Japon (voir figure 4). Des accords bilatéraux ont été négociés avec ces États pour la gestion des pêches (Ministry of Foreign Affairs — Republic of Korea, 2001; Ministry of Foreign Affairs of Japan, 1998). Cependant, ces accords, bien qu’ils constituent un cadre de coopération, restent non contraignants et ne peuvent donc être considérés comme un véritable cadre juridique régional pour la gestion des stocks. Ils servent avant tout de plateforme de dialogue entre les États concernés (Kwon, N. et al., 2025). L’absence d’un mécanisme de coordination multilatérale rend la gestion difficile, notamment en ce qui concerne l’attribution des quotas et la surveillance des pêches illicites, non déclarées et non réglementées (pêches INN), ce qui constitue un obstacle majeur à la gestion durable des ressources halieutiques.

Figure 4 – Zones de pêche cogérées par la Chine, la Corée et le Japon

Source : Kwon, N. et al., 2025.

Ce problème ne concerne pas uniquement la Corée et ses pays voisins. Lorsque nous abordons cette question sous un angle géographique plus large, englobant la région nord-ouest du Pacifique, nous constatons l’absence d’une organisation régionale de gestion des pêches (ORGP) chargée de la cogestion des ressources halieutiques dans les ZEE chevauchantes. Les deux ORGP présentes dans la région ont des mandats limités :

  • La North Pacific Fisheries Commission ne couvre que les zones de haute mer (voir figure 5),
  • La Western & Central Pacific Fisheries Commission (WCPFC) se limite aux thonidés et aux espèces migratoires (North Pacific Fisheries Commission, n.d.; Western & Central Pacific Fisheries Commission, n.d.).

Ce déficit de coopération multilatérale s’explique principalement par les tensions géopolitiques régionales. Les revendications de ZEE en mer de Chine méridionale, les différends liés à la souveraineté des îles situées le long de la façade occidentale de l’océan Pacifique — telles que Dokdo et Diaoyu, la question de la reconnaissance de Taïwan, ainsi que la rivalité entre les pays riverains de la mer de Béring, notamment les États-Unis et la Russie, constituent autant de facteurs qui entravent la mise en place d’une ORGP dans cette zone.

De plus, la situation en Corée du Nord rend plus difficile la gestion durable des stocks halieutiques. En 2017, les Nations Unies ont interdit l’exportation de PH nord-coréens à la suite du lancement de missiles contre des pays voisins (Conseil de sécurité, N. U., 2017). Malgré cette interdiction, la pêche commerciale se poursuit dans la région sous la forme de « navires fantômes » (Park, J. et al., 2020). Cette persistance entraîne une exploitation des stocks sans aucun contrôle.

À court terme, peu d’éléments laissent présager un changement de situation. En l’absence d’une ORGP fonctionnelle pour encadrer les efforts contre les activités de pêche INN, la dégradation des stocks persiste (Zhang, H., 2018). Les données de la FAO confirment que l’état des stocks dans le nord-ouest du Pacifique connaît une détérioration continue. Une proportion croissante des captures dans la zone 61 (Pacifique nord-ouest) provient de stocks non durables (FAO, 2016, 2018, 2020b, 2024b) (voir tableau 3).  Dans ce contexte, la Corée se trouve contrainte de rechercher des solutions alternatives afin de garantir la sécurité de la chaîne d’approvisionnement en PH pour le marché national.

Figure 5 – Zones mandatées par les ORGP[3]. Le nord-ouest du Pacifique (la zone délimitée par le rectangle rouge) n’est pas couvert par une ORGP régionale

Source : (FAO, 2020a)

Année% des prises proviennent de stocks non durables
201624
201828
202038
202245
202466

Tableau 3 – Taux de prises provenant de stocks surexploités entre 2016 et 2024

Source : FAO, 2016, 2018, 2020b, 2022b, 2024b.

