Les biocarburants à Madagascar: une question géopolitique

Sébastien Rajoelina1 

Étudiant au doctorat; Département de géographie, Université d’Antananarivo; rajoelinasebastien@gmail.com


À propos de l’auteur


Résumé: Cet article se propose de présenter les enjeux de pouvoir liés aux biocarburants à Madagascar. Dans ce secteur, les acteurs locaux et internationaux ont produit des représentations souvent contradictoires sur l’espace malgache. Les discours sur l’énorme potentiel du pays ou sur la sacralité de la terre naissent de motivations diverses et vont contribuer à générer des tensions et des conflits. Cela remet en question le potentiel de production de biocarburant et dans une plus large mesure, en énergies renouvelables.

Mots-clés : Biocarburants, Territoire, représentations territoriales, conflits, Madagascar

Abstract: This article proposes to present the stakes in power connected to biofuels in Madagascar. In this sector, the local and international protagonists produced contradictory depictions on the Malagasy space. Speeches on the enormous potential of the country or on the sacredness of land arise from diverse motivations and are going to contribute to generate tensions and conflicts. It questions the potential of production of biofuels and to a larger extent, in renewable energies.

Key words: Biofuels, Territory, Territorial depictions, Conflicts, Madagascar


Introduction

Intégrée officiellement dans le continent africain, Madagascar n’est pas encore un producteur de biocarburants mais peut à priori en être considéré comme un futur pôle étant donné que la Nouvelle Politique Energétique (NPE) de l’Etat malgache est totalement orientée vers la diffusion massive des énergies renouvelables (Ministère de l’énergie et des Hydrocarbures, 2015). Cependant, alors que les biocarburants malgaches ne sont encore qu’à un stade embryonnaire (figure 3), les chocs de nature géopolitique qui s’y rapportent se font déjà ressentir tant sur le plan spatial que psychologico-social. Ils impliquent divers acteurs dont les représentations territoriales sont fréquemment en opposition. Cet article tente donc de montrer dans quelles mesures les représentations territoriales locales limitent-elles le potentiel en production de biocarburants. Dépassant la simple étude du cadre physique et surfacique, la démarche géopolitique est dans ce cas pertinente car elle permet de lever le voile sur les motivations antagonistes d’acteurs. S’intéressant aux différents types d’enjeux de pouvoir sur des territoires, et sur les images que les hommes s’en construisent (Lasserre, et al, 2011), l’approche géopolitique permet effectivement de mettre en lumière les rapports étroits qu’entretiennent les hommes avec leur espace mais aussi entre eux-mêmes. Ces rapports relevant aussi bien du domaine du rationnel que de l’irrationnel, le processus de territorialisation se traduit par une appropriation différenciée et parfois conflictuelle d’un même espace par plusieurs acteurs. Les motivations des acteurs ont eu alors pour résultat des constructions de discours sur ces espaces, souvent érigés par ceux-ci en vérités. Ces dernières traversent l’opinion publique locale et font main basse sur l’évolution politique du secteur, voire même du pays.

Méthodologie

L’approche qualitative choisie pour cet article combine étude documentaire, entretiens semi-directifs et observations de terrain menés en juillet 2014, en novembre 2015 et 2016. L’étude documentaire et les entretiens semi directifs ont eu pour finalité une analyse de discours et des représentations territoriales. L’étude documentaire a été principalement axée sur 8 productions de presse couvrant la période 2008-2016 relatives aux thématiques énergétiques, foncières et politique. Les entretiens ont concerné 30 acteurs issus du milieu institutionnel et entrepreneurial lié aux énergies renouvelables. Ils ont été approchés lors d’un travail de terrain personnel à Antananarivo (2014) et aussi lors des célébrations de la journée internationale de l’énergie en novembre 2015 et 2016. Parmi ces participants se trouvent trois acteurs du domaine spécifique des biocarburants, dont l’anonymat a été garanti pour des raisons éthiques.

La méthode utilisée pour le traitement et l’analyse des données est propre à l’école géographique de géopolitique. Il s’agissait d’établir un croisement entre analyse des représentations territoriales et celle des pratiques spatiales. Ce traitement a été effectué à l’aide de logiciels de classification de données qualitatives (Nvivo) et de cartographie (ArcGIS 10.1).

