Regards géopolitiques 11(2), 2025
Karen Sandoval
Karen Sandoval est docteure en droit, spécialisée en droit international public et droits de la personne. Elle est titulaire d’une maîtrise sur les déplacés environnementaux au sein de l’UE et d’un doctorat sur les droits des femmes face à l’IA, obtenus à l’Université de Montréal. Elle poursuit actuellement un postdoctorat auprès Céline Castets-Renard sur les effets des technologies émergentes sur les droits fondamentaux, au sein de l’Université d’Ottawa, en étant affiliée à la Chaire de recherche du Canada droit international et comparé de l’IA.
Résumé
Cet article analyse les conséquences de la rivalité technologique sino-américaine sur les droits des femmes à l’ère de l’IA. Il met en lumière comment le capitalisme technologique américain et l’autoritarisme numérique chinois, marginalisent les droits des femmes. L’analyse se focalise sur la sous-représentation des femmes dans les secteurs technologiques et les biais algorithmiques qui renforcent les discriminations. Elle montre comment l’IA est utilisée comme outil de surveillance et de contrôle des femmes.
Mots-clés : Intelligence artificielle, Droits des femmes, GAFAM, BATX, Surveillance numérique, Capitalisme technologique, Discrimination, égalité
Abstract
This article examines the impact of Sino-American technological rivalry on women’s rights in the era of AI. It highlights how American technological capitalism and Chinese digital authoritarianism undermine women’s rights. The analysis focuses on the underrepresentation of women in the tech sector and the algorithmic biases that perpetuate discrimination. Additionally, it illustrates how AI is utilized as a tool for surveillance and control over women.
Keywords: Artificial intelligence, women’s rights, GAFAM, BATX, digital surveillance, technological capitalism, Discrimination, equality.
Introduction
L’intelligence artificielle (ci-après IA) est actuellement l’un des principaux catalyseurs de la transformation économique, sociale, culturelle, juridique, géopolitique et à n’en point douter anthropologique. Elle soulève des défis, non sans précédent, mais d’une ampleur substantielle. Elle est devenue un terrain de compétition intense entre les grandes puissances, qui rivalisent pour affirmer leur suprématie technologique. Nous retrouvons comme majeurs protagonistes les États-Unis, auxquels s’est ajoutée de façon significative la Chine. Il semble imprudent d’analyser l’IA et sa régulation sans prendre en considération sa dimension hégémonique et économique, ainsi que l’écosystème antagoniste interétatique qui en découle. Toutefois, les droits des femmes se retrouvent à la croisée de deux forces que l’on pourrait appréhender d’antagonistes synergiques : le capitalisme technologique américain et l’autoritarisme numérique chinois. Bien que leurs modèles idéologiques et politiques diffèrent, ces deux puissances ont en commun la marginalisation des droits fondamentaux dans leur traitement de l’IA. Les femmes, déjà sous-représentées dans les secteurs technologiques (UNESCO, 2024), deviennent les premières victimes d’une gouvernance technologique qui privilégie l’efficacité économique, le contrôle étatique sous couvert de technolibéralisme, au détriment des droits à l’égalité et à la non-discrimination (Sandoval, 2024).
Cette situation soulève des interrogations cruciales et notamment dans quelle mesure ces deux modèles de gouvernance technologique affectent-ils les droits des femmes ? Cet article se propose d’explorer les impacts de la rivalité technologique sino-américaine sur les droits des femmes. Dans une première partie, nous examinerons comment ces deux puissances utilisent l’IA pour asseoir leur domination technologique, souvent au détriment des droits fondamentaux. Dans une seconde partie, nous nous pencherons sur les modèles contrastés qu’elles incarnent et leurs implications pour les femmes. À travers cette analyse, nous chercherons à démontrer que l’IA n’est pas un outil neutre, mais bien le reflet amplifié des dynamiques de pouvoirs existantes, compromettant ainsi les droits fondamentaux des femmes.
1. L’IA au cœur de la rivalité sino-américaine : une guerre d’influence technologique
1.1. Domination économique et influence des entreprises technologiques
La tension entre les États-Unis et la Chine se retrouve autour des entreprises technologiques que sont les GAFAM (acronyme de Google (Alphabet), Apple, Facebook (Meta), Amazon et Microsoft) et leur alter ego chinois, les BATX (acronyme de Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi). Cet affrontement ne se limite pas à une guerre commerciale ou stratégique, mais redéfinit les règles du pouvoir global, façonnant un monde où la technologie est à la fois un outil d’innovation et un levier de domination. Le poids économique des géants technologiques leur permet d’être au plus près des négociations législatives (Mhalla, 2023), de déployer un lobbying inflexible (Kang, McCabe et Vogel, 2021), mais également d’être inégalables dans leur capacité d’investissement en recherche et développement (Gaudiaut, 2022) et plus spécifiquement en IA (Cazals et Cazals, 2023). Conséquemment, la plupart des gouvernements sont dépassés par ces entreprises technologiques, considérées pour les uns comme plus puissantes que les États, qualifiés pour les autres de nouveaux maîtres du monde (Thibout, 2022).
L’hégémonie des grandes entreprises, nourrie par leur quasi-monopole sur la gouvernance des données, établit un cycle où l’efficacité promise aux États, notamment mise en lumière lors de la crise de la Covid-19 (Maschewski et Nosthoff, 2022), se paie par une dépendance grandissante et un transfert progressif de pouvoir, jusqu’à remettre en cause l’équilibre démocratique. Dans un monde qui se veut ouvert et mondialisé, mais que Jacques Ellul décrit comme paradoxalement clos (Ellul, 2023), le renforcement exponentiel de la capacité d’action du secteur privé, vertueux pour certains et vicieux pour d’autres, appelle à un compromis entre innovations technologiques et sauvegarde de l’autonomie étatique, sous peine de voir la souveraineté collective vaciller (Gu, 2023). Selon le chercheur, cette notion de souveraineté correspondrait à un régime dans lequel le pouvoir de décision sur la production, la circulation et l’usage des données ne serait plus exclusivement détenu par l’État, mais partagé et négocié entre l’État, les individus, les entreprises (notamment les grandes plateformes numériques) et la société civile. Cette configuration met en évidence la relation dynamique et interdépendante de ces divers acteurs dans l’écosystème numérique, où le pouvoir émerge d’une manière collaborative plutôt que hiérarchique.
Bien que les États restent au cœur de la structure de pouvoir légitime et démocratique, les entreprises technologiques ont édifié un vortex, tentaculaire, multicentrique et décentralisé (Beaude, 2021). Le triptyque du pouvoir industriel, scientifique et politique, s’exerce tout naturellement dans le champ géopolitique. Dotées d’un accès privilégié au capital, à l’information et à la technologie, les Big Tech, présentes à l’échelle internationale et nationale, modèlent l’acquisition de ressources, la mobilisation sociale et le climat politique, tout en contribuant à la gouvernance mondiale et à l’édification de l’ordre international (Gu, 2023). Il va de soi que l’élection de Donald Trump constitue une allégorie limpide d’une compromission entre le pouvoir législatif d’une grande démocratie et le pouvoir économique. Son élection a été soutenue, entre autres, par Elon Musk (Schleifer et Ngo, 2025). Parallèlement, des entreprises telles qu’Amazon, Microsoft, Apple et Google ont manifesté leur allégeance au nouveau Président à grand renfort de millions de dollars (Le Feuvre, 2025). Ces événements font craindre une éventuelle dégradation des droits fondamentaux (Goldberg, 2025), en particulier dans le domaine de l’IA (Moign, 2025), mais aussi à l’égard des droits des femmes (Hewitt, 2025).
