Le détroit d’Ormuz à l’épreuve des tensions Iran-États-Unis

Rodrigue Nana Ngassam1

¹ Docteur en science politique (Université de Douala-Cameroun), chercheur associé au Groupe de recherche sur le parlementarisme et la démocratie en Afrique (GREPDA) et à la Société africaine de géopolitique et d’études stratégiques (SAGES) et chercheur junior au Canadian network for research on terrorism, security and society (TSAS).


Résumé : Alors que le Moyen-Orient traverse une période instable, la question du nucléaire iranien bloqué par les Américains a entraîné l’Iran dans un bras de fer avec les puissances occidentales. Les sanctions extraterritoriales et menaces américaines à l’encontre de la République islamique incitent le pouvoir iranien à renouer avec une culture d’hostilité impliquant la fermeture du détroit d’Ormuz. Le blocage de cet espace maritime dont les enjeux dépassent le golfe persique pourrait s’avérer catastrophique pour le marché des hydrocarbures déjà perturbé par le ralentissement de l’économie mondiale. De même que c’est une ligne rouge qui entrainerait occidentaux et iraniens à la confrontation loin du jeu de dupes qu’ils ont pu se livrer.

Mots clés : Iran, Etats-Unis, nucléaire iranien, détroit d’Ormuz, Moyen-Orient.

Summary:  While the Middle East is going through an unstable period, the issue of Iranian nuclear energy blocked by the Americans has drawn Iran into a standoff with the Western powers. US extraterritorial sanctions and threats against the Islamic Republic have prompted the Iranian government to return to a culture of hostility involving the closure of the Strait of Hormuz. The blocking of this maritime space whose stakes go beyond the Persian Gulf could prove catastrophic for the hydrocarbon market already disrupted by the slowdown in the world economy. Just as it is a red line which would lead Westerners and Iranians to confrontation away from the game of dupes that they were able to play.

Keywords: Iran, United States, Nuclear program of Iran, Strait of Hormuz, Middle East.


Introduction :

Le détroit d’Ormuz est le théâtre de tensions dont les enjeux dépassent le Golfe Persique. Cette situation résulte de la dégradation soudaine des relations entre les États-Unis et l’Iran suite au retrait unilatéral de l’administration Trump de l’accord signé le 14 juillet 2015, à Vienne (Autriche) sur le dossier nucléaire iranien. Depuis le rejet de cet accord par les États-Unis le 8 mai 2018, sous fond de sanctions internationales et extraterritoriales américaines afin de forcer Téhéran à le renégocier, le détroit d’Ormuz est sous la menace permanente d’un blocus iranien. Cette situation n’est que la continuité d’une hostilité de plus de quarante ans que se livre les États-Unis et l’Iran sous fond de chantage, d’insultes, d’accusations et de menaces. De nations amies, les relations entre les deux pays se sont dégradées depuis la révolution de 1979 et l’avènement de la république islamique même si sous l’administration Obama, quelques progrès de normalisation des relations avec la communauté internationale se sont réalisés avec l’aide de ses alliés européens. L’arrivée de Donald Trump a fait retomber les deux pays dans le statu quo, pire dans la méfiance et la provocation avec la peur d’un conflit majeur aux terribles conséquences pour le Proche et Moyen-Orient toujours dans l’impasse depuis les printemps arabes. Le détroit d’Ormuz victime collatérale de son intérêt géostratégique et sécuritaire pour le trafic maritime mondial est dès lors devenu un levier de puissance que les iraniens utilisent pour déstabiliser les puissances occidentales et leurs alliés arabes. Sans tomber dans une guerre ouverte, et en attendant de franchir cet insupportable défi de dialoguer, Téhéran et Washington continuent de s’observer en chien de faïence à l’image d’un couple prisonnier d’un mariage malheureux.

