Regards géopolitiques, vol. 10, n. 1 (2024).
Monde à part, l’Antarctique reste avec les abysses océaniques, l’un des endroits les moins connus de la planète. Découvert en 1819, ce vaste continent attire depuis l’intérêt des scientifiques et des chercheurs, mais aussi des États et des industriels. Avec le réchauffement climatique, il devient un enjeu majeur, tant d’un point de vue de l’exploitation des ressources naturelles que des problèmes liés à la hausse du niveau marin suite à la fonte des glaces et de préservation des espèces animales.
Cet atlas se veut un miroir étonnant de l’Antarctique, afin de mieux faire découvrir ce continent peu connu. Il propose un grand nombre d’approches : l’épaisseur de la glace, le flux des glaciers et des courants marins, les populations d’animaux, la géologie… mais aussi les grandes explorations, la conquête du pôle Sud, et les enjeux actuels et à venir : à qui appartient l’Antarctique ? Les récentes décisions de certains pays comme l’Australie, qui revendique des espaces maritimes découlant de revendications territoriales suspendues, ou la Chine et la Russie qui affichent un intérêt pour les ressources potentielles, sont-elles acceptables ? Peut-on encore protéger ce territoire presque intouché? Va-t-il devenir une terre exploitée ?
Cet atlas contient de nombreuses cartes issues des données les plus récentes, de nombreux clichés mais également des infographies évocatrices pour comprendre ce vaste continent, isolé aujourd’hui mais qui sera peut-être demain au centre de toutes les attentions, ne serait-ce que du fait des impacts planétaires des transformations que les changements climatiques lui impriment. Il s’organise en neuf parties. La première traite de la géographie du continent. La seconde aborde l’élément dominant du paysage antarctique – la glace. Le chapitre 3 présente le territoire, largement sous la glace mais qui apparait parfois, dans la péninsule, sur les côtes ou dans les vallées arides où il n’a pas plu ni neigé depuis 3 millions d’années. Le chapitre 4 présente les paramètres atmosphériques. Le chapitre 5 campe le portrait des mers autour du continent, suivi d’un chapitre consacré à la faune antarctique. Le chapitre 7 aborde la présence humaine en Antarctique, fondamentalement incarnée aujourd’hui par les bases scientifiques, mais qui autrefois incluait aussi les stations de chasse (baleines et autres mammifères) et qui voit aujourd’hui se développer une forte industrie touristique.
La question de la présence humaine pose aussi la question du statut du continent, des revendications politiques émises par certains États dit possessionnés et qui ont accepté, en signant le traité de l’Antarctique en 1959, de suspendre leurs prétentions territoriales. Le traité de l’Antarctique, complété du protocole de Madrid de 1991 interdisant l’exploitation des ressources, ne sont pas des instruments juridiques à durée déterminée : on lit souvent, à tort, qu’ils arrivent à échéance en 2048 mais c’est inexact. en 2048, en aucun cas le traité ou le protocole de Madrid ne disparaissent, ce sont des traités à durée indéfinie. On voit souvent cette année 2048 évoquée, mais cela ne concerne que l’ interdiction des activités relatives aux ressources minérales, qui pourrait être levée à la majorité qualifiée des trois-quarts. Sans date d’expiration, avec des mécanismes d’amendement assez contraignants, ces instruments n’ont cependant comme seule force la volonté des États d’en respecter les principes… ce qui pourrait ne pas toujours être le cas. Quelques planches retracent ces questions géopolitiques majeures mais ces enjeux auraient mérité un traitement un peu plus conséquent, alors que de l’aveu même de l’auteur les rivalités géopolitiques qui se nouent auront des impacts significatifs sur la gouvernance du continent, pour l’heure établie sur la base du traité de 1961. Enfin, le chapitre 8 retrace l’épopée des explorations du continent et le dernier chapitre évoque son avenir à la trajectoire très impactée par les changements climatiques.
Un bel ouvrage, abordant de multiples facettes de la réalité de l’Antarctique, avec des cartes fort instructives et bien illustré. Si le spécialiste n’y apprendra sans doute pas grand-chose, la vocation de l’ouvrage est résolument tournée vers la vulgarisation et le défi est bien relevé.
Frédéric Lasserre
Directeur du CQEG

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