Malgré des tentatives de rapprochement diplomatique, la guerre commerciale en cours entre la Chine et les États-Unis est notable (Bougon, 2025 ; Rogers, 2023 ; Pierson et Chien, 2024). Certains la qualifient de « guerre froide technologique », qui engage l’ensemble de la communauté internationale (Orange, 2021) et s’articule autour de la production, l’utilisation, le contrôle et la gouvernance des technologies de l’information, s’inscrivant dans un conflit idéologique (Segal, 2022). Ces deux protagonistes se disputent la précellence technologique mondiale, en d’autres termes : la suprématie économique (Wong, 2021). Ce conflit économique autour, entre autres, des semi-conducteurs, impacte significativement le développement de l’IA, car ils en sont les moteurs (Triolo, 2024).
1.2. Militarisation et contrôle politique par l’IA : entre surveillance et hégémonie
Concernant les GAFAM et leurs relations avec les États-Unis, les liens sont particulièrement étroits, mais non sans-précédents. En effet, pendant la guerre froide, le Pentagone fut fasciné par la notion de prise de décision rationnelle et automatisée par des machines (Fleck, 1982). Ces liens sont encore de vigueur au XXIe siècle. En effet, en octobre 2019, Microsoft a remporté l’un des plus grands contrats de l’histoire du Pentagone intitulé Joint European Disruptive Initiative. Ces derniers ont fourni au département de la Défense un environnement infonuagique unique et les services technologiques associés notamment dans le domaine de l’analyse de données et de l’IA (Thibout, 2022). Quant à Google, en 2018 l’affaire du Projet Maven (Pellerin, 2017) en est également une autre illustration (Jeannin, 2019). La firme et le Pentagone avaient passé un accord dans lequel la maîtrise de l’IA de Google, dans la reconnaissance des objets, devait être déployée pour servir les objectifs du département de la Défense (Brewster, 2021). Toutefois, les salariés ont pris conscience des finalités du projet qui était disséminé entre les services, suscitant une indignation générale (Conger, 2018). Plus de trois mille salariés signèrent une pétition réclamant la non-participation du groupe au « commerce de la guerre » (Bloch-Wehba, 2022). Conséquemment, Google ne s’engagea pas dans le renouvellement de l’accord en 2019 et proposa la mise en place d’une cellule d’éthique (Le Bui et Noble, 2020).
Or, cette bonne volonté (Simonite, 2010 et 2020) s’est vite interrompue. D’une part, l’intention d’avoir un groupe dédié aux conséquences humaines et éthiques du développement de l’IA n’a pas perduré au sein de Google (dissolution du Advanced Technology External Advisory Council, puis du Ethical AI (Johnson et Lichfield, 2019)) ; d’autre part, lier IA et finalités militaires n’est plus un tabou pour Google (Perrigo, 2024), malgré l’insatisfaction de ses salariés. Enfin, en 2018, Microsoft et Amazon furent à leur tour touchés par l’indignation de leurs employés les accusant de fournir des technologies permettant le traitement de données et de reconnaissance faciale pour les services de police, en dépit des scandales répétés qui entouraient le traitement des demandeurs d’asile à la frontière mexicaine (Conger, 2018).
Comme le démontre Jack Balkin, la Constitution des États-Unis limite originellement les acteurs gouvernementaux dans leur poursuite à grande vitesse de programmes de surveillance. Cette restriction aurait motivé le gouvernement à se défausser de cette pratique sur les entreprises privées pour collecter et générer des informations pour les services gouvernementaux (Balkin, 2008). Ces quelques exemples ne sont que la partie immergée de l’iceberg, de nombreux ouvrages sont consacrés à la question (Ezrachi et E. Stucke, 2022 ; Petit, 2020).
Ces affaires soulèvent bien évidemment la question de la souveraineté du gouvernement américain face à la puissance des entreprises privées. Elles témoignent aussi de l’idéologie libérale qui stimule, accompagne et rend possible ces événements. Les entreprises technologiques imposent incidemment aux États leurs prétentions (Gelin et Guilhem, 2020). Dans cette perspective, Jacques Ellul infère que la technique serait devenue une entité autonome, autocausale, suivant sa propre logique d’autoaccroissement permanent et sur laquelle personne n’a d’emprise (Benoit et Celnik, 2022).
Quant à la Chine, cet entrecroisement entre l’État et les BATX est tout aussi prégnant. Depuis la fin des années 1970, les sciences et les nouvelles technologies jouent un rôle prépondérant dans le projet de réforme de la Chine (Creemers, 2022). Ces dernières années, l’IA (E. Barnes et Chin, 2018), les télécommunications de nouvelle génération, la biologie synthétique, l’informatique quantique ou encore les semi-conducteurs sont essentiels à la compétitivité économique et à la sécurité nationale du pays (Segal, 2022). L’État a adopté en juin 2017 une feuille de route intitulée New Generation Artificial Intelligence Development Plan, avec pour finalité de devenir le centre mondial de l’innovation d’ici 2030 (Roberts, Cowls, Morley, Taddeo, Wang et Floridi, 2021). Le gouvernement central et les gouvernements provinciaux consacrent d’importants fonds à la recherche et au développement, ainsi qu’à la commercialisation d’applications d’IA.
La relation entre l’État et les BATX s’inscrit également dans une logique de fusion civilo-militaire, politique centrale du Parti communiste chinois depuis les années 2010 (Boschet, Chimenti, Mera Leal et Duval, 2019). Les BATX participent activement à des programmes de recherche et développement militaire, et leurs dirigeants affichent une proximité idéologique avec le gouvernement. En retour, Pékin leur confie des rôles stratégiques, en leur attribuant des priorités technologiques et en les intégrant à ses plans de développement. Certaines entreprises technologiques chinoises ont été identifiées comme « championnes nationales » et ont reçu des rôles spécifiques dans le développement de nouvelles applications de l’IA. En échange de ce statut privilégié, ces entreprises bénéficient d’appels d’offres préférentiels, d’un accès facilité au financement et ainsi d’une forme de protection de leur monopole. Même si d’autres entreprises peuvent les concurrencer dans ces domaines, le statut de championnes nationales a contribué à leur domination de leurs secteurs respectifs (Mazzucchi, 2021).
Bien que des débats soient balbutiants concernant la volonté de définir des limites normatives pour des utilisations acceptables de l’IA, l’exploitation par la République populaire de Chine de l’IA, l’instauration de villes intelligentes, de logiciels de reconnaissance faciale et vocale, permettrait au gouvernement de réduire au silence les dissidents et notamment les femmes (Stevenson, 2023), de restreindre des libertés publiques et engendrerait des atteintes aux droits fondamentaux (Mozur, Xiao et Liu, 2022). Selon Rogier Creemers, la cyberpuissance chinoise, construite en opposition au rôle prééminent des États-Unis que la Chine considère à la fois comme unique rival et menace aux ressources supérieures, cherche à limiter l’influence américaine et à freiner son développement technologique. Dans un climat de tensions croissantes, elle amorce le découplage de son économie numérique en privilégiant des technologies produites localement et en soutenant ses industries.
La volonté de la Chine de s’affirmer comme une cyberpuissance s’accompagne de l’utilisation massive de l’IA pour renforcer son contrôle étatique, faisant peser de sérieuses menaces sur les droits fondamentaux et les libertés publiques. Face à la rivalité sino-américaine croissante, la mise en place de régulations contraignantes à l’échelle internationale et régionale apparaît indispensable pour prévenir les dérives autoritaires et préserver les principes démocratiques. Bien que de nouveaux outils d’IA chinois (Metz, 2025) bousculent les géants américains dans leurs certitudes hégémoniques (Oremus et Jiménez, 2025), nous ne pouvons différencier ces deux univers technologiques broligarques (Cadwalladr, 2024) à l’égard des droits des femmes. Si ces deux puissances se confrontent, elles convergent sur un point : une vision patriarcale et masculiniste de l’IA, qui entrave directement et indirectement les droits des femmes, en termes de droit à la non-discrimination et à l’égalité.