Magascar

1. L’espace malgache redessiné par les stratégies d’acteurs

1.1. Alliances de pouvoirs et débuts de conquêtes territoriales

Selon la Plateforme Agrocarburant Durable (PAD) et le World Wild Fund (WWF), « le secteur possède un grand potentiel de croissance dans le cas où les contraintes sont levées : foncier, fiscal et commercial » (PAD, et al., 2011 a : xiii). En 2008, la première percée des investisseurs correspond à la décision de l’Etat dirigé par Marc Ravalomanana d’attirer les investisseurs étrangers dans le pays. Cette date s’alignait aussi avec la décision de l’Union Européenne (UE) d’adopter son « paquet énergie-climat 3×20 ». Les 56 projets de biocarburants recensés depuis cette année furent répartis dans tout le pays, avec une tendance de concentration dans le nord-ouest (éthanol) et le sud-ouest (biodiesel) (figure 1).  La canne à sucre, culture bien connue dans l’est et le nord-ouest de l’île, était choisie pour la fabrication de l’éthanol. Le biodiesel était quant à lui prévu être tirée d’une plante devenue par la suite célèbre, le jatropha, dont les espèces Jatropha curcas et jatropha mahafaliensis sont endémiques. Les investisseurs étaient d’une part issus de firmes transnationales italiennes (Delta Petroli, Tozzi Green, GEM Terre Rosa), allemandes (Jatrogreen, Fuelstock) ou britanniques (D1 Oils), d’autres firmes issues de ces pays étant déjà bien présentes en Afrique[1]. D’autre part, des associations de paysans et des entreprises nationales s’étaient nouvellement constitués pour le secteur.

L’objectif annoncé pour les deux filières portait sur 1 400 000 hectares (ha) de terres dont 80% seraient dédiés au jatropha. Or, la crise politique, économique, sociale, militaire et identitaire de 2009 avait subitement renversé la tendance[2].  Sur les 56 projets, le tiers (18), constitué par les plus puissants groupes a soit suspendu soit arrêté ses activités (idem : x). Cette nouvelle donne avait incité les grandes instances internationales dont la Banque Mondiale (BM), le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et le WWF à fonder la PAD avec des acteurs locaux en décembre 2009. La PAD est une organisation encore non formalisée et présidée par un opérateur local de la filière éthanol. Elle regroupe des personnalités techniques, économiques, politiques issues du WWF, du système des Nations Unies mais aussi du secteur public et privé local ou encore de la recherche scientifique. Officiellement, sa mission est de recommander des dispositifs règlementaires, c’est-à-dire un cadre politique pour les biocarburants au niveau de l’Etat. Elle s’engage à proposer une stratégie claire, sans laquelle « soit nous pourrions courir le risque d’accepter simplement toutes les propositions toutes alléchantes des investisseurs et d’en subir les conséquences, soit en étant trop méfiant et fermé, nous pourrions courir le risque de passer à côté d’une opportunité de développement du pays » (idem : 1). Selon cette organisation, les superficies exploitables pour le biodiesel et le bioéthanol ont été calculées à près de 15 millions ha de savanes et de prairies réparties dans toute l’île (figure 1a). En outre, 17 millions ha sont exploitables sous certaines conditions car ce sont des prairies possédant des éléments ligneux pouvant renfermer une riche biodiversité. Enfin, les zones à exclure sont estimées à 25 millions ha et concernent les forêts, les aires protégées, les zones humides (marécages et mangroves), les zones de culture, les plans d’eau et les carrés miniers. En réalité, la PAD agit en véritable lobby au niveau administratif et à celui des Partenaires techniques et financiers (PTF) pour la promotion des biocarburants à Madagascar. La NPE du gouvernement malgache sortie en 2015 encourage effectivement la promotion de la production de biocarburants. Une réglementation spécifique est en cours d’élaboration et s’appuie sur les recommandations de la société civile malgache, représentée par la PAD (Ministère de l’énergie et des Hydrocarbures, 2015). Les actions de cette dernière ne s’inspirent cependant pas du simple cadre national mais reflètent un jeu d’acteurs qui s’étend au niveau mondial.

1.2. Madagascar et l’Afrique subsaharienne : le Moyen Orient des biocarburants ?

La consommation de biocarburants dans le monde est répartie entre quatre grands pôles : l’Amérique du Nord, l’Amérique latine, l’Europe et l’Asie (croquis 3). Cette répartition correspond relativement à celle de la production mondiale, les zones productrices étant également celles de la consommation. Si les USA restent logiquement en tête avec près de 49 milliards de litres d’éthanol produits chaque année depuis 2010 (REN 21, 2016) (46% de la production mondiale), la géographie des biocarburants souligne le rôle des pays émergents. Au sein du pôle latino-américain, le Brésil est le deuxième producteur mondial avec 27 milliards de litres d’éthanol par an, c’est aussi le seul pays à avoir opté pour un programme généralisé de biocarburants dès 1974. Dans le pôle asiatique, la Chine est le troisième producteur mondial d’éthanol. Elle produit environ 2,7 milliards de litres destinés à l’autoconsommation. Avec ses immenses champs de palmier à huile, l’Indonésie est quant à elle le premier fournisseur destiné au biodiesel européen et japonais. Avec 2,7 milliards de litres annuel, l’Union Européenne (UE) est le troisième producteur ex aequo d’éthanol et de biodiesel en raison de la production allemande (troisième producteur au monde) et française. A l’instar de la Chine, l’UE n’exporte pas non plus sa production, elle en est même paradoxalement dépendante pour le biodiesel (comme les cas de l’Italie ou de l’Allemagne) (idem). La proportion de biocarburants utilisés dans les transports est de 5,75% en Europe, de 10% aux Etats Unis, de 3% en Chine et de 40% au Brésil avec une tendance à la hausse (ICDES, 2009). La mondialisation libérale et l’avancée technologique de ces quatre pôles (qui leur permet de rester les seuls consommateurs) vont accélérer la rupture géographique entre production et consommation dans laquelle le Moyen-Orient sera hors du jeu. Étant donné que l’exploitation des biocarburants est réalisée à la surface, et non pas en sous-sol, les vastes continents que sont l’Afrique et l’Amérique latine représentent des espaces à fort potentiel.

