Le projet BRI, un atout géopolitique pour la Russie dans sa relation complexe avec la Chine ?

Olga V. Alexeeva1

1Professeure d’histoire de la Chine à l’Université du Québec à Montréal (UQAM)


Résume : L’annonce du projet chinois des Nouvelles routes de la Soie en 2013 fut accueillie avec beaucoup de méfiance à Moscou, qui, au début, ne l’a pas vu comme une opportunité économique, mais plutôt comme un défi. En effet, le projet chinois semblait concurrencer directement les initiatives russes d’intégration régionale, comme l’Espace économique eurasiatique. La crise en Ukraine, suivie des sanctions occidentales à l’encontre de Moscou, a forcé le Kremlin à revoir sa position. Cette réorientation géopolitique russe est-elle un simple « coup » tactique, un partenariat de façade, ou bien une stratégie durable ? Cet article analysera les enjeux de relations sino-russes dans le cadre du BRI et évaluera les perspectives de leur développement.

Mots-clés : Russie, Chine, Nouvelles routes de la Soie, pivot vers l’Est, Arctique russe

Abstract: The Chinese ambitious project, Belt and Road Initiative (BRI), launched by Xi Jinping in 2013, was initially perceived by Moscow not as an opportunity, but as a challenge and an attempt to threaten Russian interests in Central Asia. Russia was very reluctant to embrace the Chinese idea of Eurasian integration under Beijing’s leadership that seems to compete directly with Russian initiatives of regional economic cooperation, such as the Eurasian Economic Union. The Ukrainian crises followed by Western sanctions forced Moscow to reconsider its perception of the BRI. Is this new Russia-China rapprochement the result of short-term pragmatic choices for both parties, or is it the beginning of a nascent strategic partnership? This paper will analyze this recent boost in Sino-Russian cooperation within the BRI and the perspectives of it’s furtehr development.

Keywords: Russia, China, BRI, pivot to the East, Russian Arctic.


Introduction

La Russie a une longue histoire de contacts avec la Chine qui ont été officiellement établis au début de XVIIe siècle. Quand les deux pays deviennent des voisins immédiats, dans les années 1860, la question de la délimitation de la frontière sino-russe et de l’exploitation conjointe des ressources naturelles de l’Extrême-Orient russe se retrouve au cœur des disputes diplomatiques et économiques entre les deux pays. Bien qu’aujourd’hui ses disputes semblent être résolus, le poids de l’histoire, pas toujours pacifique, continue à influencer les relations bilatérales. Les Chinois ne sont pas prêts à oublier ni les traités inégaux signés avec la Russie tsariste ni la perte des territoires de l’Extrême-Orient russe, qu’ils considèrent comme jadis ayant appartenu à l’empire chinois (Zhang et al. 2017).

Les Russes, de leur côté, ne peuvent pas ignorer l’incroyable disparité démographique entre la Chine et la Russie le long d’une frontière de plus de 3 000 km[1]. Après la chute de l’URSS, cette question a été aggravée par l’arrivée de nombreux migrants chinois en Russie. Leur installation dans l’Extrême-Orient russe et en Sibérie et leurs activités économiques suscitent beaucoup d’inquiétude non seulement au sein des autorités locales, mais aussi à Moscou. Une partie de la population et des élites politiques russes considèrent que cette migration soit une menace à la souveraineté nationale et une tentative d’expansion économique et géopolitique de Pékin (Alexeeva 2015).

Globalement, depuis la chute de l’URSS, les relations sino-russes se sont nettement améliorées, mais elles restent néanmoins compliquées et fortement influencées par la méfiance réciproques. Dans ce contexte, il n’est pas très étonnant que le lancement du projet chinois « Des Nouvelles Routes de la Soie » ou le Belt and Road Initiative (BRI)[2] a été accueillie avec beaucoup de froideur, voire d’anxiété à Moscou, qui ne l’a pas vu comme une opportunité économique, mais plutôt comme un défi, car il semblait concurrencer directement les intérêts russes en Asie centrale. Le Kremlin n’ignore pas le fait que Pékin est aujourd’hui un acteur économique incontournable de tous les pays centre-asiatiques, dont les activités économiques dans la région dépassent celles de la Russie. Toutefois, la détérioration rapide des relations avec l’Occident et l’isolement croissant de la Russie sur la scène internationale ont poussé Moscou à consacrer une énergie nouvelle à l’axe asiatique de sa politique extérieure. Le Kremlin cherche désormais à participer plus activement au BRI en soutenant officiellement le grand projet chinois, y compris en Asie centrale. Quelle serait le rôle de la Russie dans cette initiative de Pékin ?  Comment la Russie peut-elle y contribuer et surtout, qu’est-ce qu’elle peut gagner en le faisant ? Comment concilier les intérêts russes en Asie centrale avec les ambition chinoises dans cette région ? Cet article propose d’analyser les enjeux de relations sino-russes dans le cadre du BRI et d’évaluer les perspectives de leur développement.