4.     L’acquisition de ressources halieutiques dans les eaux lointaines peut-elle constituer une solution ?

La Corée pratique la pêche en eaux lointaines depuis les années 1960 (FAO, 2022a). Toutefois, l’adoption de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer a limité l’accès à des zones de pêche auparavant ouvertes. Par ailleurs, la hausse des coûts de production, notamment liés à l’augmentation des salaires et du prix du carburant, a freiné l’expansion du secteur (Cha, V. D., 1996; Shon, S. et al., 2014). Malgré ces contraintes, les navires coréens demeurent actifs dans certaines zones. Actuellement, la Corée est l’un des principaux pêcheurs de thons dans la zone sous mandat de la WCPFC (Havice, E. et al., 2019). Parallèlement, l’océan Atlantique est devenu une source importante d’approvisionnement en mollusques et céphalopodes pour la Corée au cours des dernières années (Ministry of Oceans and Fisheries – Republic of Korea, 2024).

Cependant, la compétition pour les ressources halieutiques en haute mer demeure intense. La Chine, le Japon et Taïwan sont également des acteurs majeurs de la pêche en haute mer, et ils sont en concurrence avec la Corée pour l’accès aux stocks et à la chaîne d’approvisionnement (Hanich, Q. et al., 2021; Havice, E. et al., 2019; Yozell, S. et al., 2019). Par exemple, dans la zone régie par le WCPFC, les entreprises coréennes sont confrontées à la concurrence des entreprises d’État chinoises; le Japon soutient également son industrie de la pêche de manière indirecte en apportant une aide au développement aux États insulaires afin de sécuriser l’accès aux stocks. Pour sa part, la Corée privilégie la formation de coentreprises avec des acteurs locaux afin de garantir l’accès aux stocks (Havice, E. et al., 2019). Dans la quête de calmars, les navires coréens font face à la domination des chalutiers chinois, qui effectuent plus de la moitié des captures dans les eaux internationales (Urbina, I., 2020).

En dehors de la concurrence exercée par les pays tiers, la Corée rencontre des difficultés à accroître sa production par la pêche en eaux lointaines. L’attribution des quotas et la définition des normes dans les zones de haute mer relèvent des ORGP, qui s’appuient sur l’état des stocks, les enregistrements historiques des captures et les intérêts des États côtiers (Cox, A., 2009). Toute augmentation de la production suppose de surmonter des obstacles institutionnels au sein de ces organisations. Au cours des deux dernières décennies, la part des prises issues de la pêche en eaux lointaines dans l’approvisionnement national total a continué de diminuer, passant de 27,7 % en 2001 à 13,2 % en 2024 (Statistics Korea, 2025c). Sa contribution à un approvisionnement durable en PH apparaît dès lors limitée.

5.     Le développement de l’aquaculture marine constitue-t-il une solution parfaite ?

En considérant les facteurs précédemment évoqués, l’aquaculture marine apparaît comme l’option la plus pertinente, dans la mesure où la production s’effectue dans un environnement contrôlé, relativement à l’abri des aléas géopolitiques. Toutefois, ce secteur demeure confronté à des défis structurels et techniques. En Corée, l’industrie halieutique présente une configuration bipolaire : la pêche en eaux lointaines est dominée par de grands conglomérats tels que Dongwon (Havice, E. et al., 2019), tandis que la majorité des acteurs de la pêche côtière et de l’aquaculture marine sont des exploitants individuels (Ministry of Oceans and Fisheries – Republic of Korea, 2024). Afin de favoriser l’investissement, la Corée a adopté en 2014 l’Aquaculture Industry Development Act pour permettre les grands conglomérats de joindre le secteur (Jeon, B.-D. et al., 2012; Korea Law Translation Center, n.d.). Malgré cette réforme, 90,7 % des exploitations aquacoles restent de petite taille et détenues par des exploitants individuels (Ministry of Oceans and Fisheries – Republic of Korea, 2024).