Par ailleurs, les biocarburants exploités actuellement étant encore de la première génération, c’est-à-dire extraites directement de graines, les grandes superficies sont de plus en plus prisées. Cela peut expliquer les investissements croissants des sociétés de biocarburants dans ces espaces en matière d’acquisition foncière (figure 3). Avec 3,1 milliards de dollars d’investissements directs dans le secteur en 2016[3] (PANORAMA, 2016), l’Afrique sera-t-elle le nouveau Moyen-Orient  du biocarburant?

Pour déceler les raisons d’une rupture géographique à venir entre producteurs et consommateurs, il faudrait analyser les représentations territoriales émises par les principaux pays consommateurs. A l’heure actuelle, la représentation du monde diffusée et entretenue jusqu’à l’échelle de l’individu est celle d’une planète en danger, menacée par un réchauffement climatique d’origine anthropique (Chevalier, et al., 2015 ; Aspe, et al., 2012). Les nouvelles politiques énergétiques issues des accords internationaux telles que la Cop 21 doivent dès lors adopter une posture environnementaliste précise. Sur le plan énergétique, cet accord rappelle en préambule la nécessité du renforcement du déploiement des énergies renouvelables, particulièrement en Afrique (Nations Unies, 2015). Au sein de l’UE, la part des biocarburants dans les transports devrait atteindre 10% en 2020 selon le programme « 3 fois 20 » de 2008[4]. Or, la course à leur production a accru la compétition pour les terres arables au centre de laquelle se trouve l’enjeu de la sécurité alimentaire dans la région. A la source du dilemme « entre agriculture pour manger ou agriculture pour rouler » (Victor, 2009), les biocarburants provoqueraient l’apparition de « déserts verts » (SOS Planète, 2010). C’est dans ce type de discours que le célèbre acronyme NIMBY (not in my backyard)[5], selon lequel on accepte le déploiement des énergies renouvelables tant qu’il se fait loin de chez soi, prend tout son sens, en Europe particulièrement. Les instances européennes ont donc commencé à établir dès 2010 des critères de durabilité pour les firmes exploitantes de biocarburant. En dépit de leur importance stratégique, les biocarburants ne sont pas en conséquence viables sur le très long terme sur le territoire européen. Toutefois, les firmes européennes, souvent érigées en firmes transnationales, ont pu contourner ce problème. Elles mettent à profit la mondialisation économique ainsi que l’intégration régionale pour conquérir des marchés dans le monde entier, particulièrement en Afrique (figures 2 et 3).

Portion d’un continent généralement sous-développé (Carroué, 2014), l’Afrique subsaharienne (ASS) est aussi présentée comme l’espace de toutes les opportunités. Aussi, le discours environnementaliste va-t-il changer l’organisation des espaces africains. Ces derniers sont désormais considérés comme ayant un énorme potentiel en énergies renouvelables (ENR), au point d’être dépeints en réservoirs de carburant vert (ICDES, 2009). Les critères d’exploitation y sont effectivement respectés : grandes superficies, ruralité élevée, États ouverts aux investissements et cherchant globalement à favoriser la croissance économique.

Intégrés automatiquement en tant que projets de développement, les investissements en agriculture énergétique se distinguent des projets d’extraction minière et pétrolière, dénoncés comme à la fois pilleurs et pollueurs, du fait de l’image à priori positive de l’agriculture. Elles peuvent être considérées comme une chance inespérée pour l’ASS qui rêve d’accomplir sa révolution verte, la première étape vers le développement.  Les organisations telles que l’Union Africaine (UA)[6], la Communauté Economique du développement de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) ou le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) vont détenir un rôle-clé dans cette évolution. Avec la SADC, le COMESA regroupe les principaux producteurs de biocarburants africains. Une production encore marginale (70 ktep) comparée aux pôles et qui est répartie dans les treize pays membres de l’African biofuels Association dans laquelle se trouve le Southern african biofuels association (SABA)[7]. Son unique objectif est de viser le marché de l’UE. Selon le rapport des experts de la région,