2. L’impact différencié de cette rivalité technologique sur les droits des femmes aux États-Unis et en Chine
2.1. Du manque de représentativité des femmes à leur surveillance numérique aux États-Unis ?
L’univers technologique est indubitablement associé à la figure masculine, malgré la présence de femmes au commencement, elles furent invisibilisées (Kleiman, 2022) puis évincées (Collet, 2019), à mesure que la technologie est devenue incontournable. Compte tenu de ses avancées et de l’engouement autour de cette 4e révolution industrielle (Maclure et Saint-Pierre, 2018), les femmes sont encouragées à [ré]investir ce milieu masculinisé. Cet appel aux femmes est motivé par des enjeux économiques, que l’on peut aisément qualifier de leitmotiv capitaliste. Or, de façon pernicieuse, il a été démontré que les femmes, après avoir affronté des obstacles exogènes façonnant les stéréotypes selon lesquels les femmes n’auraient pas leur place dans les sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (ci-après STIM), elles délaissent majoritairement leurs emplois en cours de carrière (UNESCO, 2017). Aux États-Unis, les femmes qui accèdent à un emploi dans ce secteur sont en moyenne deux fois plus nombreuses que les hommes à le quitter (Mundy, 2017). Il y a également davantage de femmes qui déclarent changer de domaine à cause des préjugés sexistes, de la discrimination et du harcèlement qu’elles subissent (Gender Technology and Innovation, 2017).
Bien que la Silicon Valley soit un microcosme, son rayonnement international et l’impérialisme technologique qu’exerce la région nous engage à présenter la place qu’y occupent les femmes. Cet atypique environnement doit être défini et nous reprendrons les propos de Jamie Bartlett, soulignant que les technologies numériques liées à la Silicon Valley (plateformes de médias sociaux, big data, technologies mobiles et IA) définissent la vie économique, politique et sociale (Bartlett, 2018).
Cet univers technologique est l’exemple édifiant du manque de représentativité des femmes. Nombre d’ouvrages viennent démontrer qu’il est toxique à leur encontre (Smyrnaios, 2023 ; O’Mara, 2019 ; Cook, 2020 ; Chang, 2019) et qu’il est le chantre d’un environnement dominé par les hommes et émotionnellement primitif, où les dirigeants sont récompensés pour leurs démonstrations d’hypermasculinité (Moreno, 2023). Enfin, pendant que des hommes puissants et riches de la Silicon Valley spéculent sur les futurs risques existentiels de l’IA, tout en taisant les enjeux contemporains, de nombreuses femmes et d’autres personnes issues de communautés marginalisées sont engagées pour protéger l’humanité des méfaits de développements imprudents de l’IA. De nombreuses chercheuses en IA démontrent que le mythe attribuant les avancées de l’IA uniquement à de brillants hommes de la Silicon Valley est désormais dépassé, car les contributions de nombreuses femmes, longtemps restées dans l’ombre, sont aujourd’hui mieux reconnues (Dand, 2023).
Tandis que le déploiement du numérique s’est fait sur de nombreuses promesses d’un monde meilleur (Walker, 2018) derrière le consensus de la Silicon Valley (Durand, 2020), trois problèmes culturels se posent selon Katy Cook. La sphère technologique présente un manque de diversité et de maturité qui favorise la persistance de préjugés (sexisme, âgisme, racisme) et de harcèlement. Cette culture homogène et peu ouverte à la remise en question banalise progressivement ces comportements, qui s’enracinent non seulement dans l’organisation elle-même, mais aussi dans les produits qu’elle conçoit. Ce continuum discriminatoire a engendré une montée de discours masculinistes et la minimisation de la misogynie et donc un contexte professionnel importun pour les femmes (Cook, 2020). Finalement, en 2025, Mark Zuckerberg n’a fait que reconfirmer que la prévalence de cette « énergie masculine positive » (Piquard, 2025) perpétue les structures patriarcales oppressives au sein des entreprises technologiques, renforçant ainsi les inégalités de genre et marginalisant les voix et les expériences des femmes dans le secteur.
En termes d’effectifs, les derniers rapports sur la diversité publiés par les GAFAM montrent que les hommes représentent en moyenne plus de 65% de la masse salariale. Ces statistiques reflètent largement la démographie hommes-femmes dans l’ensemble de l’industrie. Toutefois, dans les postes techniques, l’écart entre les femmes et les hommes est encore plus important. Mis à part Amazon et Google qui ne précisent pas les secteurs d’activité de leurs salariés, pour Apple, Microsoft et Meta, les hommes représentent près de 75% des postes d’ingénierie en moyenne. Quant aux postes de direction, ils sont occupés par 70% par des hommes (Sandoval, 2024).
La sous-représentation des femmes dans l’IA est un problème pressant qui exige une action immédiate. Ce manque flagrant de diversité ne se contente pas de créer des équipes déséquilibrées ; il engendre des cycles vicieux qui imprègnent nos technologies de préjugés et de stéréotypes sexistes. À chaque étape de conception d’un outil d’IA, une chaîne humaine intervient : la sélection des données d’entraînement, leur annotation par des travailleurs du clic, puis leur optimisation par des dresseurs de données (Gerbaud et Gerbaud, 2023). Or, dès le départ, cette chaîne biaisée façonne des systèmes qui perpétuent inégalités et discriminations. En aval, ces suites de classifications et d’actions prises par ces systèmes affectent les utilisateurs finaux. Tandis que nous concevons des appareils pour prétendument améliorer et simplifier notre existence, il est crucial de s’interroger sur les bénéficiaires de ces avancées technologiques et sur la nature de leur impact. Les systèmes d’IA ne sont pas exempts d’idéologie et d’habitus, dont les représentations et les modèles ne reflètent pas simplement le monde (a fortiori occidental), mais l’entretiennent, le renforcent et le créent (Schnoebelen, 2016). La réussite dans le domaine des technologies passe par une adaptabilité à marche forcée où les relations de genre jouent un rôle déterminant dans la structure et les pratiques de ces milieux, permettant de comprendre comment les hommes les modèlent et les dominent (Wajcman, 2013).
L’industrie des femtech (Tin, 2016) pourrait être l’illustration parfaite de ce modèle. Beaucoup de publications ont qualifié la femtech de victoire pour la santé des femmes (A. Corbin, 2019), poussant les startups à investir dans de tels produits (Nayeri, 2021). Les plus courants sur le marché se concentrent sur le suivi des règles, la fertilité, la grossesse, le bien-être sexuel et la santé reproductive, la ménopause et sont vendus comme donnant aux femmes le contrôle de leur corps et de leur bien-être (Menking et Kaplan, 2020). Or, deux limites sont manifestes concernant cette industrie. La première est que les préoccupations médicales à l’encontre de la santé des femmes concernent avant tout leurs capacités, ou incapacités, procréatrices. Les femmes se voient exclues de la définition d’enjeux majeurs en matière de santé publique, tels que le VIH, l’alcoolisme, la toxicomanie et les maladies cardiovasculaires, ainsi que du cancer, au motif qu’elles auraient des formes de cancer spécifiques. En santé comme dans d’autres domaines de recherche, on glisse ainsi, souvent de manière non linéaire, de l’oubli des femmes à leur particularisation (Membrado, 2006). Force est de constater que les technologies ne font pas défaut à ce centrage médical et renvoient ainsi le corps des femmes à un corps qui enfante.