1. Le détroit d’Ormuz dans les eaux troubles du Golfe Persique et de la Mer d’Arabie

Considéré comme un passage sensible des routes maritimes faciles à fermer ou dont la sécurité de navigation peut être remise en cause (Lasserre, 2004 : 279), le détroit d’Ormuz est un verrou stratégique crisogène. Celui-ci tient son nom de l’île iranienne du même nom qui se situe au Sud-Est de la ville portuaire de Bandar Abbas. Avec Gibraltar, le Bosphore, Malacca, le canal de Suez et le détroit de Bab-el-Mandeb, c’est l’un des grands détroits de la planète. Il se situe sur une ancienne route commerciale entre l’Asie, la Méditerranée et l’Europe. Suite à l’ouverture du canal de Suez en 1869 son importance maritime fut réduite avant que l’ère du pétrole ne la rende indispensable à l’économie mondiale. C’est l’unique voie de passage maritime entre le Golfe Persique et l’océan Indien. Long de 180 kilomètres, le détroit d’Ormuz borde les eaux territoriales iraniennes et omanaises. Sa rive nord (aux nombreuses îles) est en territoire iranien, sa rive sud entre la pointe montagneuse omanaise de Musandam. On peut, distinguer trois catégories d’États riverains : l’Irak, le Koweït, le Qatar, Bahreïn dans la mesure où le détroit apparaît comme leur seul point d’accès maritime et en tant que voie majeure de transit pour leur commerce ; l’Arabie Saoudite unique dans sa catégorie puisque le détroit constitue la seule voie de sortie pour ses côtes orientales ; l’Iran, Oman, et les Émirats arabes unis dont le premier domine à l’Est et sur une partie des côtes occidentales d’Oman qui s’étendent elles-mêmes du détroit d’Ormuz à la mer Arabique (mer d’Oman) en passant par le golfe d’Oman.

Du fait de son étroitesse (34 milles nautiques au point le plus réduit soit environ 40 kilomètres), et de la faible profondeur des eaux territoriales iraniennes, les bateaux doivent circuler dans un couloir entre des îles omanaises (Quoin et Ras Dobbah), puis utiliser un chenal entre trois îles iraniennes (Michelis, 2019 : 19). Abou Moussa, qui dépend de l’émirat de Sharjah ; la Grande et la Petite Tomb, qui appartiennent à l’émirat de Ras al-Khaïmah. Le contentieux lié à la souveraineté sur ces îlots court toujours. Habités par quelques pêcheurs, ils sont surtout stratégiquement situés à l’entrée occidentale du détroit, et y divisent les chenaux de navigation. La taille croissante des navires qui le franchissent a amené, pour la sécurité du transit, au tracé de deux couloirs de navigation de deux milles (3,5 km) de large chacun, l’un montant, l’autre descendant. Ces couloirs de navigation sont séparés par un couloir tampon de deux milles. Ces rails de navigation sont considérés comme étroits pour les supertankers, pour les porte-conteneurs ainsi que pour les méthaniers géants contemporains. Ici passe plus du quart de la production mondiale de pétrole et, surtout, un huitième du brut utilisé aux États-Unis, un quart de celui utilisé au Japon (Nonjon, 2011 : 2). Et Téhéran y voit depuis le régime impérial du Shah d’Iran, Ormuz comme une ressource et à la fois un enjeu de la puissance iranienne.