Le marché des biocarburants – éthanol et biodiesel – augmentera rapidement dans les 10 prochaines années à cause du mandat 2020 de l’UE de 20% de fusion. L’UE n’a pas suffisamment de matière première pour approvisionner ce marché. La plupart des entreprises d’énergie de carburants liquides de l’UE compte sur l’Afrique pour servir de supplément à la production européen (sic). […] Les Etats membres du COMESA, en particulier ceux du Sud de l’équateur, ont un vaste terrain inutilisé qui est adapté à la culture des matières premières d’éthanol – la canne à sucre, le sorgho sucré, le blé, etc… (COMESA, 2011 : 10/29)

Sur ce point, “l’Afrique australe a le potentiel nécessaire pour devenir le Moyen-Orient des biocarburants” a donc déclaré en 2012 le président directeur général de l’entreprise britannique Greenergy (GRAIN, 2007). De tels discours expliquent le premier rang accordé aux investissements européens dans la zone (figure 3). En 2010, ce sont près de cinq millions d’hectares de terres arables qui sont réservés par les sociétés d’agriculture énergétiques européennes (Dabat, 2011). Du fait de la dépendance de leur pays, les firmes Italiennes (ENI, Agroils ou Tozzi Holding), allemandes, (Acagis AG, Jatrogreen) et britanniques (D1 Oils, Sun Biofuels, Jatropha Africa) y sont fortement représentés. A l’heure actuelle, les exportations africaines sont issues de pays ayant une forte politique volontariste ou un niveau de développement relativement élevé comme l’Ile Maurice (cinq millions de litres par an), le Kenya, l’Ethiopie, le Swaziland et le Malawi. Les autres, dont Madagascar, demeurent encore dans le domaine expérimental, en raison de la recherche de compatibilité avec l’éthanol ou le biodiesel européen. Les firmes asiatiques ne sont pas en reste, à l’instar de la Chine qui se démarque par l’opacité de ses investissements. A l’image du pétrole au Moyen-Orient, les regards des pôles de consommation de biocarburant convergent vers l’Afrique, dont Madagascar. Il s’agit d’une géopolitique nouvelle qui serait parrainée par les grandes instances supranationales telles que la Banque Mondiale. Elle serait également appuyée par les grandes ONG écologistes, comme WWF, qui vont créer des représentations territoriales nouvelles et uniques pour le continent. En effet, la notion de déserts verts n’a pas cours en Afrique et les biocarburants gardent leur image écologique au niveau des gouvernements africains. Le passage vers les biocarburants lignocellulosiques issus de matières non-comestibles ou biocarburants de seconde génération après 2020 va même renforcer cette polarisation. Elle permettra d’en augmenter significativement la production car les terres exploitées demeurent réservées par les pôles de consommation pendant des décennies. Signataire du Protocole de Kyoto, membre de l’UA, du COMESA et de la SADC, partenaire de l’UE, c’est de manière volontaire que l’Etat malgache s’est intégré dans cette nouvelle géographie des pouvoirs engendrant de nouveaux enjeux territoriaux.

2. « Énorme potentiel » versus « terre des ancêtres » : l’espace malgache en proie aux guerres de représentations

2.1. Exemples de guerres de représentations territoriales : les affaires d’accaparement de terres

Les représentations territoriales étant composées d’images sélectives organisées en fonction d’un « grand dessein » (Lasserre, et al., 2011 : 185), le territoire se perçoit alors avant tout dans une dimension psychologico-sociale que l’acteur géopolitique manipule, voir falsifie à sa guise. On peut affirmer que cela est valable pour le cas des biocarburants depuis leur genèse à Madagascar. Lorsqu’une firme sud-coréenne, DAEWOO Logistics, a exprimé le désir d’investir dans la production de maïs et d’huile de palme (dont une partie est destinée aux biocarburants) en 2008, la crise politique qui prévalait dans le pays s’était brusquement amplifiée. L’accord, révélé par la firme elle-même et par la presse étrangère (Financial Times, 2008) portait sur la location de 1,3 millions ha de terres sur 99 ans, localisés dans les régions Melaky et Menabe (figure 1b). 1 million ha seraient destinés à la plantation de maïs et les 300 000 ha restants pour le palmier à huile (Madagascar Tribune, 2009). Si les véritables termes de l’accord restent encore obscurs, l’habileté avec laquelle les nombreux acteurs impliqués ont su utiliser à leur profit les représentations du territoire malgache est à souligner. On notera l’enchevêtrement d’intérêts complexes et qui ont agi « en fonction de stratégies propres qui se renforcent ou se combattent, mais s’interpénètrent toujours davantage » (Lasserre, et al., 2011: 186). D’abord, la société DAEWOO Logistics avait suivi l’orientation du pôle de consommation asiatique auquel il appartient (figure 2). Elle fut aidée dans son entreprise par le gouvernement malgache de l’époque qui avait les mêmes discours sur l’espace, à savoir que « Madagascar est un pays pauvre qui a besoin d’investissements étrangers pour son développement » et que « DAEWOO Logistics investit dans une région sous développée » (Madagascar Tribune, 2009). Ces représentations vont ensuite se heurter à celles émises par les adversaires de Marc Ravalomanana, en particulier Andry Rajoelina, futur président de la Transition, qui va  invoquer les racines malgaches pour discréditer le président en exercice. Il avait publiquement annoncé que « dans notre coutume, il était interdit de vendre ou de louer des terrains à des étrangers » (Financial Times, 2009). En réalité, il a su saisir l’opportunité offerte par le milieu intellectuel, qui a certifié que  « l’affaire Daewoo a vraiment entraîné une levée de boucliers parce que la terre, c’est une donnée sacrée à Madagascar, et donner une superficie de cette ampleur, cela a été considérée comme une sorte de trahison nationale » (idem)[8]. Cette opportunité a été également offerte par la société civile, par le biais du Collectif Tany, une association créée en faveur de la défense des terres malgaches. Pour cette organisation,