En second lieu, nonobstant certains avantages de ces systèmes d’IA (Noël et Mauro, 2024), les utilisatrices partagent des détails intimes telles que le cycle menstruel, la sexualité et plus largement leur mode de vie (Tiffany, 2018), dont les données sont enregistrées. Cette captation est explicitement mentionnée dans les politiques de confidentialité. Or, ces applications partagent les données des utilisatrices (Shipp et Blasco, 2020) avec de nombreux réseaux sociaux, Google, des compagnies spécialisées dans la publicité comportementale ou du profilage (Avigdor, 2020), de nombreux data brokers (Sherman, 2021), ou encore des institutions de recherches. Ces applis se présentent initialement comme étant axées sur le soutien à la santé féminine. Cependant, il est important de noter que leur modèle économique (Bhimani, 2020) va beaucoup plus loin : le partage de données personnelles avec de tierces parties est en réalité l’un de leurs principaux objectifs (Siapka et Biasin, 2021). Dans le contexte américain post-Roe v. Wade, les enjeux soulevés par l’ensemble des données que les femmes partagent sur ces applications, pourraient être préjudiciable pour les femmes, à plus forte raison pour les femmes racisées et pauvres, historiquement davantage exposées (Y. Davis, 1983). Ces outils de traçage des cycles menstruels et de la fécondité pourraient servir à géolocaliser (Hofmann, 2024) et être utilisés pour intenter des procédures judiciaires (Z. Huq et Wexler, 2022) contre les groupes défavorisés (Saini & Saxena, 2024). L’utilisation de données numériques a déjà été mise en œuvre par certains États américains qui ont interdit l’avortement (Lieber et Bernard, 2022). En effet, les autorités ont eu recours aux données numériques pour mettre en cause des individus ayant tenté d’obtenir des soins liés à l’avortement, à l’instar de Jessica Burgess, qui a écopé de deux ans de prison pour avoir évoqué l’acquisition de pilules abortives avec sa fille sur Facebook, ou encore de Latice Fisher, inculpée de meurtre à la suite d’une fausse couche à domicile, due à ses recherches sur l’avortement médicamenteux. De plus, les agences fédérales ont aussi acheté des données de localisation à des courtiers en données afin de surveiller et de cibler des personnes se trouvant dans certaines zones, comme les cliniques offrant des avortements (B. Jones, 2025).
Or, conformément au paragraphe 20 de l’Observation générale n° 28 portant sur l’égalité des droits entre hommes et femmes de 2000 du Comité des droits de l’Homme, le respect de la vie privée des femmes en matière de procréation est un impératif. Le déploiement des femtech met à mal ce droit, compte tenu du fait que le partage de données personnelles à des tiers constitue l’un des objectifs majeurs de cette industrie. Les États-Unis, partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966, signé en 1977 et ratifié en 1992, devraient adopter les mesures nécessaires pour protéger les femmes de ces dérives et garantir leur droit à la vie privée (Conti-Cook, 2020).
2.2. L’IA comme outil de contrôle des corps et des libertés des femmes en Chine ?
Si le droit à l’égalité et à la non-discrimination aux États-Unis est discutable à bien des égards, la République populaire de Chine s’inscrit dans le même continuum stéréotypé à l’égard des femmes. Deux éléments doivent être appréhendés, à savoir la place des femmes dans l’univers masculin des technologies et le rôle attendu de ces dernières dans la Chine post-enfant unique (Su-Russell et Caroline Sanner, 2023) à l’ère de l’IA.
La place des femmes dans l’univers technologique en Chine fait l’objet de plusieurs critiques, notamment en raison d’inégalités persistantes (Mallet-Jiang, 2022), de normes culturelles contraignantes et de politiques gouvernementales qui, bien qu’encourageant l’innovation, favorisent peu l’inclusion des femmes. D’une part, malgré une présence croissante de femmes dans les STIM, leur accès aux postes de direction dans les entreprises technologiques chinoises reste très limité (Froniga, 2024), à l’instar des États-Unis. Le modèle de travail nommé 996, largement décrié (Yiu, 2022) et bien qu’interdit (Fan, 2023), perdure au sein des entreprises technologiques chinoises et est difficilement conciliable avec les responsabilités familiales qui incombent majoritairement aux femmes. Certaines entreprises technologiques préfèrent donc recruter des hommes, estimant que les femmes sont moins disposées à assumer des horaires prolongés ou qu’elles risquent de quitter leur emploi après un mariage ou une grossesse. Ces éléments engendrent une forte précarité et une discrimination institutionnelle, où les femmes font face à des inégalités salariales, de stéréotypes de genre et de harcèlement sexuel (Tong, 2022).
La chercheuse Hong Yu Liu a révélé plusieurs cas emblématiques de discrimination fondée sur le genre au sein de ces entreprises technologiques, mettant en évidence des pratiques susceptibles d’enfreindre la législation du travail et les lois relatives à l’égalité femmes-hommes. Parmi ces exemples figure la contrainte exercée sur une femme enceinte pour qu’elle démissionne, ainsi que des violences sexistes et sexuelles commises lors d’événements d’entreprise (Liu, 2023). Human Rights Watch a dénoncé le fait qu’Alibaba diffusait des annonces de recrutement discriminatoires envers les femmes. Ces dernières indiquaient des préférences pour les hommes ou demandaient aux femmes d’être physiquement attrayantes pour attirer les candidats masculins (Wang, 2018). Le climat sexiste et discriminatoire s’est en outre illustré par la minimisation de plaintes pour harcèlement sexuel, souvent ignorées par les responsables hiérarchiques et la police locale. Enfin, la prévalence du harcèlement sexuel, mise en évidence par le mouvement #MeToo en Chine, souligne l’urgence de repenser la place et la protection des femmes dans la sphère professionnelle, afin de garantir une égalité réelle et durable.
Contrairement à certains gouvernements qui encouragent l’égalité femmes-hommes dans ce domaine par des quotas ou des incitations fiscales, la Chine ne met pas en place de politiques effectives à l’égard des femmes. Les militantes féministes chinoises dénonçant ces inégalités sont souvent censurées ou persécutées. Par exemple, des campagnes dénonçant le harcèlement dans les entreprises technologiques ont été supprimées des réseaux sociaux chinois. Les femmes influentes dans le domaine technologique, y compris des entrepreneuses ou ingénieures, font souvent face à du cyberharcèlement sans que le gouvernement intervienne de manière significative. Malgré l’existence de certains cadres juridiques visant à limiter la discrimination, leur efficacité demeure entravée par des stéréotypes persistants, l’absence de sanctions dissuasives, les coûts élevés du contentieux et la complexité administrative qui réduisent les moyens de recours. Enfin, le fait que le pouvoir judiciaire dépende du Parti communiste chinois demeure l’ultime obstacle à la mise en œuvre de mesures promouvant l’égalité et la non-discrimination (Burnett, 2010).
Dans ce continuum discriminatoire, par l’entremise du crédit social, l’utilisation de technologies pour suivre et influencer la natalité et le rôle des femmes dans la société chinoise nous enjoins à un devoir de vigilance. En 2019, Victor Gevers a divulgué l’existence d’une base de données répertoriant près de deux millions de Pékinoises spécifiant leurs noms, leurs adresses postales, leurs numéros cellulaires et un statut leur était attribué « prêtes à se reproduire ». Bien que les instigateurs et les objectifs de cette base de données restent indéterminés, des suggestions tendent vers un « effort » du gouvernement visant à suivre les femmes fertiles, compte tenu du taux de natalité en Chine qui est le plus bas de son Histoire (Doffman, 2019). Cette « volonté » fait lourdement écho à l’étude publiée par The Lancet en 2020. Les chercheurs concluaient que l’accès élargi à l’éducation et à la contraception pour les femmes entraînerait une baisse continue de la fécondité et un ralentissement de la croissance démographique, ce qui entraînera des répercussions majeures. Face à cette évolution, l’élaboration de politiques pour gérer ces conséquences tout en améliorant la santé reproductive féminine sera cruciale (The Lancet, 2020). Cette baisse de la fécondité est une conséquence directe de la politique de l’enfant unique de 1979 (Savage, 1988), ayant pris fin en 2015. Cette loi a déséquilibré le sex-ratio, car il en résulta un accroissement artificiel des naissances de garçons par rapport aux filles, causés par l’avortement sélectif, l’infanticide féminin ou encore l’abandon des petites filles (De Giorgi, 2019).