Le tournant de 2014

La crise en Ukraine et la détérioration rapide des relations avec les États-Unis et l’Occident, a forcé le Kremlin de se rapprocher davantage de la Chine, à la fois sur le plan géopolitique et économique. Moscou a multiplié de nouvelles coopérations industrielles avec Pékin en signant quelques grands contrats dans le domaine énergétique dont un faramineux contrat gazier de 400 milliards de dollars américains qui prévoit la livraison annuelle de 38 milliards m3 de gaz russe à la Chine pendant 30 ans (Volyntchouk et al. 2016). Ce rapprochement avec la Chine que les Russes appellent « pivot vers l’Est » (povorot na Vostok) a, certes, permis au Kremlin de démontrer à ses partenaires occidentaux que la Russie est loin d’être isolée sur la scène internationale, mais au prix de concessions économiques très importantes envers la Chine.  Ainsi, pour finaliser rapidement la signature de ce « méga-contrat » gazier, Moscou a dû céder aux demandes chinoises en matière du prix de gaz.

Beaucoup d’experts et d’hommes politiques, y compris en Russie, voyaient ce pivot comme un simple « coup » tactique, un moyen de peser dans les négociations politiques et économiques avec l’Occident, plutôt qu’une stratégie cohérente de longue durée (Trenin 2015 ; Gabuev 2015 ; Facon 2015).  En effet, bien que, depuis son arrivée au pouvoir, Vladimir Poutine affirmait à plusieurs reprises son souhait à développer les relations politiques plus étroites et la coopération économique plus fructueuse avec la Chine, peu d’actions concrètes ont été entreprises pour confirmer cette intention de Kremlin.  Globalement, depuis la chute de l’URSS, Moscou cherchait une meilleure intégration de la Russie dans la communauté internationale et le développement de coopération économique avec l’Union Européenne, qui restait de loin le principal récipiendaire des hydrocarbures russes et le premier partenaire commercial de Moscou. Entre temps, les relations avec l’Asie, en particulier avec la Chine, se développaient à un rythme lent bien que soutenu, alimenté en grande partie par les besoins énergétiques croissants des différents pays asiatiques, la base de ce développement étant la vente des hydrocarbures russes.

La chute des cours du pétrole qui a durement frappé les rentrées en devises de la Russie en 2014, mais surtout la crise ukrainienne et les sanctions occidentales qui en ont découlé, ont poussé Moscou à accélérer son mouvement géopolitique et économique vers l’Asie, dans l’espoir d’améliorer les perspectives économiques de la Russie qui semblaient alors catastrophiques à cause de cette double conjoncture de la chute du prix du pétrole et de la mise en place des sanctions occidentales. L’idée que la Chine puisse remplacer avantageusement l’Occident comme partenaire économique et comme une source de technologies et de techniques de pointe est devenue ainsi un mantra du Kremlin, relayé par tous les médias russes et activement promu au sein du gouvernement.

Depuis 2014, Moscou a consacré une énergie nouvelle au vecteur asiatique de sa politique extérieure, en développant très activement ses relations économiques et politiques avec les différents pays asiatiques.  Ainsi, le Kremlin semble réaliser cette fois-ci un véritable tournant vers l’Est, qui puisse avoir des conséquences politiques aussi variées qu’imprévisibles. L’évolution de la position de Moscou envers d’infrastructures mondiales du président chinois s’inscrit dans la logique de ce tournant.