2. Un espace maritime enjeu de la puissance iranienne et révélateur de menaces

Le détroit d’Ormuz représente le fer de lance de la stratégie iranienne de déploiement de sa puissance au Moyen-Orient. Depuis longtemps, l’Iran se pose en puissance régionale ayant un rôle particulier à jouer en Asie centrale et dans le Golfe. Ce rôle a pu être contrarié dans le passé par la « protection »[1] que la Grande Bretagne avait imposée au XIXe siècle à certains émirats situés sur la rive sud du Golfe (Bauchard, 2016 : 8). Cependant dès son retrait dans les années 1970, le Shah a affirmé son rôle de « Gendarme du Golfe »[2], chargé en particulier d’assurer la sécurité de cette zone sensible, notamment au niveau du détroit d’Ormuz qu’il contrôle (Ibid). Sous le régime impérial comme pour la République islamique après la révolution de 1979, Ormuz devient alors à la fois une ressource et un enjeu de la puissance iranienne. A cet effet, le régime des mollahs développent une sécurisation et une militarisation de cet espace comme outil de dissuasion et de rétorsion plus qu’un outil offensif dans la région. Conscient de l’enjeu stratégique que constitue le contrôle du détroit, l’Iran développe depuis plusieurs années, de nouvelles capacités de coercition autour d’une stratégie anti-accès reposant sur l’emploi d’aéronefs de combat, de sous-marins, de missiles antinavires ou de mines : un ensemble de capacités visant à interdire ou retarder la projection de puissance étrangère dans la région (Farghen, 2018 : 6). Par ailleurs, des contingents de la force maritime des pasdarans (Gardiens de la révolution iranienne) sont installés[3] le long du détroit pour faire peser une menace permanente sur leurs adversaires et leurs intérêts économiques.

Les eaux du Golfe leur offrent ainsi un large éventail de cibles névralgiques : pétroliers, stations de désalinisation, navires de guerre étrangers, etc. (Kharief, 2019 : 8). De nombreux incidents ont souvent été à l’origine d’un risque de perturbation du trafic maritime dans cet espace. De la guerre Iran-Iraq dans les 1980, aux multiples altercations entre l’Iran et les États-Unis, le détroit d’Ormuz est sous la menace permanente d’une fermeture. Les récentes tensions[4] survenues dans le détroit d’Ormuz suite au blocus américain sur le dossier nucléaire iranien ont entrainé Téhéran dans une escalade avec le risque d’un affrontement avec les américains. L’assassinat du général iranien et chef de la force Al-Qods (« Jérusalem » en arabe et en farsi)[5], Qassem Soleimani le 3 janvier 2020 à Bagdad n’a fait que augmenté la crise au plus niveau entre américains et iraniens. Si pour le moment l’Iran reste dans le registre des menaces rhétoriques en effectuant des opérations et des attaques limitées, le pays n’a jamais mis à exécution la fermeture par des moyens militaires du détroit. Conformément à la doctrine Carter qui, depuis 1979, définit le Golfe comme une région vitale pour les intérêts américains, une opération iranienne dans le détroit entraînera une réaction militaire immédiate des États-Unis (Eudeline, 2012 : 96) et de leurs alliés. L’Iran est conscient que le seul fait d’évoquer ce risque oblige les pays souhaitant intervenir militairement à prendre conscience des lourds impacts qui en découleraient.

3. Une zone d’importance stratégique et économique pour le commerce mondial

Le détroit d’Ormuz est un couloir maritime stratégique, à la fois pour l’Iran et le monde. S’il est si important aujourd’hui, c’est parce qu’il ouvre sur un espace très riche en hydrocarbures. C’est une artère vitale pour l’exportation des productions pétrolières et gazières de cinq des plus gros producteurs mondiaux (Arabie saoudite, Iran, Irak, Émirats arabes unis, Koweït). En effet, les pays du golfe (Arabie Saoudite, Emirats arabes unis, Irak, Iran, Koweït, Oman, Qatar) concentrent 47,7 % des réserves mondiales de pétrole et 42,5 % des réserves mondiales de gaz naturel (Michelis, 2019 : 19). Ils réalisent 34,5 % de la production du pétrole mondiale et 18 % de celle du gaz naturel (Ibid). Plus de 20 % du pétrole mondiale circule par le détroit d’Ormuz, soit plus de dix-sept millions de barils de pétrole par jour (Houcarde, 2016 : 234). Il l’est aussi parce que les alternatives terrestres pour le transport des hydrocarbures sont, pour l’heure difficiles. À l’heure actuelle, il n’existe que deux options terrestres limitées en volume d’hydrocarbures pour contourner le détroit d’Ormuz. Pour ne pas dépendre totalement du détroit d’Ormuz en cas de conflit, les Saoudiens ont construit entre 1981 et 1987 l’oléoduc Est-Ouest[6]. Les Émirats arabes unis ont quant à eux mis en service en 1983 le port de Fujaïrah et ont installé une partie de leurs cuves de pétrole brut. De même, on sait qu’une partie du trafic à Ormuz concerne des porte-conteneurs géants venant d’Asie. Il n’existe pas pour eux une autre option terrestre réelle, routière ou ferroviaire, court-circuitant le détroit. Seul le  franchissement maritime du détroit d’Ormuz, pour les hydrocarbures comme pour les conteneurs reste la seule alternative.