Les projections de The Lancet pourraient entraîner deux conséquences à l’encontre des femmes. D’une part, leurs accès aux études pourraient être restreints ; d’autre part, le poids sociétal et gouvernemental pourrait exhorter les femmes à la procréation. Or, pour répondre à l’enjeu démographique et donc économique, le seul palliatif détaillé est l’augmentation substantielle de l’immigration sur le territoire chinois. Toutefois, la Chine n’est pas reconnue pour cette ouverture (Lemaître, 2021). Bien qu’elle compte sur l’IA pour atténuer le manque de main-d’œuvre (CEDEF, 2023), les corps des femmes risqueront d’être un levier privilégié pour le maintien d’une hégémonie chinoise, en soutien d’outils technologiques, au détriment de leurs droits fondamentaux. Ces hypothèses que nous avons forgées fin 2021 furent confirmées lors de la tenue le 23 octobre 2023 du 13e Congrès national des femmes à Pékin. L’allocution de Xi Jinping fut des plus limpides :
« “Nous devrions promouvoir activement un nouveau type de culture du mariage et de la procréation”, a-t-il déclaré dans un discours, ajoutant qu’il incombait aux responsables du parti d’influencer la vision des jeunes sur “l’amour et le mariage, la fécondité et la famille”. » (Stevenson, 2023)
Bien que l’appel aux corps des femmes soit persistant, il semble peu probable que les efforts de propagande du Parti communiste chinois soient suffisants pour faire croître le taux de natalité (Hong et Wang, 2023). Pour être clair, le Parti communiste chinois pourrait être tenté de recourir à des mesures coercitives pour désavantager ou marginaliser les femmes qui choisiraient de ne pas avoir d’enfants (Nast, 2019). Selon Fubing Su, si le Parti a pu sacrifier le corps et les droits reproductifs des femmes au nom de sa politique de l’enfant unique, il pourrait de nouveau leur imposer sa volonté au soutien d’un arsenal technologique sans précédent (Amnesty International, 2019).
Tant pour la Chine que pour les États-Unis, leurs entreprises, plutôt que de nouveaux États, seraient davantage une extension technologique, militaire et économique, remodelant les relations de pouvoir. Les interactions étroites et soutenues entre ces gouvernements et le secteur privé reconfigurent les spécificités de la puissance stratégique, notamment en matière de nouvelles législations contraignantes. Max Weber soulignait que l’État était considéré comme la seule source légitime de recours à la violence, fondement même de son existence (Weber, 1959). Cependant, la violence facilitée par les données a subverti cette thèse, car l’utilisation du numérique pour le contrôle politique, économique, social et par extension du corps des femmes, est un révélateur du patriarcat technologique. Ainsi la matérialité de la violence s’illustre au cœur d’autres instances.
Malgré des différences notables, ces deux États sont la face d’une même pièce. Selon Soshana Zuboff, si la Chine a défini sa trajectoire vers un futur numérique autoritaire, les démocraties libérales n’ont pas su proposer une vision technologique claire favorisant la démocratie. Cet échec, nourri par plus de vingt ans d’hésitation et de crainte, illustre leur incapacité à choisir entre la tentation du contrôle et les principes de droits fondamentaux, d’égalité, d’État de droit et de gouvernance démocratique (Zuboff, 2020). Compte tenu de l’ambiguïté entretenue entre firmes et gouvernements, tous deux leaders mondiaux et détenteurs d’un droit de veto au Conseil de sécurité, ces éléments laissent à penser que ces deux puissances compromettent la possibilité d’une régulation effective et surtout contraignante de l’IA par le droit international.
Conclusion
La rivalité technologique entre les États-Unis et la Chine illustre l’influence des dynamiques géopolitiques sur la gouvernance des technologies et les droits fondamentaux, en particulier ceux des femmes. Ces deux puissances incarnent des modèles de développement technologique divergents, mais convergents quant à leurs effets sur les droits des femmes. Aux États-Unis, le capitalisme technologique favorise des inégalités algorithmiques et marginalise les femmes dans les processus décisionnels. En Chine, l’IA est utilisée comme un outil centralisé de surveillance et de contrôle, renforçant les normes patriarcales et pouvant porter atteinte aux droits reproductifs des femmes. Cette convergence souligne une inadéquation des cadres nationaux pour protéger efficacement les droits des femmes dans le contexte où les déploiements des IA sont exponentiels.
Sur le plan international, cette rivalité technologique contribue à fragmenter les efforts de régulation. Les instruments juridiques existants, notamment les initiatives onusiennes, peinent à répondre aux défis posés par l’intersection entre genre et technologie. L’absence de vision commune entre les grandes puissances et la dépendance des institutions internationales aux contributions des États limitent leur efficacité. La fragmentation normative entrave une approche globale et cohérente pour traiter les enjeux spécifiques des droits des femmes face à l’IA. Une approche multilatérale intégrant une perspective de genre est essentielle pour combler ces lacunes. La régulation de l’IA ne peut se limiter à des considérations économiques ou stratégiques, mais doit placer les droits humains, et particulièrement ceux des femmes, au cœur des priorités. Seule une gouvernance globale cohérente et inclusive permettra de concilier les avancées technologiques avec le respect des droits fondamentaux dans un monde en mutation rapide. Pour ne pas être prises dans les tressaillements technogéopolitiques qui ne manqueront pas de se produire, les instances internationales devraient ouvrir une troisième voie, car la loyauté des géants technologiques américains et chinois se tournera toujours, in fine, vers leur patrie, et ce, à un moment où les citoyens revendiquent des États forts (Bernard, 2022 ; Mhalla, 2023).
Le capitalisme, en tant que système privilégiant la maximisation du profit, s’est historiquement accommodé de l’extrême droite dès lors que les échanges commerciaux étaient assurés, et cette logique se retrouve au cœur des entreprises technologiques contemporaines. Une lecture féministe matérialiste met en évidence la façon dont ces firmes, malgré leurs discours progressistes de façade, perpétuent des hiérarchies de pouvoir et des modèles d’exploitation genrés et racisés. En s’alliant à des pouvoirs politiques conservateurs ou autoritaires, elles protègent leur capacité à extraire de la valeur (par la collecte de données, la sous-traitance précarisée ou la vente de technologies de surveillance), tout en masquant la reproduction de rapports de domination. Ainsi, les technologies, trop souvent présentées comme neutres, consolident un ordre social inégalitaire qui, loin d’être fortuit, est directement lié au besoin d’accumulation de capital et à la tolérance, voire la promotion tacite, d’idéologies autoritaires et ultraconservatrices.
Bibliographie
Avigdor, G. (2020). « Out of Control: deep dive into the online advertising data-sharing practices », Law & New Technologies (18 janvier), https://ntic.ch/out-of-control- adtech-data-sharing-practices-on-dating-platforms/ (consulté le 2 août 2023).
Balkin, J. M. (2008). The Constitution in the National Surveillance State. Minnesota Law Review, 93(1). https://papers.ssrn.com/abstract=1141524.
Barnes, J. E. et J. Chin (2018). « The New Arms Race in AI », Wall Street Journal, sect. Life 2 mars, https://www.wsj.com/articles/the-new-arms-race-in-ai-1520009261 (consulté le 3 février 2025).
Bartlett, J. (2018). The people vs tech: How the internet is killing democracy (and how we save it). Ebury Press.
Beaude, B. (2021). De quoi les GAFAM ne sont-elles pas le nom ? La Géographie, 1580 (1) :12-17.
Benoit, F., & Celnik, N. (2022). Techno-luttes : Enquête sur ceux qui résistent à la technologie. Paris : Éditions du Seuil.
Bernard, S. (2022, 25 novembre). « Les Emotions contre la démocratie », d’Eva Illouz : le populisme, une certaine vision du monde. Le Monde, https://www.lemonde.fr/livres/article/2022/11/25/les-emotions-contre-la-democratie-d-eva-illouz-le-populisme-une-certaine-vision-du-monde_6151652_3260.html, (consulté le 6 novembre 2023).
Bhimani, A. (2020, 4 mai). Period-tracking apps: how femtech creates value for users and platforms, LSE Business Review. https://blogs.lse.ac.uk/businessreview/2020/05/04/period-tracking-apps-how-femtech-creates-value-for-users-and-platforms/ (consulté le 6 février 2025).