Les terres, les ressources naturelles, et la biodiversité constituant les principales richesses des pays pauvres comme Madagascar. Aujourd’hui plus que jamais, les dirigeants de ces pays doivent gérer ces ressources dans le sens de la sauvegarde de ces richesses et de leur meilleure répartition entre toutes les couches de la population. Il est inacceptable de favoriser les spéculateurs, firmes puissantes et autres Etats en bradant les terres aux étrangers (Collectif pour la défense des Terres Malgaches, 2009).

La balance a logiquement penché en faveur de Andry Rajoelina car, en choisissant de dénoncer l’investisseur sud-coréen, il apparut comme le défenseur du Malgache, dont l’être et les valeurs se perçoivent comme inséparables de la terre où il vit (Jeune Afrique, 2009). Ce discours sur la terre aura mis un terme au projet de DAEWOO Logistics, qui va qualifier le climat des affaires malgache comme « peu favorable » (PAD, WWF, & PNUD, 2011a) au développement de ses activités. Il aura par la suite hâté la chute de Marc Ravalomanana. Les guerres de représentations territoriales liées aux biocarburants vont encore réapparaître en 2010. Dénommée Affaire Tozzi Green ou encore Scandale Tozzi Green, cette bataille a opposé, une fois de plus, le pouvoir en place avec ses détracteurs. Elle va mettre en avant une expression déjà célèbre dans le monde, celle d’accaparement des terres (Karsenty, et al., 2012).

Tozzi Green est une filiale malgache du groupe italien Tozzi Holding et est implantée à Madagascar depuis 2010. Ses activités consistent à la culture de Jatropha sur une surface prévue de 100 000 ha dans la région Ihorombe (croquis 1). Si la surface annoncée était dix fois moins vaste que celle revendiquée par DAEWOO Logistics, et cette fois sur un bail emphytéotique de 30 ans, les discours sur le symbolisme qui s’y rapportait n’en étaient pas moins intenses. D’une part, les partisans du président déchu ont retourné cette fois-ci le discours de la violation de la terre sacrée contre la Haute Autorité de la Transition (HAT) dirigée par Andry Rajoelina. D’autre part, le rôle des médias a consisté à amplifier l’écho de l’accaparement qui « est toujours d’actualité à Madagascar » (RFI Afrique, 2012) et dans lequel des « milliers de villageois menacés à Ihorombe pourraient être virés sans ménagement »  (La Nation, 2012). Le Collectif Tany avait quant à lui publié en 2013 un rapport dédié à l’accaparement de terres à Madagascar (Collectif Tany, et al., 2013). Le dossier sur Tozzi Green, un parmi tant d’autres, contenait des témoignages de villageois expropriés mais aussi une description exhaustive des conflits feutrés et ouverts entre la firme et la population locale. Même si les informations étouffées au niveau de l’Etat sur cette affaire furent légion, ces conflits  de représentations, alimentés par la presse, la société civile et politique de l’opposition, ainsi que par les internautes, ont conduit la Vice-Primature en charge du Développement et de l’Aménagement du Territoire à interdire d’abord toute exploitation en 2013 à la firme (EDBM, 2013)[9].

Le gouvernement malgache a ensuite opéré une volte-face dès l’année suivante, c’est-à-dire à la fin de la transition politique. Cette évolution a été marquée par la reprise des activités de la firme, cette fois sur seulement 3500 ha, à travers la signature d’un partenariat avec le Programme Alimentaire Mondial et l’entreprise locale SIPROMAD (détentrice du marché des produits de première nécessité). Il y eut également la fusion entre Tozzi Green et la société de production hydroélectrique Hydelec[10], à l’issue de laquelle naissait une branche spécialisée en énergies renouvelables, Tozzi Energy. L’appellation Tozzi Green fait donc aujourd’hui référence à l’autre branche de la firme spécialisée dans la production exclusive de matières premières alimentaires et d’huiles essentielles. Cette transformation a été consacrée par la visite du Président de la République actuel, Hery Rajaonarimampianina, dans la base-vie de Tozzi Green en 2015. En félicitant les progrès de la firme, il annoncé que « Tozzi Green est un exemple de l’efficacité du partenariat public-privé, en mettant l’accent sur les avancées en matière de développement social en faveur de la communauté» (Trésor Public, 2015).