Le secteur est confronté au problème du vieillissement et de la diminution du nombre de pratiquants  (Statistics Korea, 2025a). De 2014 à 2023, la population liée au secteur des pêches a diminué de 36,5 % (Ministry of Oceans and Fisheries – Republic of Korea, 2024).  Dans le secteur de l’aquaculture marine, plus de 50 % des travailleurs ont plus de 50 ans; l’engagement de travailleurs étrangers est nécessaire afin de pallier la pénurie de main-d’œuvre. (Ministry of Oceans and Fisheries – Republic of Korea, 2024). Dans une telle situation, l’automatisation du secteur devient indispensable.

Depuis la promulgation de la nouvelle loi sur l’aquaculture, plusieurs projets d’automatisation du secteur ont été lancés dans les fermes aquacoles de crevettes, de concombres de mer et de mérous (Kim, M.-J. et al., 2021). Actuellement, le gouvernement pilote le projet « Smart Aquaculture Cluster Development ». Un exemple est la mise en place d’un système de recirculation aquacole pour l’élevage de saumons à Busan, en partenariat avec des acteurs privés et des organismes de recherche (AKVA Group, n.d.; Ministry of Oceans and Fisheries – Republic of Korea, n.d.; Pukyong National University, 2024). Toutefois, il demeure prématuré d’évaluer son impact sur la production nationale, ce projet n’étant qu’à un stade initial de développement.

Le soutien gouvernemental se manifeste également à travers des mesures techniques et des initiatives de marketing visant à renforcer la visibilité internationale. Par exemple, les autorités incitent les aquiculteurs d’algues à développer de nouvelles variétés commerciales, en facilitant leur certification et en les accompagnant dans la procédure d’enregistrement auprès de l’International Union for the Protection of New Varieties of Plants (Hwang, E. K. et al., 2020; Hwang, E. K. et al., 2019). Par ailleurs, les algues bénéficient d’une promotion active à l’exportation dans le cadre de la campagne « K-Seafood », initiée par le gouvernement (Choi, M.-H., 2024; Hwang, E. K. et al., 2020; Jumaway, J., 2024).

Cependant, il convient de souligner que l’aquaculture marine est également exposée aux effets négatifs du changement climatique. L’acidification et la modification de la salinité dans les zones intertidales, induites par l’élévation du niveau marin, génèrent des incertitudes pour le secteur; par ailleurs, certaines espèces commerciales d’algues présentent une faible tolérance thermique (Kim, B.-T. et al., 2019; Kim, B.-T. et al., 2021). En 2023, une période prolongée de températures élevées a entraîné des pertes estimées à 33,54 millions de dollars américains (National Institute of Fisheries Science – Republic of Korea, 2024). Compte tenu de la superficie limitée de la Corée, le déplacement des fermes d’aquaculture vers le nord semble peu envisageable. Dès lors, l’avenir du secteur demeure incertain.

6.     L’importation comme stratégie d’approvisionnement

Compte tenu des éléments précédemment évoqués, il apparaît que l’importation constitue une composante incontournable de l’approvisionnement en produits de la mer sur le marché domestique. La problématique de la dépendance vis-à-vis des importations alimentaires s’inscrit dans un débat national remontant aux années 1980. Néanmoins, la majorité des discussions se sont concentrées sur les produits agricoles, notamment le riz (Lee, C.-H., 2024). Pour les PH, cette étude soulève trois questions relatives à la sécurité de l’approvisionnement :

  • La Corée a-t-elle mis en place des dispositifs visant à faciliter l’importation des PH ?
  • Dans quelle mesure la hausse des importations pourrait-elle compromettre la capacité de production nationale ?
  • Enfin, cette dépendance accrue est-elle susceptible d’engendrer des risques pour la sécurité de l’approvisionnement intérieur ?