Boch, A., G. Cobansoy Hizel, C. C. Corrigan, C. Danesi, S. Elaine Eaton, C. Kraft-Buchman et al (2024). UNESCO Women for Ethical AI: outlook study on artificial intelligence and gender, coll. UNESCO Bibliothèque Numérique, Paris, UNESCO, https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000391719 (consulté le 27 janvier 2025).
Boehlen, N., L. Cordey, C. Georges et al (2019). La Chine à l’épreuve du numérique, 98, coll. Amnesty, le magazine des droits humains. https://www.amnesty.ch/fr/sur-amnesty/publications/magazine-amnesty/2019-3/sommaire/amnesty_f_no98-v9.pdf (consulté le 9 juin 2022).
Bloch-Wehba, H. (2022). Algorithmic Governance from the Bottom Up. BYU Law Review, 48(1) : 69-136.
Boschet, A., Chimenti, J., Mera Leal, N., & Duval, T. (2019). Chine digitale – Dragon hacker de puissance Ou comment la Chine a rattrapé son retard en saisissant, avec forcestratagèmes, les opportunités liées au capitalisme numérique, Va Press, coll. Guerre de l’information, Versailles : VA Press.
Bougon, F. (2025, 24 janvier). Avec la Chine, Donald Trump baisse d’un ton (pour l’instant). Mediapart. https://www.mediapart.fr/journal/international/240125/avec-la-chine-donald-trump-baisse-d-un-ton-pour-l-instant (consulté le 27 janvier 2025).
Brewster, T. (2021, 8 septembre). Project Maven: Startups Backed By Google, Peter Thiel, Eric Schmidt And James Murdoch Are Building AI And Facial Recognition Surveillance Tools For The Pentagon. Forbes, https://www.forbes.com/sites/thomasbrewster/2021/09/08/project-maven-startups-backed-by-google-peter-thiel-eric-schmidt-and-james-murdoch-build-ai-and-facial- recognition-surveillance-for-the-defense-department/.
Burnett, J. (2010). Women’s Employment Rights in China: Creating Harmony for Women in the Workplace. Indiana Journal of Global Legal Studies, 17(2), https://www.repository.law.indiana.edu/ijgls/vol17/iss2/8.
Cadwalladr, C. (2024, 17 novembre). How to survive the broligarchy: 20 lessons for the post- truth world. The Observer, https://www.theguardian.com/commentisfree/2024/nov/17/how-to-survive-the-broligarchy-20-lessons-for-the-post-truth-world-donald-trump
Cazals, F. et C. Cazals (2020). Chapitre 4. GAFAM et BATX contre le reste du monde, dans Intelligence artificielle, coll. Hors collection Économie/Gestion, DeBoeckSupérieur, p. 43‑73.
Chang, E. (2019). Brotopia: Breaking up the boys’ club of Silicon Valley. Portfolio/Penguin trade paperback edition.
Collet, I. (2019). Les oubliées du numérique. Le Passeur.
Comité des droits de l’homme. (2000). Observation générale n° 28 : Égalité des droits entre hommes et femmes, article 3. CCPR/C/21/Rev.1/Add.10.
Conger, K. (2018a, 19 avril). Tech Workers Ask Google, Microsoft, IBM, and Amazon to Not Pursue Pentagon Contracts. Gizmodo. https://gizmodo.com/tech-workers-ask-google-microsoft-ibm-and-amazon-to-1825394821.
Conger, K. (2018b, 14 mai). Google Employees Resign in Protest Against Pentagon Contract. Gizmodo. https://gizmodo.com/google-employees-resign-in-protest-against-pentagon-con-1825729300.
Conti-Cook, C. (2020). Surveilling the Digital Abortion Diary. SSRN Scholarly Paper. Social Science Research Network, https://papers.ssrn.com/abstract=3697261.
Cook, K. (2020). The psychology of Silicon Valley: Ethical threats and emotional unintelligence in the tech industry. NY: Palgrave Macmillan.
Corbin, B. A. (2019). Digital Micro-Aggressions and Discrimination: Femtech and the “Othering” of Women Articles and Surveys, Nova L. Rev., 44 (3) : 337‑364.
Creemers, R. (2020). Comment la Chine projette de devenir une cyber-puissance, Hérodote, 177-178 (2-3) : 297‑311.
Dand, M. (2023, 27 mai). The AI Ethics Revolution, A Brief Timeline. Women in AI Ethics, https://medium.com/women-in-ai-ethics/the-ai-ethics-revolution-a-timeline-76593eef416
Davis, A. Y. (1983). Women, Race and Class. Vintage Books.
De Giorgi, L. (2017). Chine : la fin de l’enfant unique ? Revue Projet, 359 (4) : 54‑59.
Dobbs, State Health officer of the Mississippi department of health et al. v. Jackson Women’s health organization et al. (2022). 597 U.S. https://supreme.justia.com/cases/federal/us/597/19-1392/case.pdf.
Doffman, Z. (2019, 13 mars). Meet Victor Gevers, The Ethical Hacker Who Exposed “BreedReady” And “SenseNets”. Forbes, https://www.forbes.com/sites/zakdoffman/2019/03/13/why-victor-gevers-was-so-reluctant-to-expose-the-sensenets-and-breed-ready-data-breaches/.
Durand, C. (2020). Techno-féodalisme : Critique de l’économie numérique. Paris : Zones.
Ellul, J. (2023). L’espérance oubliée. Éditions de la Table Ronde.
Examen de la Chine devant le CEDAW : les membres du Comité se penchent notamment sur la participation des femmes à la vie politique et sur la violence domestique et sexiste. (2023). CEDEF.
Ezrachi, A., & Stucke, M. E. (2022). How big-tech barons smash innovation and how to strike back. Harper Collins.
Fan, Q. (2023). Analysis of the 996 Work System Based on the Freedom of Choice Theory, Frontiers in Business Economics and Management, 8 (3) : 114‑118.
Fleck, J. (1982). Development and Establishment in Artificial Intelligence. Dans N. Elias, H. Martins, & R. Whitley (Eds.), Scientific Establishments and Hierarchies (p. 169-217). Springer Netherlands.
Fowler, L. et M. Ulrich (2023). Femtechnodystopia, Stanford Law Review, 75 (6) : 1233.
Froniga, G. (2024). Women in Science, Technology, Engineering and Mathematics in the Asia Pacific. United Nations Development Programme. https://www.undp.org/asia-pacific/publications/women-science-technology-engineering-and-mathematics-asia-pacific.
Gaudiaut, T. (2022, 7 avril). Infographie : Les entreprises qui dépensent le plus en R&D. Statista Daily Data. https://fr.statista.com/infographie/16120/entreprises-qui-depensent-le-plus-en-r-d.
Gelin, R., & Guilhem, O. (2020). L’IA et nous, Les premières prouesses. Le Pommier.
Gerbaud, T., & Gerbaud, A. (2023, 9 juin). Dresseurs de données. Algonaute. https://algonaute.fr/asset/pdf/Dresseurs%20de%20donn%C3%A9es%20-%20Gerbaud%20(2023).pdf.
Goldberg, E. (2025, 23 janvier). Trump’s D.E.I. Order Creates ‘Fear and Confusion’ Among Corporate Leaders. The New York Times, https://www.nytimes.com/2025/01/23/business/trump-dei-corporate-reaction.html.
Grant, N. (2025, 5 février). Google Unwinds Diversity Goals, Citing Trump’s DEI Orders. The New York Times. https://www.nytimes.com/2025/02/05/technology/google-diversity-goals-dei-trump.html.
Gu, H. (2023). Data, Big Tech, and the New Concept of Sovereignty, Journal of Chinese Political Science, 1 (22), doi : 10.1007/s11366-023-09855-1.
Hewitt, M. (2025, 22 javnier). The Faces of US Pronatalism And the War on Women’s Rights. Population Matters. https://populationmatters.org/news/2025/01/the-faces-of-u-s-pronatalism-and-the-war-on-womens-rights-part-one/ (consulté le 27 janvier 2025).