Bloquer le détroit d’Ormuz aura donc des conséquences désastreuses sur l’économie mondiale. Une offensive iranienne dans le détroit conduirait à une perturbation du trafic maritime dont l’importance et la durée dépendraient de la qualité de la planification opérationnelle, du niveau de surprise et de l’efficacité des moyens essentiellement navals mis en œuvre pour la contrer (Eudeline, 2012 : 90). Compte tenu des réserves stratégiques existantes et des possibilités d’augmentation de la production ailleurs dans le monde, la diminution des flux énergétiques qui en résulterait ne saurait être suffisamment longue pour créer une pénurie dommageable (Ibid). En rétorsion, l’Iran sera dans l’impossibilité de vendre ses hydrocarbures dans la mesure où 90 % de son pétrole passe par Ormuz. Un blocage l’asphyxierait davantage et diminuerait plus encore les possibilités de Téhéran de vendre son pétrole à ses clients asiatiques (tout particulièrement l’Inde, la Chine, le Japon, les Corée, l’Indonésie et la Malaisie). L’autre impact direct de la fermeture du détroit sera sur ses voisins proches : l’Irak, pour l’essentiel de son pétrole, et le Qatar, pour la totalité de son gaz. Les intérêts des puissances du Golfe et étrangères étant menacés, Téhéran s’exposerait alors à des représailles. La conséquence pouvant être un embargo général en vue de faire plier le régime iranien ou une intervention coalisée des pétromonarchies du Golfe et leurs alliés occidentaux pour mettre fin aux régimes des Mollahs. Afin d’éviter d’en arriver à une telle situation, une protection maritime est nécessaire pour faire respecter la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz.

4. Le détroit d’Ormuz, un couloir maritime stratégique à protéger

Le détroit d’Ormuz est un passage obligé dont la fermeture à la navigation, la perturbation par de nombreuses entraves, qu’il s’agisse d’une action délibérée de la part d’un Etat, ou le fait d’obstacles liés à des politiques indirectes, soit à la faiblesse même des États riverains (Lasserre, 2004 : 281) ne peut être tolérer. Le commerce des ressources stratégiques, essentiellement du pétrole, souligne le caractère crucial du détroit d’Ormuz et rappelle la nécessité de protéger ce couloir maritime. Depuis 1945, la politique américaine répond à la nécessité de garantir, via le détroit d’Ormuz, un accès continu aux ressources pétrolières du Golfe, à des prix raisonnables et en quantités suffisantes pour les besoins des États-Unis et de leurs alliés. Les nombreuses bases américaines dans la région : bases aériennes (Irak, Koweït, Qatar, Émirats, Oman) et des bases navales (Bahreïn, Abou Dhabi, Fujaïrah, Oman) auxquelles s’ajoutent des implantations dans l’océan Indien (Diego Garcia), les bases navales britanniques (Bahreïn, Mascate, Douqm), et une base interarmes française (Abou Dhabi) visent à créer un rapport de force face à l’Iran et rassurer les pétromonarchies du Golfe. Cet important dispositif militaire que l’Iran perçoit comme un facteur d’insécurité à proximité de son territoire n’est pas un gage d’apaisement des tensions dans la région. D’où, l’intérêt de se doter d’une grande et ambitieuse politique maritime de protéger ce détroit tout comme d’autres espaces maritimes devenus stratégiques de par leur ampleur, ou de par les enjeux qu’ils constituent, régionalement certes, mais aussi parce qu’ils représentent des intérêts majeurs pour des puissances éloignées (Lasserre, Ibid).