6.1. La question du libre-échange des produits halieutiques

Depuis les années 2000, la Corée a conclu des accords de libre-échange (ALE) avec divers pays. Parmi eux, le Chili, la Norvège, le Pérou, les États-Unis, le Vietnam, la Chine et le Japon figurent parmi les principaux fournisseurs de produits de la mer pour la Corée (voir figure 6). La signature de ces ALE a permis à la Corée d’améliorer son accès aux PH grâce à l’élimination ou à la réduction des barrières tarifaires. En comparant les volumes d’importation des PH (SH03) par la Corée entre l’année d’entrée en vigueur des ALE et 2024, nous observons une hausse globale après la mise en œuvre des accords (voir tableau 6). Toutefois, cette augmentation varie selon les pays (voir tableau 6).

  • Les importations en provenance du Chili, du Pérou et de la Norvège ont fortement progressé, avec des hausses respectives de + 187,9 %, 115,63 % et + 616,13 %.
  • Celles provenant du Vietnam et des États-Unis affichent une croissance plus modérée (+14,8 % et + 5,42 %)
  • Les importations en provenance de la Chine (-16,3 %) et du Japon (-2,82 %) ont reculé.

Figure 6 – Les dix principaux pays exportateurs de PH (code SH 03) vers la Corée en 2024 (en kt) ; les pays en bleu disposent d’un ALE en vigueur avec la Corée.
Source : Korea Customs Service, 2024a.

PaysAnnée d’entrée en vigueur de l’ALEProduits principaux d’importationCode SHVariation du volume d’importation des produits SH03 entre l’année d’entrée en vigueur de l’ALE et 2024 (en %)
Chili2004Céphalopodes congelésSH 030743+187,9
Saumon congeléSH030312
Norvège2006Saumons fraisSH 030214+ 616,13
Maquereaux congelésSH 030354
Filet de saumonSH 030441
Pérou2011Céphalopodes congelésSH 030743+115,63
CrustacésSH 030617
États-Unis2012Saumons congelésSH 030312+5,42
Poissons congelésSH 030339
Filet de poissons platsSH 030483
Vietnam2015Filet des poissonsSH 030499+14,8
CrevettesSH 030617
Céphalopodes (pieuvres)SH 030752
Chine2015Poissons congelésSH 030389-16,37
Céphalopodes fraisSH 030752
Céphalopodes congelésSH 030743
Japon (via RCEP[4])2022Poissons vivantsSH 030199-2,82
Coquilles Saint-Jacques fraichesSH 030721
Coquilles Saint-Jacques congeléesSH 030722

Tableau 4 – Évolution des importations coréennes de produits halieutiques (PH) (SH03) en provenance de partenaires liés par un ALE
Source : Korea Customs Service, 2024b

Les données extraites du Korea Customs Service montrent que les céphalopodes, dont la production nationale a fortement diminué au cours de la dernière décennie, figurent parmi les principales espèces importées, notamment en provenance du Chili, du Pérou, du Vietnam et de la Chine. Malgré l’épuisement des stocks dans les eaux domestiques, le marché coréen continue de présenter une forte demande pour cette espèce. Les importations jouent dès lors un rôle de substitution à la production nationale en déclin. Depuis 2017, l’importation du produit de céphalopodes congelés (SH 030743) a augmenté de 34 %[5]. La Corée est donc de plus en plus dépendante des importations de céphalopodes.

Parallèlement, la conclusion d’ALE avec plusieurs pays différents permet à la Corée de diversifier ses sources d’approvisionnement. Par exemple, les importations de céphalopodes en provenance du Chili (SH030743) ont diminué 43 % depuis 2017, mais cette baisse a été compensée par une hausse des importations en provenance de la Chine (+82,38 %), du Pérou (+25,75 %) et du Vietnam (+11,9%) (Korea Customs Service, 2024b). La présence de plusieurs fournisseurs contribue ainsi à réduire la dépendance de la Corée vis-à-vis d’un seul partenaire.