Hofmann, D. (2024). FemTech: empowering reproductive rights or FEM-TRAP for surveillance?, Medical Law Review, 32 (4) : 468‑485.
Hong, N. et Z. Wang (2023a, 26 février). Desperate for Babies, China Races to Undo an Era of Birth Limits. Is It Too Late?. The New York Times, sect. World, https://www.nytimes.com/2023/02/26/world/asia/china-birth-rate.html (consulté le 5 novembre 2023).
Hong, N. et Z. Wang (2023b, 10 juillet). Why China’s Young People Are Not Getting Married. The New York Times, sect. World., https://www.nytimes.com/2023/07/10/world/asia/china-marriage-rate.html (consulté le 5 novembre 2023).
Huq, A. Z. et R. Wexler (2022). Digital Privacy for Reproductive Choice in the Post-Roe Era, SSRN Scholarly Paper, Rochester, NY, Social Science Research Network, 16 août.
Initial Rescissions Of Harmful Executive Orders And Actions. (2025, 20 janvier). Presidential Actions. https://www.whitehouse.gov/presidential-actions/2025/01/initial-rescissions-of-harmful-executive-orders-and-actions/ .
Jeannin, H. (2019). Le projet Maven, entre pressions politiques et postures éthiques, A contrario, 29 (2) : 141‑155.
Johnson, B. et G. Lichfield (2019). « Hey Google, sorry you lost your ethics council, so we made one for you », MIT Technology Review, https://www.technologyreview.com/2019/04/06/65905/google-cancels-ateac-ai-ethics-council-what-next/ (consulté le 3 février 2025).
Jones, B. K. (2025, 29 janvier). Stopping the Abuse of Tech in Surveilling and Criminalizing Abortion. Center for American Progress, https://www.americanprogress.org/article/stopping-the-abuse-of-tech-in-surveilling-and-criminalizing-abortion/.
Kang, C., D. McCabe et K. P. Vogel (2021, 22 juin). Tech Giants, Fearful of Proposals to Curb Them, Blitz Washington With Lobbying. The New York Times, sect. Technology. https://www.nytimes.com/2021/06/22/technology/amazon-apple-google-facebook-antitrust-bills.html (consulté le 17 octobre 2023).
Kleiman, K. (2022). Proving ground: The untold story of the six women who programmed the world’s first modern computer. Grand Central Publishing.
Le Bui, M., & Noble, S. U. (2020). We’re Missing a Moral Framework of Justice in Artificial Intelligence: On the Limits, Failings, and Ethics of Fairness. Dans M. D. Dubber, F. Pasquale, & S. Das (dir.), The Oxford Handbook of Ethics of AI. Oxford University Press.
Le Feuvre, G. (2021, 22 juin). Rien n’empêche Elon Musk de supprimer le compte X d’Emmanuel Macron. Mediapart, https://www.mediapart.fr/journal/international/220225/rien-n-empeche-elon-musk-de-supprimer-le-compte-x-d-emmanuel-macron (consulté le 22 février 2025)
Lieber, R. et T. S. Bernard (2022, 29 juin). Payment Data Could Become Evidence of Abortion, Now Illegal in Some States. The New York Times, sect. Business, https://www.nytimes.com/2022/06/29/business/payment-data-abortion- evidence.html (consulté le 19 septembre 2023).
Liu, H. Y. (2023). Tech worker activism against gender discrimination in China, Capital & Class, 47 (4) : 511‑517.
Maclure, J. et M.-N. Saint-Pierre (2018). Le nouvel âge de l’intelligence artificielle : une synthèse des enjeux éthiques, Les Cahiers de propriété intellectuelle, 30 (3) : 741‑766.
Mallet-Jiang, S. (2022). La protection juridique des femmes au travail en Chine, Cahiers du MIMMOC, 28, doi : 10.4000/mimmoc.10573.
Maschewski, F. et A.-V. Nosthoff (2022). Pandemic Solutionism: The Power of Big Tech during the COVID-19 Crisis, Digital Culture & Society, 8 (1) : 43‑66.
Mazzucchi, N. (2021). Les BATX : Champions de la donnée sous la coupe de Pékin, La Géographie, 1580 (1): 40‑45.
Membrado, M. (2006). Les femmes dans le champ de la santé : de l’oubli à la particularisation, Nouvelles Questions Féministes, 25 (2) : 16‑31.
Menking, A. et S. Kaplan (2020). L’essor de la femtech, Portail de connaissances pour les femmes en entrepreneuriat.
Metz, C. (2025, 27 janvier). What to Know About DeepSeek and How It Is Upending A.I. The New York Times, sect. Technology, https://www.nytimes.com/2025/01/27/technology/what-is-deepseek-china-ai.html (consulté le 31 janvier 2025).
Metz, C. et M. Tobin (2025, 23 janvier). How Chinese A.I. Start-Up DeepSeek Is Competing With Silicon Valley Giants. The New York Times, sect. Technology, https://www.nytimes.com/2025/01/23/technology/deepseek-china-ai-chips.html (consulté le 31 janvier 2025).
Moign, A. (2025). Trump et la Tech : entre soutien, pouvoir et soumission, Techniques de l’Ingénieur. https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/trump-et-la-tech-entre-soutien-pouvoir-et-soumission-142812/ (consulté le 7 février 2025).
Moreno, J. E. (2023, 22 juin). Elon Musk Proposes ‘Cage Match’ With Mark Zuckerberg. The New York Times, sect. Business. https://www.nytimes.com/2023/06/22/business/musk-zuckerberg-cage-match.html (consulté le 23 juin 2023).
Mozur, P., M. Xiao et J. Liu (2022, 26 juin). ‘An Invisible Cage’: How China Is Policing the Future. The New York Times, sect. Technology, https://www.nytimes.com/2022/06/25/technology/china-surveillance-police.html (consulté le 18 octobre 2023).
Mundy, L. (2017, avril). Why Is Silicon Valley so Awful to Women?. The Atlantic, https://www.theatlantic.com/magazine/archive/2017/04/why-is-silicon-valley-so-awful-to-women/517788/.
Nast, C. (2019, 7 juin). The complicated truth about China’s social credit system. Wired UK. https://www.wired.co.uk/article/china-social-credit-system-explained (consulté le 9 juin 2023).
Nayeri, F. (2021, 7 avril). Is ‘Femtech’ the Next Big Thing in Health Care?. The New York Times, sect. Health. https://www.nytimes.com/2021/04/07/health/femtech-women-health-care.html (consulté le 13 février 2025).
Noël, M. et J. Mauro (2025, 14 avril). Femtech, la technologie qui répond aux besoins des femmes. Radio France, coll. Zoom Zoom Zen, https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/zoom-zoom-zen/zoom-zoom-zen-du- lundi-25-novembre-2024-7152130.
Mhalla, A. (2023). Les Big Tech, de nouveaux États parallèles ?, Pouvoirs, 158 (2) : 69‑81.
O’Mara, M. P. (2019). The code: Silicon Valley and the remaking of America. Penguin Press.
Orange, M. (2021, 26 mars). Les États-Unis déclarent la guerre technologique à la Chine. Mediapart. https://www.mediapart.fr/journal/international/221022/les-etats-unis-declarent-la-guerre-technologique-la-chine (consulté le 17 octobre 2023).
Oremus, W. et A. Jiménez (2025, 29 janvier). Analysis | DeepSeek is reframing the AI policy debate. Washington Post, https://www.washingtonpost.com/politics/2025/01/29/deepseek-ai-policy- competitition-regulation-analysis/ (consulté le 31 janvier 2025).
Paul, K. (2022, 25 juin). Tech firms under pressure to safeguard user data as abortion prosecutions loom. The Guardian, sect. US news. https://www.theguardian.com/us-news/2022/jun/25/tech-companies-health-data-security-abortion-prosecution, (consulté le 19 septembre 2023).
Pellerin, C. (2017, 21 juillet). « Project Maven to Deploy Computer Algorithms to War Zone by Year’s End », U.S. Department of Defense.