Auparavant dénoncé et interdit, la firme est paradoxalement devenu dans le discours officiel un bienfaiteur incontesté au sein de la société et de l’économie malgache. Cette mutation s’est effectuée suivant trois facteurs : d’abord, elle s’est faite avec la reconversion des activités de la firme, passant de la culture exclusive de jatropha à la diversification culturale (tournesol, soja, pois de bambara, géranium). Ensuite, malgré l’accroissement de la surface réellement occupée, passant de 100 ha à 3500 ha, la production de biodiesel par le jatropha a été reléguée au second plan et maintenue dans sa dimension expérimentale, sous couvert des activités de Hydelec. Elle a été enfin favorisée par une instrumentalisation médiatique complexe traduite par des silences, de la rétention et de la disparition d’information au niveau local. Deux articles centraux de la presse locale en ligne ont ainsi  disparu de la toile. Le premier est un communiqué de presse émanant de l’Economic Development Board of Madagascar (EDBM) publié en 2013 et relatant l’interdiction d’exploitation à la firme. Le second est un article de presse paru sur le site du journal d’opposition à la transition politique, La Nation, traitant de la menace d’expropriation des villageois. Seuls subsistent les discussions dans les forums, les commentaires et publications sur Facebook ainsi que les articles parus dans des sites non journalistiques. Ces articles devenus fantômes sont maintenant remplacés par des articles élogieux envers Tozzi Energy. Ils placent l’Etat en tant que défenseur de la firme contre les « rumeurs mensongères » véhiculées cette fois-ci par le Collectif  Tany et ont réussi à réduire au silence toute polémique (La Gazette de la Grande Ile, 2013). Néanmoins, c’est aussi sous la pression des organisations de la société civile telles que le Collectif Tany et la Solidarité des Intervenants sur le Foncier (SIF) que Tozzi Energy a pu trouver un compromis avec la population locale (Andrianirina, et al., 2015). De plus, cette discrétion a été favorisée par l’apparition d’affaires plus pressantes concernant les domaines miniers et forestiers qui ont pu occulter les polémiques sur Tozzi Green. La révélation des nombreux scandales d’exportation illégale de  bois précieux (bois de rose) perpétrés avant et pendant la transition politique, mais également de vente de terres à des investisseurs miniers chinois[11], a tenu les médias et l’opinion publique en haleine depuis la fin de la transition. En conclusion, la géopolitique des biocarburants à Madagascar reste rythmée par les représentations diverses et antagonistes sur l’espace malgache.

2.2. Face aux discours sur le symbolisme territorial : un potentiel exagéré ?

Dans une moindre mesure, la limitation du potentiel de production se traduit par les suspensions et annulations d’investissements d’ampleur foncière modérée, soit inférieure ou égale à 100 000 ha (figure 1b). Ces projets s’inscrivaient pourtant dans des régions où la surface des zones exploitables est plus importante que celle des zones à exclure (GEM dans la région Atsimo Andrefana, NEO dans le Bongolava). De même, les paradoxes sont dévoilés dans les cas de projets conflictuels, dont l’exploitation est officiellement en cours mais sur des surfaces actuellement floues car mouvant au gré des dynamiques sociales et médiatiques. C’est le cas du projet controversé de Tozzi Green dans l’Ihorombe, alors considérée comme la deuxième région ayant le plus de terres disponibles (près de 1,4 millions ha – figure 1a). Les conflits y ont pris plusieurs formes, allant des dénonciations médiatiques à la contestation ouverte de la part de la population locale (Collectif Tany, et al. 2013). La firme a pu se maintenir grâce à la mutation dans le discours médiatique opéré par la presse proche du gouvernement en place et à une reconversion d’activités dans sa dimension agricole, passant de la production exclusive de jatropha à la production alimentaire. Il en est de même pour les exploitations de Fuelstock, GGO et JSL dans le Betsiboka, la première région ayant le plus de terres disponibles (1,7 millions ha).