Les principales espèces importées, telles que les céphalopodes et les saumons (voir le tableau 6), se distinguent des produits de mer locaux. Ainsi, l’importation de PH étrangers ne nuit pas à la capacité de production domestique ; au contraire, elle permet à la Corée de bénéficier d’un accès à des espèces qui n’existent pas ou existent rarement sur son territoire, comme le saumon. En revanche, pour les espèces produites localement (maquereaux, thons et bivalves), la Corée applique une période de démantèlement tarifaire plus longue (Korea Customs Service, n.d.-a, n.d.-b), ce qui offre une certaine protection aux secteurs nationaux. Cette approche illustre la stratégie coréenne visant à concilier ouverture commerciale et préservation des filières domestiques.

6.2. Le risque géopolitique pour l’approvisionnement

La conclusion des ALE contribue à diversifier les sources d’approvisionnement en PH. Toutefois, il convient de noter qu’un tiers des importations provient de la Russie (voir figure 6), un pays qui n’a pas conclu d’ALE avec la Corée. La moitié de ces importations russes concerne le colin d’Alaska (SH 030367), une espèce importante dans l’alimentation coréenne, mais les stocks dans les eaux domestiques sont épuisés (Korea Customs Service, 2024b; Yonhap News Agency, 2019). Bien que la Chine et les États-Unis exportent également ce produit vers la Corée, les produits provenant de ces deux pays sont 69 % et 27 % plus cher que ceux de Russie (Korea Customs Service, 2024b). Bien qu’à court terme, l’écart de prix entre les PH russes et américains pourrait se réduire grâce à la conclusion de l’ALE conclu entre la Corée et les Etats-Unis, qui supprimera les tarifs en 2026 (United States Department of Agriculture Foreign Agricultural Service, 2024). Cependant, l’approvisionnement russe demeure difficilement remplaçable, car il représente 99 % du volume total importé (Korea Customs Service, 2024b).

La Corée a néanmoins signé un accord bilatéral avec la Russie en 1991, lui permettant de pêcher des stocks dans la ZEE russe en contrepartie d’une compensation financière (Ministry of Foreign Affairs — Republic of Korea, 2007). En 2021, la Corée a obtenu un quota de pêche de 28,4 kt de colin d’Alaska (Kang, Y.-S., 2021), soit l’équivalent de 11 % du volume d’importation de la même année (Korea Customs Service, 2024b). De même, l’accès à ce stock reste toutefois contrôlé par la Russie. En 2015, la Russie a imposé une réduction des quotas de pêche en réaction à un différend concernant les investissements coréens dans les infrastructures portuaires russes (The Korea Herald, 2015). Cet épisode démontre que l’approvisionnement en ressources halieutiques russes est conditionné par les relations diplomatiques entre les deux pays.

Depuis 2022, les relations entre la Corée et la Russie se sont détériorées en raison de la guerre en Ukraine. De nombreux pays occidentaux participent aux sanctions contre la Russie (Korea Strategic Trade Institute, n.d.). Les alliés de la Corée, tels que l’Union européenne et les États-Unis, ont imposé des sanctions sur les PH russes. L’Union européenne interdit les PH de luxe, tandis que les États-Unis appliquent une interdiction plus stricte qui couvre l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement; autrement dit, les produits d’origine russe, même transformés en Chine, sont également concernés (Bernton, H., 2023; European Commission, 2025). La Corée par contre, continue d’importer des PH russes (Susanin Newspaper, 2025). Cette situation illustre que l’approvisionnement en ressources halieutiques russes représente un intérêt stratégique que la Corée refuse de compromettre, même au nom de la solidarité avec ses alliés. Toutefois, une baisse de 42,5 % du volume d’importation a été constatée entre 2021 (avant le début des sanctions) et 2024 (Korea Customs Service, 2024b). Cela pourrait être le résultat de la sanction imposée par la Corée contre la Banque centrale de la Russie, qui ne favorise pas les échanges commerciaux entre les deux pays (Ministry of Economy and Finance —Republic of Korea, 2022). Certes, une telle concentration d’approvisionnement soulève des enjeux de sécurité, d’autant plus que les relations bilatérales ont connu des fluctuations au fil du temps.