La coopération sino-russe dans le cadre du BRI

En adhérant plus activement au projet BRI, Moscou espérait que la Chine investisse dans des nombreux projets d’infrastructure sur le territoire russe. Plusieurs initiatives potentielles ont été évoquées lors des rencontres officielles bilatérales : la modernisation du Transsibérien, la construction d’une ligne ferroviaire à grande vitesse Moscou-Kazan qui serait ensuite prolongée jusqu’à Pékin, la construction du nouveau port à Arkhangelsk.  Mais pour l’instant, ces initiatives ne vont pas au-delà de la signature des accords de principes. Ainsi, la modernisation du Transsibérien devrait permettre à augmenter le trafic commercial sur cette voie ferrée qui est aujourd’hui à sa capacité de transit maximal, ce qui conduit à des nombreux goulots d’étranglement et ralentit son fonctionnement. Selon les estimations des experts russes, sa rénovation exigerait 500 milliards de roubles d’investissement (environ 8 milliards US$ au taux de 2017) que la Russie ne possède pas (Beloglazova 2017). En effet, il faut non seulement renouveler les équipements techniques existants, mais aussi accroître la vitesse de prise en charge des trains[3] et augmenter la taille des quais de gare.  Malgré les grandes déclarations officielles sur les bénéfices que la modernisation du Transsibérien puisse apporter à la Russie et à la Chine, Pékin ne souhaite pas pour autant d’investir dans ce projet à la rentabilité mal assurée en préférant de soutenir la modernisation du réseau domestique chinois.

En Asie centrale, après des longues discussions, Moscou et Pékin semble de retrouver un terrain d’entente. Depuis la chute de l’URSS, les cinq anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale – Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, Ouzbékistan et Turkménistan – se trouvent au cœur des rivalités russes et chinoises. Considérés par le Kremlin comme un maillon clé du périmètre de sécurité régional de la Russie, ces pays occupent une place importante dans la politique extérieure russe. Pour conserver son influence dans cette zone, Moscou a mis en place plusieurs mécanismes d’intégration, comme l’Union douanière ou l’Espace économique eurasiatique, censés faciliter les échanges et stabiliser les régimes locaux. Toutefois, ces mécanismes rapportent des résultats mitigés, car Moscou ne possède pas de moyens financiers suffisamment importants pour réaliser des investissements d’envergure.

Parallèlement à l’érosion de l’influence russe en Asie centrale, la présence chinoise y devient de plus en plus importante. Ainsi, en 2015, le commerce entre la Chine et les pays centre-asiatiques a atteint 32,6 milliards de dollars, alors que le volume d’échanges de la Russie avec ces États ne représentait que 20,8 milliards de dollars, un recul très net par rapport aux époques précédentes (Kazantsev et al. 2016).  La Chine investit massivement dans la réalisation de différents projets énergétiques (oléoducs et gazoducs, barrages et routes) et inonde les marchés locaux de produits chinois bon-marché. Les pays centre-asiatiques se voient donc de plus en plus intégrés dans l’orbite de l’économie chinoise, une tendance qui se concrétise avec la mise en œuvre du projet BRI.

Pour réconcilier leurs intérêts nationaux dans la région centrasiatique, Moscou et Pékin se sont penchées sur le projet de combinaison du BRI avec l’initiative russe de l’Union économique eurasiatique (UEE). L’UEE regroupe la Russie, l’Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan et le Kirghizstan et ses objectifs principaux sont d’ouvrir des marchés des pays membres, de mettre en place des politiques monétaires, commerciales et tarifaires communes, ainsi que d’assurer la libre circulation des biens, des personnes et des capitaux. Malgré ses objectifs officiels ambitieux, l’UEE est aujourd’hui davantage un projet d’intégration institutionnelle qu’une initiative économique fonctionnelle et ne peux pas concurrencer le BRI, bien qu’elle vise la même région et a, en apparence, les objectifs similaires. Le « raccordement » (sopriajenie en russe ou 对接en chinois) de ces deux initiatives d’intégration régionale qui a fait l’objet d’un accord bilatéral signé en 2015, devrait atténuer la question de la rivalité sino-russe en Asie centrale, en permettant à tous les acteurs d’y trouver leur compte.

Toutefois, Moscou et Pékin n’ont pas la même vision du processus et les objectifs finaux de ce « raccordement ». Ainsi, les Russes souhaitent que la Chine reconnaisse l’UEE comme un partenaire incontournable dans ses négociations avec les pays d’Asie centrale, alors que les Chinois considèrent l’UEE comme le prolongement de leur propre initiative qui devrait, à terme, s’intégrer complètement au BRI. Ces divergences et contradictions minent tout effort réel de raccordement entre les projets d’intégration régionale russe et chinois, en contribuant au maintien de tensions sino-russes en Asie centrale.