Parallèlement, la plus grande occupation foncière dans la production d’éthanol a été réalisée par les sociétés Obio Mamy et notamment FP Mesic, distributeur officiel de l’éthanol domestique Funhol Madagascar depuis 2014. Elles se déploient principalement dans la région Atsinanana, pourtant considérée comme la cinquième région ayant une zone à exclure plus importante (1,4 millions ha) due à la couverture forestière. La raison pour laquelle ces exploitations réussissent à survivre est double : d’une part, elles ont bénéficié de la longue tradition de culture de la canne à sucre dans cette région[12], remontant à la période coloniale et perpétuée par des entreprises d’Etat telles que la SIRAMA. Ces sociétés sont également parvenues à élaborer une méthode de transformation du rhum artisanal et illégal de canne confisqué, le toaka gasy (l’alcool malgache), en éthanol domestique, participant de fait à la lutte contre le trafic de cette liqueur. D’autre part, elles mobilisent le label malgache, car elles approvisionnent le marché local et sont détenues par des entrepreneurs locaux. Ce label leur permet de se porter comme défenseurs des intérêts des entreprises locales face aux ambitions des firmes étrangères[13].    

Ces limitations d’ordre foncier et à caractère chauvin prennent alors source dans l’instrumentalisation d’un concept malgache : Le Tanindrazana. Traduite de manière erronée par Patrie, Tanindrazana signifie littéralement Terre des ancêtres. Cette perception de l’espace malgache ancrée dans la devise nationale et dans les esprits renvoie à la notion aussi bien de la mort que celle du passé. En d’autres termes, l’appropriation de la terre ne devient effective que lors du trépas, le rôle des vivants ne se limitant qu’à la gestion du bien de leurs aïeux. Il est alors difficile voire impossible de concevoir la vente ou la location de plusieurs millions d’hectares de cette terre à des étrangers. Cette représentation territoriale est donc facilement manipulable. En analysant et en interprétant les discours contre Daewoo Logistics liés à la violation du Tanindrazana, on retient que l’investisseur étranger, en voulant s’approprier cette terre sacrée, devient une menace, un Autre. La firme ciblée par ce discours endosse une identité néocolonialiste (car agit comme l’ancienne puissance coloniale française qui a disposé arbitrairement de l’espace), exagérément riche et rapace (renforcé par le contraste avec la pauvreté de la population locale), et bénéficiant de la complicité de l’Etat malgache autoritaire et prédateur. Il est représenté comme étant l’entité qui s’enrichira sur le dos des Malgaches et, de ce fait, est déjà coupable avant même d’avoir commencé son projet. Il convient de d’ajouter que dans la société malgache ancienne comme moderne, vendre la terre héritée de ses ancêtres (« mivarotra tanindrazana ») constitue une infamie perpétrée par ceux tombés dans le dénuement total. De plus, les personnes considérées dans l’histoire comme ennemis publics ou comme traitres à la Nation sont appelées « Mpamadika tanindrazana » (traitres à la terre des ancêtres), ce qui constitue le déshonneur ultime.

Le « Tanindrazana » pourra alors être à tout moment invoqué par un acteur (Etat, entreprise, parti politique, ONG, groupe de citoyens, individu) pour s’attaquer à un autre ou pour asseoir sa popularité. Voilà pourquoi on peut affirmer que, contrairement à la vision de la PAD, Madagascar n’a pas le potentiel énorme que l’on veut bien le lui attribuer dans la production de biocarburants. Les raisons techniques avancées par la PAD (l’empiètement sur les terres agricoles, les aires de pâturage ou sur les surfaces forestières ou encore la politique salariale inadéquate) ne sont que l’expression de cette appropriation symbolique de l’espace. La territorialisation de l’espace rural malgache relève encore et toujours de dimensions géopolitiques, donc multidimensionnelles, qui dépassent la simple délimitation foncière par l’administration étatique. Elle est constamment traversée par des pouvoirs à multiples échelles et se construit selon les objectifs démagogiques des acteurs.

Dans une plus large mesure, chaque projet dépassant les 100 000 hectares de terrain, condition pour une production significative, va logiquement faire l’objet d’une controverse initiée par différents acteurs qui ont un dessein antagoniste. Cela aura comme conséquence, soit l’arrêt définitif de l’investissement (DAEWOO logistics), soit la chute de tout un pouvoir politique (Marc Ravalomanana) ou du moins la remise en cause en tâche d’huile de son fondement (HAT) ou encore d’une prudence dans le discours. L’illustration la plus récente est le tollé provoqué dans les médias de l’opposition et dans les réseaux sociaux suite à une simple rumeur selon laquelle l’Etat malgache aurait attiré des investisseurs israéliens dans le secteur. Madagascar possèderait ainsi 18 millions de terres arables disponibles pour ces investisseurs, un chiffre se rapprochant curieusement de celles données par la PAD. L’actuel président de la République avait dû le démentir publiquement et affirmer « qu’il ne refera pas l’erreur de ces prédécesseurs » (RFI Afrique, 2014). Ces questions de représentation territoriale et non pas l’instabilité politique expliquaient l’abandon des firmes les plus ambitieuses en termes de surface d’exploitation : DAEWOO Logistics, bien entendu, mais également, l’indien VARUN (465 000 ha) et l’anglo-Irlandais Bio Energy Limited (120 000 ha) dans la région Sofia. Or, en comparaison, la France a consacré au total 290 000 hectares de terres pour le biodiesel soit 2,5% de sa surface agricole utile et est parvenue à se hisser au deuxième rang de la production en Europe (France AgriMer, 2013).