Si l’idée d’un mécanisme de sécurisation maritime dans le détroit d’Ormuz ne fait pas l’unanimité entre les États-Unis et leurs alliés européens, il est plus que nécessaire de trouver une ligne politique privilégiant le dialogue avec Téhéran. Partie au Traité de non-prolifération en tant qu’État renonçant à tout armement atomique, il ne saurait officiellement chercher à s’en doter même s’il raffine des quantités de matières fissiles indispensables. Le projet nucléaire iranien fait partie des objectifs quasi-sacrés, qui soudent une société furieuse d’être soumise à une vindicte, à ses yeux, injuste, alors que peuvent la frapper les missiles nucléaires de son voisin Israël. Les États-Unis ne sauraient résoudre le conflit avec l’Iran par des sanctions extraterritoriales et des menaces de guerres. Ils savent comment créer et sanctionner la guerre, mais ils ne savent ni élaborer la diplomatie pour résoudre une crise de manière pacifique, ni vivre en laissant vivre (Rastbeen, 2019 : 5). Washington est donc probablement condamné à accepter une négociation avec Téhéran tout comme il leur avait fallu parler avec Hanoï et Pékin. L’ouverture de négociations bilatérales ou multilatérales en vue de régler le dossier nucléaire iranien représenterait une occasion pour les dirigeants américains et iraniens de mettre fin à plus de 40 années de ruptures des relations diplomatiques. Les Occidentaux ont tout à gagner à fournir des garanties de sécurité, la levée d’embargo et la restitution des avoirs iraniens bloqués par les États-Unis en contrepartie d’un processus de paix régional au sein duquel l’Iran, puissance régionale incontournable, s’intégrerait enfin. Ce processus pourrait être un dispositif régional qui associerait l’Iran et les pétromonarchies du Golfe dans une perspective de partage d’intérêts communs comme le ralliement à des valeurs de paix et d’échange ou la volonté de promouvoir un espace de développement économique. Rien de tel pour décrisper les tensions entre l’Iran et ses voisins arabes et entre l’Iran et Israël.

Conclusion

La fermeté du ton à Washington et l’embarras des européens renforcent davantage l’idéologie politico-religieuse iranienne, à forte tonalité anti-occidentale et hantent le risque d’un embrasement dans ce Moyen-Orient en crise. L’hostilité pour le régime politique de la République islamique (Therme, 2015 : 107) ne doit pas être un obstacle pour dialoguer avec Téhéran. Au contraire, le dialogue pourrait tourner la page de l’accumulation de la rancœur, de l’appétit de revanche du peuple iranien qui n’a pas oublié toutes les humiliations subies à cause de l’Ouest. Les iraniens veulent voir leur vie quotidienne s’améliorer et sortir de l’isolement international. Et seul le dialogue échangé librement pourra permettre l’épanouissement auquel tous aspirent (Rastbeen, Ibid). En attendant un éventuel accord sur le nucléaire entre Washington et Téhéran qui permettra de mettre fin à l’immuable « loi des Mèdes et des Perses » (Limbert, 2018 : 67), « la question des relations Iran – États-Unis est devenue particulièrement complexe et une décision à ce sujet très délicate à prendre pour chacune des parties. Mais il faut être réaliste : un jour ou l’autre, ces relations devront être rétablies » (Kian et Sanchez, 2013 : 11).


Références bibliographiques

Al-Nasser, Fahad (2010). « La défense d’Ormuz », Outre-Terre, Vol 2, n° 25-26 : 389-392.

Beauchard, Denis (2016). « Arabie Saoudite-Iran. Vers un affrontement incontrôlé ? », Défense et Stratégie, n° 39 : 5-24.