6.3. La capacité du secteur de traitement des produits halieutiques

D’ailleurs, les préférences des consommateurs coréens sont en train d’évoluer sous l’influence de divers facteurs sociaux : alors qu’ils privilégiaient auparavant les produits de la mer frais (United States Department of Agriculture Foreign Agricultural Service, 2024), ils se tournent désormais vers des produits préparés. Selon les statistiques publiées par le Gouvernement de la Corée, les femmes assument un rôle plus important dans les tâches ménagères, qu’elles consacrent 2 h 50 minutes aux tâches domestiques lorsqu’elles sont sans emploi, contre 1 h 11 minutes lorsqu’elles sont en emploi (Statistics Korea, 2019). Dernièrement, davantage de femmes sont engagées sur le marché du travail, ce qui entraîne une diminution du temps disponible pour la préparation des repas et renforce la demande de plats préparés ou semi-préparés (Korea Maritime Institute, 2022). Ce changement d’habitudes est accentué par la pandémie ainsi que par le développement des plateformes de commerce électronique (Korea Maritime Institute, 2022).

La hausse de cette demande se reflète également dans l’augmentation des importations de produits de poisson préparés (SH 1604) et des crustacés et autres produits aquatiques préparés (SH 1605) en provenance de Chine, lesquelles ont respectivement augmenté de 153 % et 74,3 % entre 2015 (l’année de l’entrée en vigueur de l’ALE) et 2025 (Korea Customs Service, 2024b). Cela démontre que la dépendance aux importations de PH ne se limite pas à la disponibilité des ressources, mais s’étend aussi à la capacité de transformation des PH. En raison de leur caractère périssable, la transformation des PH est essentielle pour les rendre prêts à la consommation ou à l’utilisation comme matières premières.  Selon une estimation de la FAO, 62 % des PH consommés par les humains sont transformés (FAO, 2024b). Certaines recherches démontrent que la plupart des matières premières utilisées par les usines de transformation coréennes proviennent du territoire national (Seung, C. K. et al., 2020). Cependant, en raison d’un manque d’informations, il n’est pas clair si le secteur de transformation coréen peut satisfaire la demande du marché domestique.

De plus, la demande du secteur connaît une transition vers des produits hautement transformés, intégrant davantage d’étapes de cuisson, d’assaisonnement ou de combinaison avec d’autres ingrédients. Dans ce contexte, la méthodologie appliquée par cette étude – l’analyse des préfixes des marchandises – ne permet pas de distinguer la quantité des PH coréens ou étrangers consommés, car la complexité croissante des ingrédients et des étapes de production entraîne une diversité accrue des codes SH, ce qui rend difficile d’obtenir un aperçu statistique fiable[6]. Des enquêtes semi-dirigées auprès des acteurs du secteur seront nécessaires pour obtenir davantage de données.

Conclusion

Cette étude montre que la Corée se caractérise par une demande structurellement élevée et soutenue en PH que la moyenne mondiale ainsi qu’aux pays voisins. Toutefois, la Corée n’échappe ni aux effets du changement climatique, qui affectent la disponibilité des ressources halieutiques, ni aux tensions géopolitiques régionales qui, combinées à l’absence d’une ORGP opérationnelle, compliquent la mise en place de mesures de conservation efficaces. D’ailleurs, malgré sa longue histoire de pratique de la pêche en eaux lointaines, la concurrence intense avec les pays voisins et les contraintes institutionnelles restreignent l’expansion de la production.