Perrigo, B. (2024a, 12 avril). Google Contract Shows Deal With Israel Defense Ministry. TIME. https://time.com/6966102/google-contract-israel-defense-ministry-gaza-war/ (consulté le 3 février 2025).
Perrigo, B. (2024b, 22 août). Exclusive: Workers at Google DeepMind Push Company to Drop Military Contracts. TIME. https://time.com/7013685/google-ai-deepmind-military-contracts-israel/ (consulté le 3 février 2025).
Petit, N. (2020). Big tech and the digital economy: The moligopoly scenario. Oxford University Press.
Pierson, D., & Chien, A. C. (2024b, 16 octobre). With Jets and Ships, China Is Honing Its Ability to Choke Taiwan. The New York Times, https://www.nytimes.com/2024/10/16/world/asia/china-taiwan-blockade-drills.html.
Piquard, A. (2025, 11 janvier). Mark Zuckerberg veut plus d’« énergie masculine » et moins de politique de diversité. Le Monde, <https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/01/11/mark-zuckerberg-veut-plus-d-energie-masculine-et-moins-de-politique-de-diversite_6493340_3234.html> (consulté le 20 février 2025).
Pierson, D. et A. C. Chien (2024a, 14 octobre). China Holds War Games Encircling Taiwan in Warning to Island’s Leader. The New York Times, sect. World. https://www.nytimes.com/2024/10/13/world/asia/china-taiwan-war-games.html (consulté le 3 février 2025).
Pierson, D. et A. C. Chien (2024b, 16 octobre). With Jets and Ships, China Is Honing Its Ability to Choke Taiwan. The New York Times, sect. World, https://www.nytimes.com/2024/10/16/world/asia/china-taiwan-blockade-drills.html (consulté le 3 février 2025).
Roberts, H., J. Cowls, J. Morley, M. Taddeo, V. Wang et L. Floridi (2021). The Chineseapproach to artificial intelligence: an analysis of policy, ethics, and regulation, AI & Soc, 36 (1) : 59‑77.
Roe v. Wade. (1973). 410 U.S. 113.
Rogers, K. (2023, 16 novembre). Day After Xi Meeting, Biden Says U.S. Has ‘Real Differences’ With China. The New York Times, https://www.nytimes.com/2023/11/16/us/politics/biden-apec-xi.html.
Saini, S., & Saxena, N. (2024, 8 avril). Privacy and Security of Women’s Reproductive Health Apps in a Changing Legal Landscape. arXiv.
Sandoval, K. (2024). Des IA, des femmes et des droits [Thèse de doctorat, Université de Montréal]. https://umontreal.scholaris.ca/items/6892961b-aee0-4ec9-b6d6-c5715728c4e8 .
Savage, M. (1988). The Law of Abortion in the Union of Soviet Socialist Republics and the People’s Republic of China: Women’s Rights in Two Socialist Countries, Stanford Law Review, 40 (4) : 1027‑1117.
Schleifer, T., & Ngo, M. (2025, 12 janvier). Inside Elon Musk’s Plan for DOGE to Slash Government Costs. The New York Times, https://www.nytimes.com/2025/01/12/us/politics/elon-musk-doge-government- trump.html.
Schnoebelen, T. (2016, 11 juillet). The gender of artificial intelligence. Medium, https://medium.com/@CrowdFlower/the-gender-of-artificial-intelligence-3d494c8fe7ac.
Simonite, T. (2010a, 7 juin). Google Sets Limits on Its Use of AI, but Allows Defense Work, Wired. https://www.wired.com/story/google-sets-limits-on-its-use-of-ai-but-allows-defense-work/.
Simonite, T. (2020b, 3 décembre). A Prominent AI Ethics Researcher Says Google Fired Her. Wired. https://www.wired.com/story/prominent-ai-ethics-researcher-says-google-fired-her/.
Segal, A. (2022). Une guerre froide fluide : les États-Unis, la Chine et la concurrence autour de la technologie numérique, Hérodote, 184-185 (1-2) : 271‑284.
Sherman, J. (2021). Report: Data Brokers and Sensitive Data on U.S. Individuals, Threats to American Civil Rights, National Security, and Democracy, Duke Sanford, https://techpolicy.sanford.duke.edu/report-data-brokers-and-sensitive-data-on-u-s-individuals/ (consulté le 6 février 2025).
Shipp, L. et J. Blasco (2020). How private is your period?: A systematic analysis of menstrual app privacy policies, Proceedings on Privacy Enhancing Technologies, 2020 (4) : 491‑510.
Smyrnaios, N. (2023). L’idéologie cynique de la Silicon Valley, Nectart, 16 (1) : 144‑153.
Siapka, A. et E. Biasin (2021). Bleeding data: the case of fertility and menstruation tracking apps, Internet Policy Review, 10 (4), https://policyreview.info/articles/analysis/bleeding-data-case-fertility-and-menstruation-tracking-apps (consulté le 2 août 2023).
Stevenson, A. (2023, 2 novembre). China’s Male Leaders Signal to Women That Their Place Is in the Home. The New York Times, https://www.nytimes.com/2023/11/02/world/asia/china-communist-party-xi-women.html .
Su-Russell, C. et C. Sanner (2023). Chinese childbearing decision-making in mainland China in the post-one-child-policy era, Fam Process, 62 (1) : 302‑318.
Thibout, C. (2022). Les GAFAM et l’État : réflexion sur la place des grandes entreprises technologiques dans le champ du pouvoir », Revue internationale et stratégique, 125(1) : 75‑88.
Tiffany, K. (2018, 13 novembre). Who are period-tracking apps really built for? Vox. https://www.vox.com/the-goods/2018/11/13/18079458/menstrual-tracking-surveillance-glow-clue-apple-health.
Tin, I. (2016, 15 septembre). The rise of a new category: Femtech. Clue. https://helloclue.com/articles/culture/rise-new-category-femtech.
Tong, S. (2022). The Status of Women in the Workforce in China, BCP Social Sciences & Humanities, 17 : 160‑167.
Triolo, P. (2024, 20 novembre). The Evolution of China’s Semiconductor Industry under U.S. Export Controls. American Affairs Journal, https://americanaffairsjournal.org/2024/11/the-evolution-of-chinas-semiconductor-industry-under-u-s-export-controls/.
Vollset, S. E.; E. Goren; C.-W. Yuan; J. Cao et al (2020). Fertility, mortality, migration, and population scenarios for 195 countries and territories from 2017 to 2100: a forecastinganalysis for the Global Burden of Disease Study, The Lancet, 396 (10258) : 1285‑1306.
Wajcman, J. (2013). 41. Genre, technologie et cyberféminisme. Dans Travail et genre dans le monde (p. 428-436). La Découverte.
Walker, R. (2018). Tech City: Myths of Silicon Valley and Globalization, Annales de géographie, 723-724 (5-6) : 561‑587.
Wang, Y. (2018, 23 avril). “Only Men Need Apply” Gender Discrimination in Job Advertisements in China. Human Rights Watch, https://www.hrw.org/report/2018/04/23/only-men-need-apply/gender-discrimination-job-advertisements-china.
Weber, M. (1959). Le savant et le politique. Plon.
Women’s Pathways to the Digital Sector: Stories of Opportunities and Challenges. (2017). Federal Ministry for Economic Cooperation and Development (BMZ). https://www.enterprise-development.org/wp-content/uploads/WEE-digital-sector_2017.pdf .
Wong, P. N. (2021). Techno-geopolitics: Towards novel theoretical framework transcending the ‘techno-nationalism vs. techno-globalism’ dualism. Dans Techno-Geopolitics. Routledge India.
Yiu, T. (2022, 27 octobre). China’s Brutal Working Culture. Alpha Beta Blog, https://medium.com/alpha-beta-blog/chinas-brutal-working-culture-72c4ad29c258.
Zuboff, S., Formentelli, B., & Homassel, A.-S. (2020). L’âge du capitalisme de surveillance : Le combat pour un avenir humain face aux nouvelles frontières du pouvoir. Paris : Zulma.