Eudeline, Hugues (2012). « Le détroit d’Ormuz menacé par l’Iran », la Revue maritime, n° 493 : 90-99.

Farghen, Morgane (2018). « La crise du détroit d’Ormuz. La question nucléaire iranienne à nouveau dans l’impasse (février 2012) », Défense nationale, Tribune n° 1024 : 1-10.

Houcarde, Bernard (2016). Géopolitique de l’Iran : les défis d’une renaissance, Malakoff, Armand Colin.

Kian, Azadeh et Sanchez, Benjamin (2013). « De Khatami à Rohani, constantes et ruptures de la politique étrangère iranienne », La nouvelle revue Géopolitique, n° 123 : 23-28.

Kharief, Akram, (2019). « Défense à double détente en Iran », Le Monde diplomatique, n° 783 : 8.

Lasserre, Frédéric (2004). « Les détroits maritimes. Réflexion sur des enjeux stratégiques majeurs », Cahiers de géographie du Québec, 48 (35) : 279-286.

Limbert, John (2018). « Les États-Unis et l’Iran : de l’amitié à la rancœur », Hérodote, Vol.2, n° 169 : 67-82.

Michelis, Léa (2019). L’Iran et le détroit d’Ormuz – Stratégies et enjeux de puissance depuis les années 1970, Paris, L’Harmattan.

Nonjon, Alain (2011). « Le détroit d’Ormuz, le verrou géopolitique de toutes les peurs », Diploweb.com : 1-5.

Rastbeen, Ali (2019). « Le droit international vis-à-vis des sanctions unilatérales », in « Sanctions internationales et extra-territorialité », Géostratégiques, n° 53 : 5-14.

Therme, Clément (2015). « L’Iran et les États-Unis après l’accord sur le nucléaire : paix froide ou réconciliation », Confluences Méditerranée, Vol. 3, n° 94 : 107-117.

Notes

[1] Au XIXe siècle, les Britanniques imposent leur autorité sur cette « Côte des Pirates ». Ils établissent des protectorats de Mascate à Ormuz, de Dubaï à Bahreïn et à Koweït.

[2] À partir de 1973, Washington déploie la « politique des deux piliers » de la sécurité des approvisionnements pétroliers de l’Occident, qui repose sur l’Arabie saoudite et l’Iran puis confie au Shah d’Iran le rôle de « gendarme du Golfe ».

[3] L’Iran a renforcé ses bases et ses missiles sol-mer à Bandar Abbas, mais aussi sur les îlots Tomb et Abou Moussa, et dans le Golfe d’Oman avec la base de Jask.

[4] Au mois de mai 2019, quatre tankers furent victimes d’un sabotage au sud du détroit d’Ormuz. Puis deux autres à la mi-juin. Une semaine plus tard, l’Iran abattit un drone américain, affront que l’US Navy lavera par la suite en faisant de même avec un appareil iranien. Début juillet, c’est le pétrolier iranien Grace 1 qui est intercepté par les autorités britanniques au large de Gibraltar, soupçonné de transporter du pétrole vers la Syrie. Deux semaines plus tard, les Iraniens saisissent un pétrolier britannique (le Stena Impero), l’accusant d’avoir percuté un navire de pêche.

[5] Cette entité forte de 150 000 hommes a une capacité de projection sur des théâtres d’opérations extérieurs, comme la Syrie, au côté du régime de M. Bachar Al-Assad, le Liban en soutien au Hezbollah ou l’Irak auprès des milices chiites.

[6] En réalité trois tubes d’environ 1 200 km de long entre Damman, sur le Golfe, et les terminaux de Yanbu et d’Al Muajjiz, sur la mer Rouge : un gazoduc de gaz liquéfié et deux oléoducs parallèles. La capacité théorique de ces derniers serait de l’ordre de 5 millions de barils par jour (Mb/J), mais la capacité effective en 2018 est comprise entre 2 et 3 Mb/J, soit le cinquième de la production saoudienne.