Face à ces contraintes, la Corée mobilise trois principaux instruments afin de sécuriser son approvisionnement en PH : le développement de l’aquaculture marine, l’investissement dans les innovations technologiques et le recours aux importations. Le développement de l’aquaculture marine constitue un pilier majeur, contribuant au maintien d’un taux élevé d’autosuffisance. En particulier, l’essor de la culture des algues, favorisé par des conditions environnementales propices et par un soutien public actif, illustre le potentiel de ce secteur. Toutefois, l’aquaculture marine est également exposée aux effets du changement climatique ainsi qu’aux défis liés à la pénurie de main-d’œuvre, ce qui implique la poursuite d’efforts en matière de recherche scientifique et de développement technologique.

Les importations permettent à la Corée de diversifier les sources d’approvisionnement en PH. L’exemple des céphalopodes montre que la présence de plusieurs pays fournisseurs réduit les risques de rupture d’approvisionnement et offre une plus grande flexibilité en matière de prix. Néanmoins, cette diversification demeure partielle : la forte dépendance à l’égard des PH russes, en particulier pour l’approvisionnement en colin d’Alaska, met en évidence des vulnérabilités structurelles. Dans ce contexte, les ressources halieutiques constituent ainsi un enjeu stratégique pour lequel la Corée dispose d’une marge de manœuvre limitée.

Par ailleurs, cette étude montre également que la dépendance aux importations ne relève pas uniquement de la disponibilité des ressources, mais également des capacités nationales de transformation. L’évolution des préférences des consommateurs vers des PH hautement transformés accentue cette contrainte. Toutefois, le niveau réel d’autosuffisance de la Corée en PH préparés demeure difficile à évaluer à partir des seules analyses fondées sur les codes du Système harmonisé, ce qui appelle des recherches complémentaires, notamment à travers des enquêtes qualitatives auprès des acteurs du secteur.

Enfin, bien que l’aquaculture marine constitue une solution efficace à court terme, elle ne représente pas une solution définitive. En complément des investissements en recherche scientifique et en technologies, il est également logique de considérer que la Corée continuera à explorer de nouvelles opportunités de pêche dans les zones arctiques rendues accessibles par le réchauffement climatique afin de répondre à sa forte demande intérieure. Des études approfondies sont donc nécessaires pour mieux comprendre ces stratégies ainsi que les enjeux qu’elles impliquent.

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[1] Sea Around Us est un projet de recherche international dirigé par l’université de la Colombie-Britannique, qui reconstitue les données mondiales de pêche depuis 1950

[2] Les chiffres indiqués représentent la production halieutique de chaque province en kt pour l’année 2024.

[3] Les noms complets des ORGP en anglais sont les suivants : CACFISH, Central Asian and Caucasus Regional Fisheries and Aquaculture Commission; GFCM, General Fisheries Commission for the Mediterranean; LVFO, Lake Victoria Fisheries Organization; NAFO, Northwest Atlantic Fisheries Organization; NEAFC, North-East Atlantic Fisheries Commission; NPFC, North Pacific Fisheries Commission; RECOFI, Regional Commission for Fisheries; SEAFO, South East Atlantic Fisheries Organisation; SIOFA, Southern Indian Ocean Fisheries Agreement; et SPRFMO, South Pacific Regional Fisheries Management Organisation.

[4] Acronyme de Partenariat régional économique global (Regional Comprehensive Economic Partnership)

[5] L’année 2017 est prise comme année de référence car le code SH030743 n’existe qu’à partir de cette année, à la suite de la révision réalisée par la Division de statistique des Nations Unies (United Nations Statistics Division, n.d.).

[6] Par exemple, une crevette crue vendue en épicerie portera un code HS commençant par 03. Une fois transformée en tempura de crevettes prête à être réchauffée au four pour l’exportation, son code commencera par 1605. En revanche, si elle est transformée en raviolis aux crevettes, le produit sera classé sous le code 19, car il est mélangé à des pâtes. Comme ces produits sont souvent combinés à d’autres ingrédients, il est difficile d’estimer la quantité réellement consommée en se fondant uniquement sur l’analyse des codes HS.

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