Conclusion

Les discours sur l’espace destinés à l’attraction d’investisseurs ou de touristes ont constamment engendré des enjeux de pouvoirs sur l’espace malgache. Si les acteurs internationaux s’efforcent de convaincre les dirigeants et la population malgache tant sur l’énorme potentiel du pays que sur la manière de le gérer, les opposants aux régimes politiques successifs ou des entreprises concurrentes peuvent contrecarrer ces discours par l’invocation de l’inviolabilité de la terre des ancêtres. Cela a été constaté lors de la succession de dénonciations contre les initiatives, avérées ou non, des pouvoirs étatiques successifs : contre le projet de Daewoo Logistics en 2008, ensuite contre celui de Tozzi Green en 2010, puis par l’obligation de démenti du Président de la République sur les investissements éventuels israéliens en 2014. En évoquant l’accaparement des terres malgaches, dont la sacralité est une représentation, ces acteurs attirent la sympathie de l’opinion publique, ce qui permet d’atteindre leur objectif de popularité. A très grande échelle, l’exploitation des sociétés malgaches FP Mesic et Obio Mamy s’est maintenue en raison du label local. Celle des firmes dites étrangères se poursuivent  à condition d’opérer une discrétion et un changement du discours médiatique par les organes de presse favorables au gouvernement en place (presse officielle et privée), masquant l’impact de tout discours précédent s’opposant à ces investissements, ainsi qu’un déploiement sur une surface relativement modeste. On est loin de simples contraintes foncières fiscales ou commerciale qui relèvent du domaine purement administratif. Dans l’immédiat, Madagascar ne peut alors accueillir que des bribes de la dynamique mondiale de biocarburants en dépit de sa superficie considérée comme immense. Cela explique l’incapacité du secteur à sortir de la dimension expérimentale et réduit le potentiel de production. De plus, même si Madagascar produisait des biocarburants en très grande quantité, ils ne serviraient encore qu’à alimenter la dynamique des pôles mondiaux, comme l’UE. Contrairement aux évidences généralement admises, les enjeux géopolitiques des biocarburants ouvrent le débat sur les énergies renouvelables et le développement durable à Madagascar.


Références bibliographiques

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Victor, Jean Christophe (2009) Biocarburants, une alternative ? Le dessous des cartes, ARTE, 10’54, 2009 (film documentaire).


Notes de bas de page

[1] Les principales firmes italiennes : Agroils (Ghana), ENI (République Démocratique du Congo) ; pour les firmes allemandes : Flora Ecopower, Acagis AG (Ethiopie) ; les firmes britanniques : D1 Oils (Tanzanie – Swaziland), Jatropha Africa (Ghana), Sun Biofuels (Ethiopie – Tanzanie).

[2] La crise a été principalement marquée par l’opposition entre le Président de la république, Marc Ravalomanana, et le Maire de la capitale Antananarivo, Andry Rajoelina. Son déclenchement fut la fermeture par l’Etat de la chaîne de télévision appartenant à Andry Rajoelina en 2008. En réponse, ce dernier est parvenu à rallier des milliers de partisans ainsi qu’une partie de l’armée pour réclamer la mise en place d’une transition politique. Après des mois de face-à-face souvent sanglants et sous la pression du mouvement devenu armé, Marc Ravalomanana a été contraint de quitter le pouvoir et de s’exiler, permettant à Andry Rajoelina de diriger la Haute Autorité de la Transition de 2009 à 2013.

[3] Contre 2 milliards en 2011

[4] Il consiste à réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990, d’accroître de 20% l’efficacité énergétique et de porter à 20% la contribution des ENR dans les bilans énergétiques.

[5] Signifiant littéralement « pas dans mon arrière-cour »

[6] Partenaire de l’organisation annuelle des Forums sur la Révolution Verte en Afrique

[7] Elle correspond aux pays membres de la SADC hormis Madagascar

[8] Citation du Professeur Jean Eric Rakotoarisoa, aujourd’hui Président de la Haute Cour Constitutionnelle.

[9] EDBM.com du 24-09-13. L’article est maintenant introuvable.

[10] Alimentant en partie la ville d’Antananarivo

[11] A l’instar de la firme d’exploitation de minerais de fer, Wisco,  qui a obtenu 43 000 ha de terres contre 100 millions de dollars US en 2011.

[12] Obio Mamy tire cependant sa production du manioc.

[13] Ces sociétés, nées de consortium locaux sont en partenariat avec des centres de recherches malgaches et les paysans vivant dans les régions concernées.