L’Arctique russe, la nouvelle cible du BRI

Ainsi, les perspectives de projets sino-russes dans le cadre du BRI semblait incertain, mais en 2017 la situation change à nouveau. Le contexte international tendu (l’élection de Donald Trump, la crise syrienne) et la montée des tensions internes en Russie liées à l’approche des élections présidentielles ont poussé Moscou à accélérer son rapprochement avec la Chine. En mai 2017, Vladimir Poutine s’est rendu à Pékin pour soutenir personnellement le grand projet chinois d’infrastructures mondiales, alors que Xi Jinping a visité Moscou en juillet, à la veille du sommet de G20 en Allemagne. À ces occasions, Xi Jinping et Vladimir Poutine ont souligné qu’ils ont une vision commune des relations internationales, et qu’ils présentent une position unifiée sur les questions régionales.

Moscou et Pékin changent également de cible dans les déclarations sur leur partenariat dans le cadre du BRI. Le Transsibérien et l’Asie centrale y occupent désormais une place secondaire, et c’est la coopération en Arctique qui passe au premier plan.  L’intérêt chinois pour l’Arctique russe n’est pas nouveau, ce qui change c’est l’ampleur d’opportunités économiques que la Russie a décidé d’accorder aux entreprises chinoises dans cette région considérée comme stratégique par Moscou. La Chine participe désormais dans les exploitations de gisements d’hydrocarbures arctiques non seulement comme un investisseur silencieux mais aussi comme un fournisseur d’équipements et de technologies. Ainsi, la Chine non seulement possède 29,9 % d’actions du projet Yamal LNG, la plus grande usine de production de gaz naturel liquéfié au monde qui est située en Arctique russe, mais aussi fabrique les équipements pour le forage et pour les installations gazières. Le passage du Nord-Est est désormais inclus dans le réseau maritime du BRI et la Chine promet d’investir dans l’organisation du trafic commercial sur cette voie polaire et le développement des infrastructures associées, dont le projet de chemin de fer de Belkomur qui relie Arkhangelsk avec la Sibérie occidentale et le port de Mourmansk (Sørensen et al. 2017).

Conclusion

La Russie manifeste aujourd’hui son soutien politique sans réserve au projet chinois « Une ceinture, une route ».  Un constat dans un sens surprenant, car rien ne laissait prévoir que la Russie adopterait une telle position lors du lancement du BRI en 2013. Bien au contraire, elle s’est longtemps méfiée du projet chinois, qui empiète sur sa zone d’influence traditionnelle en Asie centrale. En dépit de perspectives d’investissements importants, l’initiative chinoise a d’abord été reçue avec méfiance par Moscou, qui craignait de se transformer en un simple territoire de transit pour les produits chinois et un fournisseur de matières premières à bas prix. Ces craintes freinaient considérablement le développement des relations économiques bilatérales. Le boycott occidental de la Russie à la suite de la crise ukrainienne a forcé le Kremlin de mettre de côté ses craintes. La Russie semble d’accepter désormais son rôle du partenaire junior de la Chine dans les faits dès le moment que son statut d’une grande puissance soit reconnu dans la rhétorique officielle bilatérale.  L’adhésion au projet BRI permet à Moscou de montrer à l’Occident que la Russie n’est pas isolée sur la scène internationale et que les sanctions occidentales auraient un effet minimal sur son développement économique. Mais en contrepartie, Moscou doit accepter le fait qu’elle ne jouerait pas un rôle principal dans le tandem sino-russe en voie de constitution.


Notes de bas de page

[1] Le district fédéral de l’Extrême Orient c’est 36,4 % du territoire total de la Fédération de la Russie ou n’habite que 4,4 % de sa population.  De 1991 à 2010, la population de l’Extrême-Orient a diminué de plus de 1,8 millions de personnes pour n’atteindre que 6,2 millions d’habitants (Garousova 2014). Par contraste, la population du Nord-Est chinois voisin s’élevait en 2015 à 109,47 millions d’habitants (China Statistical Yearbook 2016).

[2] Le nom les « Nouvelles routes de la soie » est utilisé principalement par les médias francophones, alors qu’en chinois, le programme s’intitule Yidai yilu [一带一路] – « Une ceinture, une route ». En anglais, l’expression officiellement utilisée par Pékin est Belt and Road Initiative (BRI).

[3] En Europe et en Chine, les rails sont écartés de 1435 mm, alors qu’en Russie l’écartement standard est de 1520 mm.  Les options qui se présentent aux transporteurs sont soit de transférer la marchandise d’un train à l’autre, ce qui suppose une plate-forme logistique adaptée et équipée et la mise en œuvre d’une procédure de gestion du fret, soit de changer les boggies ou de modifier l’écartement des roues des wagons, une opération qui suppose également des équipements spécifiques.


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